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RFI 🔵 Guinée-Bissau: la légitimité du président du PAIGC contestée par des cadres du parti

Un groupe de cadres du Parti africain pour l’indĂ©pendance de la GuinĂ©e et du Cap-Vert (PAIGC), menĂ© par Aladje Seco SanĂł, affirme que le prĂ©sident de cette formation historique n’est plus lĂ©gitime. Domingos Simões Pereira est en rĂ©sidence surveillĂ©e suite au coup d’État du 26 novembre 2025.

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L’historique Parti africain pour l’indĂ©pendance de la GuinĂ©e et du Cap-Vert (PAIGC), serait-il au bord de l’implosion en GuinĂ©e-Bissau ? Les premiers signes de fracture interne au principal parti d’opposition commencent en tout cas Ă  apparaĂ®tre.

Un groupe de cadres du PAIGC remet en cause la lĂ©gitimitĂ© de son prĂ©sident, Domingos Simões Pereira, dĂ©tenu par les militaires lors du coup d’État du 26 novembre, puis rĂ©cemment transfĂ©rĂ© de sa cellule Ă  sa rĂ©sidence, oĂą il demeure sous la surveillance d’une quinzaine d’hommes armĂ©s.

Les dissidents, menés par Aladje Seco Sanó, estiment que Domingos Simões Pereira n’est désormais plus « légitime » pour diriger le parti. Une position qui alimente les soupçons au sein du PAIGC : certains y voient la main des autorités militaires, agissant dans l’ombre de l’ancien président du pays, Umaro Sissoco Embaló.

« Laisser la place Ă  d’autres Â»

Sur une page Facebook de partisans de l’ancien chef de l’État, figure un message avec des lettres blanches sur fond rouge. On y lit : « Merci Aladje Seco SanĂł pour ton courage. Il est urgent de rĂ©former le PAIGC. Nous espĂ©rons te voir Ă  la tĂŞte du parti. Â»

Ce message fait référence à une récente conférence de presse d’Aladje Seco Sanó. Bien qu’il soit membre du PAIGC, ce dernier a multiplié ces dernières semaines les critiques à l’encontre de Domingos Simões Pereira, l’actuel président du parti. Simões Pereira qui se trouve aujourd’hui assigné à résidence, sans aucune procédure judiciaire.

Lors d’une confĂ©rence de presse le 30 janvier, Aladje Seco SanĂł, jusque-lĂ  peu connu, affirmait que la direction du PAIGC Ă©tait « dĂ©capitĂ©e Â». Et que Domingos Simões Pereira devrait « laisser sa place Ă  d’autres Â». Dans cette mĂŞme prise de parole, Aladje SanĂł a appelĂ© les vĂ©tĂ©rans du parti Ă  mettre en place une direction de transition, chargĂ©e de conduire le PAIGC jusqu’à son prochain congrès, prĂ©vu en novembre 2026.

« Des attaques commandĂ©es par le rĂ©gime au pouvoir Â» 

Les militaires ayant interdit Ă  Domingos Simões Pereira toute prise de parole publique, c’est par voie de communiquĂ© que le bureau politique du PAIGC a rĂ©agi. Il dĂ©nonce « des attaques systĂ©matiques Â» menĂ©es par Aladje Seco SanĂł et ses proches contre le parti, « des attaques commandĂ©es par le rĂ©gime au pouvoir Â», lit-on dans le communiquĂ©.

Jointe par RFI, une proche de Domingos Simões Pereira et militante du PAIGC, aujourd’hui exilĂ©e Ă  Lisbonne, s’Ă©tonne : « Aladje SanĂł n’a jamais rĂ©agi Ă  la dĂ©tention illĂ©gale de son prĂ©sident de parti. Et aujourd’hui, il se dĂ©couvre soudain une inquiĂ©tude quant Ă  la direction du PAIGC. Cette posture n’est que la continuation des mĂ©thodes dĂ©jĂ  employĂ©es par Umaro Sissoco EmbalĂł avec d’autres partis, comme le MADEM ou le PRS : provoquer des divisions internes pour mieux les contrĂ´ler. Il est aisĂ© de comprendre qui tire les ficelles derrière ces manĹ“uvres. Â»

Les militaires putschistes ont fixĂ© au 6 dĂ©cembre 2026 la date des Ă©lections devant mettre fin Ă  la pĂ©riode de transition. Le prĂ©sident dĂ©chu Umaro Sissoco, en exil depuis le coup d’État, ne s’est pas exprimĂ© publiquement depuis, et sa localisation n’est pas connue.

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