RFI 🔵 Les rugbymen français accusĂ©s de viol en Argentine attendent d’ĂŞtre prĂ©sentĂ©s Ă  la justice – Shango Media
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RFI 🔵 Les rugbymen français accusĂ©s de viol en Argentine attendent d’ĂŞtre prĂ©sentĂ©s Ă  la justice

Les rugbymen français Oscar Jegou et Hugo Auradou doivent ĂŞtre prĂ©sentĂ©s Ă  la justice argentine Ă  Mendoza (ouest), oĂą ils sont accusĂ©s d’avoir violĂ© dans leur hĂ´tel samedi dernier, après un match du XV de France, une femme qui a, selon son avocate, subi une violence « terrible ».

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Le deuxième ligne de Pau Hugo Auradou, 20 ans, et le troisième ligne de La Rochelle Oscar Jegou, 21 ans, ont Ă©tĂ© placĂ©s en garde Ă  vue après leur arrestation lundi dans le cadre de l’enquĂŞte ouverte pour violences sexuelles.

Ils sont attendus à Mendoza, à 1100 kilomètres de la capitale Buenos Aires, où ils doivent faire face à la justice.

« Il s’agirait d’un abus sexuel particulièrement atroce, avec rapport sexuel, avec la participation de deux personnes, avec violence, pour les deux », a dĂ©clarĂ© lors d’un entretien avec l’AFP mercredi Me Natacha Romano, l’avocate de la plaignante de 39 ans qui est par ailleurs fille et sĹ“ur d’avocats.

Elle a évoqué un « abus sexuel avec pénétration », la définition judiciaire du viol en Argentine.

En droit argentin, les violences sexuelles peuvent caractĂ©riser des faits, allant de l’agression sexuelle au viol aggravĂ©, qui pourraient ĂŞtre passibles de 20 ans de prison.

Le joueur du XV de France Oscar Jegou le 2 juillet 2024 Ă  San Isidro, dans la province de Buenos Aires
Le joueur du XV de France Oscar Jegou le 2 juillet 2024 à San Isidro, dans la province de Buenos Aires © Tomas CUESTA / AFP/Archives

Oscar Jegou et Hugo Auradou ont pour leur part « confirmĂ© avoir eu dans la nuit une relation sexuelle avec la jeune femme mais (…) fermement niĂ© toute forme de violence », selon un communiquĂ© de la FĂ©dĂ©ration française de rugby (FFR) publiĂ© mardi.

Ces relations sexuelles Ă©taient « consenties », a affirmĂ© mercredi Ă  Mendoza l’avocat des deux rugbymen, Me Rafael Cuneo Libarona.

« Elle prĂ©tend avoir Ă©tĂ© battue, les camĂ©ras (de surveillance de l’hĂ´tel) disent qu’elle ne l’a pas Ă©tĂ© », a-t-il expliquĂ© Ă  plusieurs mĂ©dias.

L’agression prĂ©sumĂ©e aurait eu lieu dans la nuit de samedi Ă  dimanche au Diplomatic Hotel de Mendoza, oĂą logeaient joueurs et staff français, après la victoire (28-13) du XV de France face aux Argentins.

Des sources policières ont dit, sous couvert de l’anonymat, que les joueurs avaient rencontrĂ© la victime prĂ©sumĂ©e dans un bar. Ils auraient consommĂ© de l’alcool ensemble, puis la plaignante, « prise de vertiges », aurait Ă©tĂ© emmenĂ©e Ă  leur hĂ´tel.

« Coup de poing »

Selon la version de Me Natacha Romano, sa cliente est rentrĂ©e Ă  l’hĂ´tel avec l’un des deux joueurs impliquĂ©s, « identifiĂ© en premier lieu comme Hugo (Auradou) ». Toujours d’après Me Romano, « il l’attrape immĂ©diatement, la jette sur le lit, commence Ă  la dĂ©shabiller et se met Ă  la frapper sauvagement d’un coup de poing, dont l’hĂ©matome est visible sur le visage de la victime. Il l’Ă©touffe, au point qu’elle a l’impression de se sentir partir. »

Natacha Romano, avocate de la plaignante qui accuse de viol deux joueurs du XV de France, le 10 juillet 2024 lors d'une interview avec l'AFP Ă  Mendoza, en Argentine
Natacha Romano, avocate de la plaignante qui accuse de viol deux joueurs du XV de France, le 10 juillet 2024 lors d’une interview avec l’AFP Ă  Mendoza, en Argentine © LUIS ROBAYO / AFP

Environ une heure plus tard, « entre le deuxième, qui s’appelle Oscar », a assurĂ© l’avocate, l’accusant des « mĂŞmes faits de violence et d’abus sexuel ».

« Elle tente de s’Ă©chapper au moins cinq fois. Mais Hugo se rĂ©veille et la reprend », a-t-elle encore affirmĂ©.

« Pour l’instant, l’accusation est celle d’abus sexuel, mais il existe une forte possibilitĂ© que cela puisse Ă©voluer vers une accusation cumulant d’autres chefs d’inculpation », a-t-elle estimĂ©.

Selon la procureure gĂ©nĂ©rale de Mendoza Daniela Chaler, « la dĂ©position (de la plaignante, NDLR) Ă©tait assez longue, complète, dĂ©taillĂ©e et correspondait, pour l’heure, aux conclusions mĂ©dico-lĂ©gales ».

 Â« Les lĂ©sions sont compatibles avec le rĂ©cit de la victime, mais pas nĂ©cessairement exclusivement issues d’une agression sexuelle », avait ajoutĂ© sur la radio LV10 la magistrate qui a demandĂ© le placement en dĂ©tention provisoire des deux joueurs.

« Que la justice aille vite »

Le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française de rugby Florian Grill, qui a rencontrĂ© les deux joueurs Ă  Buenos Aires mardi, souhaite « que la justice aille vite », comme il l’a expliquĂ© Ă  l’AFP.

« Nous sommes allĂ©s voir, aujourd’hui (mercredi, NDLR), Ă  Mendoza, un bras droit de la procureure et la personne en charge du dossier : l’avocat a pu exposer plusieurs points qui questionnent sur la dĂ©claration initiale et qui vont mettre en cause plusieurs dĂ©clarations », a-t-il poursuivi.

Le président de la Fédération française de rugby Florian Grill (droite), le vice-président de la FFR Jean-Marc Lhermet (gauche) et Rafael Cuneo Libarona (centre), avocat des joueurs du XV de France Hugo Auradou et Oscar Jegou, le 10 juillet 2024 à Mendoza, en Argentine
Le président de la Fédération française de rugby Florian Grill (droite), le vice-président de la FFR Jean-Marc Lhermet (gauche) et Rafael Cuneo Libarona (centre), avocat des joueurs du XV de France Hugo Auradou et Oscar Jegou, le 10 juillet 2024 à Mendoza, en Argentine © Luis ROBAYO / AFP

« Si l’enquĂŞte Ă©tablit les faits reprochĂ©s, ils constituent une atrocitĂ© sans nom. PensĂ©e pour la victime », avait Ă©crit sur X AmĂ©lie OudĂ©a-CastĂ©ra, la ministre française des Sports, après la rĂ©vĂ©lation de l’affaire qui a plongĂ© le XV de France dans la tourmente.

« Ça a été une journée très difficile, très, très dure. Un moment très difficile à vivre », a de son côté souligné le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié, mardi.

Victorieux de l’Uruguay (43-28) mercredi, le XV de France doit Ă  nouveau dĂ©fier les Pumas samedi Ă  Buenos Aires.

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