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RFI 🔵 Espagne: le Parlement approuve une loi d’amnistie pour les indĂ©pendantistes catalans

Ce jeudi 30 mai, le gouvernement espagnol dirigé par les socialistes a approuvé de manière définitive la très polémique loi d’amnistie qui accorde le pardon à des dizaines de responsables séparatistes catalans. Après six mois de pérégrination, et notamment le véto du Sénat, cette législation a été approuvée de justesse par 177 voix pour, et 172 contre.

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En Espagne, le Parti populaire (PP), principale formation d’opposition, et le parti d’extrĂŞme droite Vox ont livrĂ© un dernier baroud d’honneur avant le vote, et ont dĂ©noncĂ© ce qu’ils ont qualifiĂ© de « corruption politique ». Pour le leader du PP, Alberto Núñez FeijĂło, il s’agit « d’un Ă©change de pouvoir en contrepartie de l’impunitĂ© ». « Vous allez amnistier vos partenaires d’investiture simplement pour rester au pouvoir », a, pour sa part, affirmĂ© le leader de Vox, Santiago Abascal. Ses propos ont dĂ©clenchĂ© une violente rĂ©action des bancs de l’extrĂŞme gauche et des socialistes, d’oĂą ont fusĂ© des « fascistes Â»ou « pro-nazis Â».

« La question, encore ouverte, est : combien vaut l’impunitĂ©. Aujourd’hui, nous avons assistĂ© Ă  l’acte de dĂ©cès du parti socialiste ouvrier espagnol », a encore ajoutĂ© Alberto Nuñez Feijoo peu après le vote de la loi d’amnistie, raconte le correspondant de RFI Ă  Madrid, François Musseau. Cette loi est donc jugĂ©e immorale par la droite, car elle aurait Ă©tĂ© votĂ©e pour assurer le soutien indispensable des indĂ©pendantistes catalans au gouvernement de gauche de Pedro Sanchez. 

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Ă€ droite, on est tellement furieux que plusieurs rĂ©gions dirigĂ©es par les conservateurs ont annoncĂ© qu’elles alliant dĂ©poser des recours pour non-respect de la Constitution. Du cĂ´tĂ© des socialistes, on est Ă©videmment content et soulagĂ©. Mais on l’est davantage encore chez les partis sĂ©paratistes catalans, comme l’exprime le porte-parole, Gabriel Rufián : « Aujourd’hui, c’est une bonne nouvelle pour tout un pays. Pour sa dĂ©mocratie et pour sa libertĂ©. Prochaine Ă©tape : rĂ©fĂ©rendum ! »

Pedro Sánchez, lui, estime que l’amnistie a pour but de mettre fin Ă  l’instabilitĂ© nĂ©e de la tentative avortĂ©e de la Catalogne de proclamer unilatĂ©ralement son indĂ©pendance en octobre 2017. Le gouvernement rĂ©gional de Carles Puigdemont avait en effet organisĂ© un rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination, malgrĂ© son interdiction par la justice.


Cette loi d’amnistie est donc dĂ©sormais une rĂ©alitĂ©, mais elle n’a pas fini de diviser le pays. L’opposition rappelle dès qu’elle le peut que Pedro Sánchez avait lui-mĂŞme exprimĂ© son refus d’une amnistie durant la campagne pour les Ă©lections du 23 juillet, avant que l’arithmĂ©tique parlementaire ne le force Ă  changer d’avis.

Carles Puigdemont qui rĂ©side dĂ©sormais dans le sud de la France devrait ĂŞtre le premier bĂ©nĂ©ficiaire de cette loi d’amnistie. 

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