RUGBYRAMA 🔵 Les chantiers du staff (1/3). La dĂ©fense : Shaun Edwards, la remise en question – Shango Media
Rugby-FR

RUGBYRAMA 🔵 Les chantiers du staff (1/3). La défense : Shaun Edwards, la remise en question

Sous pression après « la pire performance depuis quatre ans » servie contre l’Irlande (cinq essais encaissés), Shaun Edwards, le spécialiste de la défense tricolore, n’a pas pu échapper à certains questionnements dans la semaine pour préparer l’écosse.

Il avait été, en 2019, présenté par Bernard Laporte comme une prise de guerre. Le fait est que le palmarès de Shaun Edwards parlait pour lui mieux que de longs discours. Architecte de la « rush défense » qui avait permis au pays de Galles de régner sur l’Europe, l’ancien treiziste venu du nord de l’Angleterre avait immédiatement été catalogué comme un maillon essentiel du nouveau staff de Fabien Galthié, son système ultra-agressif étant censé alimenter les attaquants bleus en ballons de récupération. Et il faut bien convenir que les premières années furent convaincantes, quand bien même certains regrettaient que le XV de France paie régulièrement son énorme débauche d’énergie lors des fins de match…

Reste que, depuis cette annĂ©e 2022 ornĂ©e d’un grand chelem puis d’une victoire sur les Springboks Ă  l’automne, quelque chose s’est incontestablement cassĂ©. La preuve Ă©tant que depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2023, les Bleus ont encaissĂ© Ă  six reprises plus de trois essais, alors que cela ne leur Ă©tait jamais arrivĂ© durant les trois premières annĂ©es… Et mĂŞme si Shaun Edwards assurait encore ce vendredi que « la dĂ©fense du XV de France Ă©tait la meilleure de la Coupe du monde », chiffres Ă  l’appui, on ne pouvait que lui rĂ©torquer qu’après avoir affrontĂ© en poule des Ă©quipes aussi modestes que l’Uruguay, la Namibie et l’Italie (avec l’équipe « Premium » qui plus est pour les deux dernières) les risques de dĂ©routes Ă©taient bien moindres qu’en quarts. Un match qui vit les Bleus sortir leur pire performance en quatre ans, jusqu’au « record » de cinq essais concĂ©dĂ©s contre l’Irlande la semaine dernière, laquelle a forcĂ©ment prĂ©cipitĂ© une remise en cause…

Jalibert, un replacement imposé par Galthié

Le signe le plus marquant de celle-ci ? Il rĂ©sidait Ă  l’évidence dans le (re)placement de Matthieu Jalibert. DĂ©calĂ© en dĂ©fense au poste de numĂ©ro 13 par Edwards depuis la dernière Coupe du monde, l’ouvreur de l’UBB a dĂ©fendu en Écosse dans sa position « normale », quoique toujours soutenu Ă  son intĂ©rieur par Greg Alldritt sur les touches Ă©cossaises. Une Ă©volution stratĂ©gique imposĂ©e par Fabien GalthiĂ© et dĂ©cidĂ©e conjointement avec Laurent SempĂ©rĂ©, quitte Ă  obliger son alignement Ă  dĂ©fendre Ă  un joueur de moins… Tout sauf un hasard puisque au-delĂ  de s’adapter après la leçon stratĂ©gique reçue des Irlandais la semaine dernière, la volontĂ© Ă©tait patente de la part d’utiliser les centres bleus (en grande difficultĂ© Ă  Marseille) Ă  leur « vrai » poste, pour leur faciliter la tâche. Et les rĂ©sultats ont suivi puisque, si le milieu du terrain français ne fut pas exempt de tous reproches sur l’essai de White, celui-ci s’est avĂ©rĂ© plutĂ´t solide durant le reste de la partie.

Outre la grosse séquence défensive sur leur ligne sur la dernière action, les Écossais n’ont inscrit qu’un essai, en réussissant notamment à bien museler Sione Tuipulotu.
Outre la grosse séquence défensive sur leur ligne sur la dernière action, les Écossais n’ont inscrit qu’un essai, en réussissant notamment à bien museler Sione Tuipulotu.

Toujours garant d’un état d’esprit

Alors, faut-il voir dans ces choix un dĂ©saveu pour Shaun Edwards ? Sans doute un peu, d’autant que l’Anglais Ă©tait dĂ©jĂ  apparu quelque peu dĂ©connectĂ© du reste du staff pendant la dernière Coupe du monde, passant de longues heures en solitaire. « Attention, Shaun est toujours très prĂ©cieux pour nous, nous confiait un joueur en off dans les coursives de Murrayfield. De par sa manière de communiquer, de nous rappeler en permanence l’importance de monter fort, de combattre et de continuer Ă  dĂ©fendre après le plaquage, il crĂ©e un conditionnement dans nos esprits qu’on retrouve sur le terrain. » Un Ă©tat d’esprit qui s’est manifestĂ© lorsque Matthieu Jalibert reprit Rowe Ă  la 78e, par exemple, ou lorsque Moefana, Taofifenua et Tuilagi rĂ©ussirent empĂŞcher Skinner d’inscrire l’essai de la gagne. « Je ne sais pas si vous pouvez vous rendre compte, mais cela fait plus de trois ans qu’on passe des heures avec Shaun Ă  dĂ©fendre notre ligne dans ce genre de situation, Ă  accompagner le porteur derrière la ligne pour mieux bloquer le ballon, glissait en guise de conclusion le capitaine Gregory Alldritt. On parle souvent de dĂ©tails dans le haut niveau, mais des dĂ©tails comme ça font plaisir quand ils font gagner. » C’est mĂŞme leur raison d’être…

L’Ĺ“il du technicien : Joe El Abd, manager d’Oyonnax

Les Bleus doivent s’appuyer sur la sĂ©quence dĂ©fensive de fin de match

« L’ensemble du projet défensif des Bleus a été bâti autour de deux hommes et d’une charnière composée par Antoine Dupont et Romain Ntamack. Quand tu changes ta charnière, tu vas forcément traverser une période de transition, y compris sur le plan défensif. Samedi, j’ai trouvé que c’était mieux qu’à Marseille et je pense que ça va encore aller en s’améliorant, d’autant que les Bleus vont avoir du temps pour travailler avant le match contre l’Italie. La défense repose sur des connexions entre les joueurs. De Fédérale 3 au niveau international, il n’y a pas d’énormes différences entre les systèmes. Le tout, c’est de savoir comment on défend ensemble. Et j’ai trouvé que sur la fin de match, au moment où les Bleus défendaient leur ligne, ils l’ont bien fait. Les Tricolores doivent s’appuyer sur cette séquence défensive de fin de match et construire dessus. Sur le premier essai de Ben White, je n’ai pas vu de faute défensive. Les Écossais ont joué loin de leur ligne mais avec des soutiens intérieurs et extérieurs à chaque porteur. Parfois, il faut simplement dire « chapeau » à l’adversaire qui sait très bien attaquer. Et puis, je trouve qu’encaisser un seul essai sur la pelouse d’une équipe aussi réputée pour sa qualité offensive, c’est un bon résultat. Dans un sens, on peut dire que les Bleus s’en sont sortis grâce à leur défense, même si cette dernière est encore perfectible. »

Bouton retour en haut de la page
Fermer