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RFI 🔵 En visite en Chine, Emmanuel Macron plaide pour un «rééquilibrage» des relations commerciales

Le président français, accompagné de plusieurs ministres et d’une délégation de près de 40 chefs d’entreprises, est arrivé ce mercredi 3 décembre à Pékin pour une visite d’un peu moins de trois jours. L’Élysée espère profiter de ce moment pour convaincre Xi Jinping de la nécessité de rééquilibrer les relations commerciales entre la Chine et l’Europe et attirer les investissements chinois en France.

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De notre envoyé spécial à Pékin,

« Nous ne pouvons pas simplement ĂŞtre des consommateurs de produits chinois Â», rĂ©sumait l’ÉlysĂ©e en amont de cette visite, la quatrième du prĂ©sident français en Chine. Le constat est sans appel : la France accuse un dĂ©ficit commercial de 47 milliards d’euros avec PĂ©kin, le double de ce qu’il Ă©tait il y a dix ans. MĂŞme l’Allemagne exportera cette annĂ©e davantage de produits chinois qu’elle n’exportera en Chine. Une première historique qui appelle Ă  la modestie.

Si la France estime que, pour le bien de l’économie mondiale, les Chinois devraient « moins produire, moins exporter et consommer plus Â», les AmĂ©ricains « consommer moins et produire plus Â» et les EuropĂ©ens « moins Ă©pargner et produire davantage Â», il n’est pas question « d’exiger Â» quoi que ce soit de PĂ©kin, mais de proposer Ă  PĂ©kin des « engagements rĂ©ciproques Â». Et de plaider pour que l’Europe ne soit plus la « variable d’ajustement Â» de PĂ©kin en fonction de ses rivalitĂ©s avec Washington.

On peut s’étonner dans ces conditions qu’Emmanuel Macron n’ait pas proposĂ© cette fois Ă  la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne de l’accompagner comme il l’avait en 2023. L’ÉlysĂ©e met en avant le fait que la France prĂ©sidera l’an prochain le G7, la Chine le sommet de la CoopĂ©ration Ă©conomique Asie-Pacifique (Apec) et l’Inde celui des Brics. Trois plateformes sur lesquelles Paris espère s’appuyer pour Ă©viter une « fragmentation de l’économie mondiale Â» et la fermeture des marchĂ©s, « y compris le marchĂ© europĂ©en Â». Le programme reflète cette prioritĂ©. Après une visite privĂ©e des jardins de Qianlong rĂ©cemment rĂ©novĂ©s au cĹ“ur du Palais d’étĂ© pour le prĂ©sident français et son Ă©pouse peu après leur atterrissage mercredi en fin de journĂ©e, la visite commencera rĂ©ellement jeudi matin.

Attirer les investissements chinois en France et en Europe

Emmanuel Macron sera reçu, jeudi 4 décembre, au Palais du peuple par son homologue chinois Xi Jinping. Un entretien bilatéral d’une trentaine de minutes est prévu entre les deux dirigeants, rejoints ensuite par plusieurs ministres. Puis les deux hommes participeront à une réunion formelle du conseil d’entreprises franco-chinois. Près de quarante chefs d’entreprises font partie de la délégation française. Parmi eux, on peut citer les patrons de Veolia, Danone, EDF, Orano, Airbus, Rodolphe Saadé, le PDG de CMA CGM, Arthur Mensch, directeur général de Mistral AI ou encore des représentants des filières agricoles.

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Si les tensions autour du cognac sont « globalement rĂ©solues Â» se fĂ©licite l’ÉlysĂ©e, la France veut Ă©viter le risque de fermeture du marchĂ© chinois pour les produits laitiers ou la viande porcine, après l’ouverture de plusieurs enquĂŞtes par les autoritĂ©s chinoises. La perte de ce marchĂ© « stratĂ©gique Â» constituerait « un risque majeur pour tout le secteur Â», estimait dans un communiquĂ© France terre de lait, le lobby des producteurs de produits laitiers.

Il est loin le temps oĂą les entreprises europĂ©ennes partaient « Ă  la conquĂŞte du marchĂ© chinois Â». DĂ©sormais, l’enjeu n’est plus seulement de signer des contrats pour les entreprises françaises, mais d’attirer les investissements chinois en France. « La Chine a beaucoup profitĂ© d’investissements europĂ©ens, y compris français, au dĂ©but du siècle, il est aujourd’hui normal que nos entreprises puissent coopĂ©rer avec les entreprises chinoises lĂ  oĂą celles-ci ont un temps d’avance Â», souligne-t-on du cĂ´tĂ© de l’ÉlysĂ©e, citant la mobilitĂ© Ă©lectrique et les Ă©nergies vertes. Ă€ condition que cela ne touche pas aux intĂ©rĂŞts nationaux et que cela s’accompagne d’un transfert de technologies.

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Défense du statu quo sur le dossier Taïwan

La diplomatie ne sera pas pour autant complètement oubliĂ©e du sĂ©jour. Emmanuel Macron et Xi Jinping devraient ainsi Ă©voquer la situation au Proche-Orient et le dossier ukrainien. La France espère toujours que PĂ©kin use de son influence et de sa proximitĂ© avec Moscou pour convaincre la Russie d’accepter un cessez-le-feu et de nĂ©gocier de bonne foi. Une position dĂ©fendue par les Occidentaux de longue date, sans grand rĂ©sultat pour le moment. « La diplomatie consiste Ă  engager les partenaires. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il faut s’arrĂŞter Â», balaye-t-on Ă  l’ÉlysĂ©e.

Enfin, sur TaĂŻwan, en plein regain de tensions après les dĂ©clarations de la nouvelle Première ministre japonaise, Emmanuel Macron ne devrait prendre aucun risque. Lors de sa dernière visite en 2023, il avait suscitĂ© un certain Ă©moi, notamment outre-Atlantique en expliquant que sur ce sujet, la France ne devait pas ĂŞtre « suiviste Â» des États-Unis. Cette fois, il devrait s’en tenir Ă  la stricte doctrine de la diplomatie française en la matière, Ă  savoir un appel Ă  la retenue et une dĂ©fense du statu quo.

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