RFI 🔵 France: arrestation et mise en examen de possibles espions chinois

Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, ont Ă©tĂ© mises en examen, ce jeudi 5 fĂ©vrier, après leur arrestation dans le sud-ouest de la France. Elles sont soupçonnĂ©es d’avoir cherchĂ© Ă transmettre des informations militaires aux autoritĂ©s chinoises.
Publié le : Modifié le :
3 min Temps de lecture
Publicité
Si leur interpellation a Ă©tĂ© possible, c’est que les supposĂ©s espions n’étaient pas si discrets. Ils ont choisi une petite commune d’à peine plus de 3 000 habitants au sud de Bordeaux, pour louer une maison via Airbnb. Dans le jardin, ils ont dĂ©ployĂ© une grande parabole, d’environ deux mètres de diamètre. Mais son installation n’est pas passĂ©e inaperçue. Des voisins l’ont remarquĂ©, faisant le lien avec les coupures de rĂ©seau internet dont se plaignaient les riverains.
Le 31 janvier, la police française est prĂ©venue et l’enquĂŞte est confiĂ©e Ă la DGSI, la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure. Le lendemain, les agents dĂ©couvrent sur place un système d’ordinateurs reliĂ©s Ă des antennes paraboliques. Il permettrait de dĂ©tourner des donnĂ©es satellitaires du rĂ©seau Starlink, le fournisseur d’accès Internet par satellite de la sociĂ©tĂ© SpaceX, fondĂ©e par Elon Musk.
Des Chinois Ă la recherche de renseignements militaires
Selon le parquet, le dispositif Ă©tait destinĂ© Ă intercepter les Ă©changes entre « des entitĂ©s militaires d’importance vitale ». Les autoritĂ©s françaises soupçonnent les mis en cause de travailler pour le compte de PĂ©kin.
Les deux ressortissants chinois, d’une vingtaine d’annĂ©es, Ă©taient en France avec un visa de travail. Ils avaient dĂ©clarĂ© ĂŞtre ingĂ©nieurs pour une sociĂ©tĂ© d’Ă©quipement de communication sans fil. Les deux autres personnes interpellĂ©es, âgĂ©es de 39 et 45 ans, et dont la nationalitĂ© n’a pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©e, sont suspectĂ©es d’avoir apportĂ© une aide matĂ©rielle aux deux espions prĂ©sumĂ©s.
La France, cible des services chinois
Ce n’est pas la première affaire d’espionnage chinois Ă Ă©clater en France. En 2021, un rapport de l’INSERM, l’Institut de recherche stratĂ©gique de l’École militaire, sur les opĂ©rations chinoises dans le monde, soulignait que la France Ă©tait une prioritĂ© des services de PĂ©kin.
Depuis, les affaires se multiplient, avec en 2025, notamment un autre cas de déploiement d’une antenne illégale, près de Toulouse. L’affaire avait été révélée par le média Intelligence Online, dédié au renseignement et aux affaires diplomatiques. « Il y avait des interrogations sur le fait que les informations interceptées auraient pu mener à la destruction d’un satellite, fourni par la France à un pays tiers, précise Jérémy André, grand reporter à Intelligence Online. Ce sont vraiment des choses très concrètes. Ce n’est pas de l’observation froide. Aujourd’hui, il y a une guerre secrète et elle se déroule notamment dans l’espace. »
Mi-dĂ©cembre, un enseignant-chercheur Ă l’institut d’ingĂ©nierie et de mĂ©canique de Bordeaux a Ă©tĂ© mis en examen pour « intelligence avec une puissance Ă©trangère ». Il est accusĂ© d’avoir fait pĂ©nĂ©trer une dĂ©lĂ©gation chinoise dans des zones sensibles interdites.
Le Sud-Ouest, zone sensible
La majorité des dernières affaires d’espionnage chinois se sont déroulées dans le sud-ouest du pays, entre Bordeaux et Toulouse, le cœur de l’industrie aéronautique française et de l’industrie liée au secteur militaire.
Dans le dernier cas de la parabole déployée au sud de Bordeaux, le village choisi, Camblanes-et-Meynac, se situe à quelques kilomètres seulement de la seule station terrestre du réseau Starlink en France.
Ă€ lire aussiLa Chine crĂ©e la première abeille tĂ©lĂ©guidĂ©e, pouvant servir Ă l’espionnage et Ă la surveillance
