RFI 🔵 La Chine est-elle vraiment en train de bousculer l’ordre technologique mondial? – Shango Media
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RFI 🔵 La Chine est-elle vraiment en train de bousculer l’ordre technologique mondial?

Alors qu’Emmanuel Macron est Ă  PĂ©kin, mercredi 3 dĂ©cembre, la relation Chine-Europe se joue aussi sur un terrain essentiel : la technologie. IA, puces, quantique… La Chine progresse très vite, les États-Unis gardent l’avance et l’Europe peine Ă  suivre, malgrĂ© quelques champions.

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De notre correspondante à Pékin,

Les États-Unis restent numĂ©ro un en termes d’innovations radicales dans l’IA, les semi-conducteurs et la quantique (l’ensemble des technologies qui exploitent les lois de la physique quantique pour crĂ©er des ordinateurs, capteurs ou communications beaucoup plus puissants que ceux d’aujourd’hui, NDLR). Mais la Chine est dĂ©sormais clairement numĂ©ro deux et elle rĂ©duit l’écart très vite.

Elle est particulièrement forte dans l’IA appliquĂ©e : vision par ordinateur pour la surveillance, drones, vĂ©hicules autonomes, villes « intelligentes » bourrĂ©es de capteurs. Dans les semi-conducteurs, elle reprĂ©sente 65% des brevets innovants. Elle progresse très vite sur la fabrication et les composants pour l’IA, portĂ©e par une politique industrielle massive. Et elle a dĂ©jĂ  produit un symbole fort avec DeepSeek, ce modèle d’IA open source qui rivalise avec les gĂ©ants amĂ©ricains en consommant beaucoup moins de ressources.

Limitations chinoises

La Chine accuse encore un vrai retard sur les technologies les plus sensibles : la conception des puces les plus avancĂ©es et une partie des outils nĂ©cessaires pour les fabriquer. Ensuite, il y a les sanctions amĂ©ricaines qui la coupent d’équipements clĂ©s. On le voit très concrètement : Alibaba ou ByteDance doivent entraĂ®ner certains modèles d’IA Ă  Singapour ou en Malaisie pour continuer Ă  utiliser les puces Nvidia.

Enfin, une partie de la montée en puissance chinoise repose sur beaucoup de copie très rapide et de communication politique. La Chine met environ six mois à reproduire une innovation américaine ou européenne, là où l’Europe met 18 à 24 mois. C’est une force, mais cela veut aussi dire qu’il y a parfois plus d’effet d’annonce que de vraie rupture technologique.

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Enjeux gĂ©opolitiques 

Pour Washington, c’est le cĹ“ur de la rivalitĂ© stratĂ©gique : empĂŞcher que la Chine ne devienne codominante sur les technologies qui structurent l’économie, l’armĂ©e et les infrastructures de demain. D’oĂą les contrĂ´les Ă  l’export, les listes noires, la volontĂ© de garder la main sur les puces, le cloud et les modèles d’IA les plus puissants.

Pour l’Europe, le risque est diffĂ©rent : ĂŞtre le terrain de jeu plutĂ´t qu’un joueur. Elle innove moins, elle diffuse plus lentement les nouvelles technologies, mĂŞme si elle a quelques atouts majeurs, comme ASML, l’entreprise nĂ©erlandaise qui fabrique les machines indispensables pour produire les puces les plus avancĂ©es au monde.

Sans changement de cap, l’Europe risque de finir spectatrice plutĂ´t qu’actrice de la rĂ©volution technologique. Et dans ce paysage, la France n’échappe pas au dĂ©fi. Elle dispose de centres d’excellence, mais pas encore du poids industriel ou financier pour peser seule dans la course mondiale.

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