RFI 🔵 «On va devoir fermer»: Ă  l’approche des JO, les commerçants parisiens plus inquiets qu’Ă  la fĂŞte – Shango Media
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RFI 🔵 «On va devoir fermer»: Ă  l’approche des JO, les commerçants parisiens plus inquiets qu’Ă  la fĂŞte

Le dĂ©but des Jeux olympiques de Paris commencent dans 15 jours, le 26 juillet 2024. Et partout dans Paris, on se prĂ©pare. Les ouvriers sont Ă  pied d’Ĺ“uvre pour monter les dernières installations sportives mais cela ne ravit pas tout le monde, Ă  commencer par les commerçants de l’Ă®le de la CitĂ©.

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D’un côté, la cathédrale Notre-Dame, de l’autre la Sainte-Chapelle. Les visiteurs de la capitale française le savent, l’île de la Cité, en plein cœur du Paris historique, est le cœur battant du tourisme pour la ville. Mais à l’approche des Jeux olympiques, les ruelles pavées se transforment en véritable chantier à ciel ouvert, le son des joueurs d’accordéon est peu à peu recouvert par d’incessants bruits de chantier. Ici et là, on croise pêlemêle des barrières ou de grandes installations en métal.

C’est un désenchantement

Toute cette agitation n’est clairement pas bonne pour le tourisme. « On a du mal à placer nos clients sur la terrasse, souffle Laurent, qui travaille dans un café de l’île de la Cité, on ne va pas les installer devant une barrière ! ». Depuis plusieurs jours, une pompe à eau a même été installée sur la terrasse de son établissement pour permettre d’y installer des toilettes éphémères. « Ce n’est tout simplement pas acceptable pour les touristes qui viennent découvrir Paris et la beauté de la capitale », confie-t-il.

La situation est la même sur l’île Saint-Louis, juste à côté. Preuve de cette désaffection des touristes pour Paris, les terrasses de cet îlot cossu, d’ordinaires bondées en plein mois de juillet, sont anormalement clairsemées. « C’est un désenchantement », assure Laurent. Pour les restaurateurs de la capitale, qui pensaient bénéficier de « l’effet JO », c’est la douche froide. Le jour de la cérémonie d’ouverture, le 26 juillet, ils devront même fermer leurs portes sur ordre de la préfecture.

Certains commerçants pensent devoir fermer

Il n’y a pas que les restaurateurs qui sont inquiets. Les commerçants de ces deux îles tirent aussi la sonnette d’alarme. Ils dénoncent des restrictions de circulation qui les privent de leur clientèle et un système trop compliqué pour accéder au centre de Paris.

À deux pas de la cathédrale Notre-Dame, Betty, indéboulonnable fleuriste du marché aux fleurs Elisabeth II est très inquiète pour cet été : « On va tout simplement devoir fermer, grogne-t-elle, c’est trop bouché, les gens ne peuvent pas venir ! ». Cette commerçante dénonce aussi le manque de communication avec les autorités : « Ils auraient dû nous réunir il y a six mois pour en discuter, au lieu de nous mettre devant le fait accompli ».

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Le manque de visiteurs lié aux Jeux olympiques ne s’arrête pas là. Dans toute la capitale, le secteur du tourisme tourne au ralenti. En ce mois de juillet, les hôtels peinent à remplir leurs chambres. Selon Franck Delveau, président de l’union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie, le taux de réservations devrait tourner autour des 70% pour ce mois. « Ce n’est pas bon pour un mois de juillet », confie-t-il.

Problèmes de circulation et situation politique incertaine

Comment expliquer cette dĂ©saffection ? Pour Franck Delveau, plusieurs facteurs expliquent ce manque de visiteurs : « Aujourd’hui, Paris est incirculable. La Concorde est fermĂ©e, TrocadĂ©ro aussi, tout comme les quais bas. Avec ces problèmes de circulation et de travaux un peu partout, beaucoup de monde ne veut plus venir Ă  Paris. » Selon lui, le contexte politique joue Ă©galement : « on entend parler de grève, de marche vers Matignon… Toute cette petite musique nuit Ă  la venue des touristes Ă  Paris. »

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Reste une question : est-ce que tout cela était prévisible ? Si on compare les JO de Paris avec ceux de Londres, en 2012, l’éclairage est intéressant. La capitale anglaise avait alors drainé 100 000 visiteurs par jour, contre 300 000 touristes étrangers quotidiennement en temps normal.

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