RFI 🔵 Centre de la RCA: Ă  Bambari, les populations soulagĂ©es de pouvoir enfin faire leur carte d’identitĂ© sur place – Shango Media
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RFI 🔵 Centre de la RCA: Ă  Bambari, les populations soulagĂ©es de pouvoir enfin faire leur carte d’identitĂ© sur place

Dans le centre de la République centrafricaine (RCA), la délivrance des cartes nationales d’identité (CNI) est désormais possible à Bambari, chef-lieu de la Ouaka, une des préfectures les plus peuplées de RCA. Un soulagement pour les populations locales qui, depuis la crise politico-militaire qui a ravagé le pays en 2013, devaient se rendre dans la capitale pour obtenir leur CNI.

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Avec notre correspondant Ă  Bangui, Rolf Steve Domia-leu

En Centrafrique, la ​carte nationale d’identitĂ© (CNI) est dĂ©sormais dĂ©livrĂ©e Ă©galement Ă  Bambari dans la Ouaka, l’une des rĂ©gions les peuplĂ©es du pays. Depuis la crise militaro-politique de 2013, la dĂ©livrance de cette carte est centralisĂ©e Ă  Bangui, obligeant les habitants Ă  se rendre Ă  la capitale pour l’obtenir. Ceux qui n’ont pas les moyens pour s’y rendre sont ainsi bloquĂ©s dans leurs activitĂ©s et, rĂ©gulièrement, les sans-papiers sont assimilĂ©s aux hommes armĂ©s.

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Ainsi, la dĂ©centralisation du service de dĂ©livrance de la CNI dans cette prĂ©fecture secouĂ©e par des annĂ©es de crises est un « ouf Â» de soulagement pour les habitants.

Pour obtenir ladite carte, les usagers doivent donc remplir le formulaire rĂ©servĂ© uniquement aux citoyens centrafricains. La signature, la prise de photos et de l’empreinte digitale du demandeur, sont obligatoires. Les enregistrements se font au siège d’al-Madina, organe en charge de la confection de ce document administratif.

« C’Ă©tait difficile pour moi d’aller Ă  la capitale pour faire faire la carte »

Benjamin, un commerçant, se dit soulagĂ© : « Sans la carte d’identitĂ© nationale, c’Ă©tait difficile de m’identifier aux postes de contrĂ´les. Je payais beaucoup d’argent sur les barrières parce que je n’ai pas de papiers. Je n’ai pas les moyens nĂ©cessaires, donc c’Ă©tait difficile pour moi d’aller Ă  la capitale pour me faire faire la carte. Â»

La ville de Bambari et certaines localitĂ©s de la Ouaka Ă©taient contrĂ´lĂ©es par des hommes armĂ©es entre 2013 et 2020. Après la reprise cette rĂ©gion par les forces armĂ©es centrafricaines et leurs alliĂ©s, les opĂ©rations de contrĂ´le des pièces d’identitĂ©s y sont rĂ©gulièrement organisĂ©es.

Fatou y passait des moments difficiles, assure-t-elle : « Ă€ cause cette carte d’identitĂ©, j’Ă©tais limitĂ©e dans tous mes mouvements. C’est dangereux parce qu’on nous assimilait aux hommes armĂ©s. Lorsqu’il y a une rafle policière dans les quartiers, je me cachais dans la brousse. Actuellement, je suis contente parce que je vais enfin obtenir cette carte. Â»

Cependant, le prix de cette carte continue de susciter des mécontentements à Bambari et dans tout le pays. Alors que la loi de finances en vigueur fixe à 4 500 francs CFA [environ 6,86 euros, NDLR], les usagers déboursent 6 750 FCFA [environ 10,29 euros, NDLR] selon les tarifs de la société al-Madina.

La Centrafrique connait depuis le début du XXIe siècle une succession de conflits armés. Le paroxysme a été atteint entre décembre 2012 et mars 2013, lorsque la coalition de groupes rebelles Seleka a renversé le président François Bozizé, au pouvoir de 2003 à 2013. Le chef de la Seleka, Michel Djotodia, s’est montré incapable de restaurer l’ordre à Bangui et dans le pays, bientôt en proie aux exactions de diverses milices, dont les groupes dits anti-Balaka, rivaux de la Seleka. Le déploiement de la force française Sangaris et de la mission onusienne Minusca à partir de décembre 2013 a permis la mise en place d’une transition qui a mené aux élections de 2016 et à l’arrivée à la présidence de l’actuel chef de l’État Faustin-Archange Touadera, malgré l’insécurité persistante dans le pays.

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