RFI 🔵 Australie: les moins de 16 ans rivalisent d’ingĂ©niositĂ© pour contourner l’interdiction des rĂ©seaux sociaux

Alors qu’en France, le Conseil d’État doit se prononcer, lundi 12 janvier, au sujet du projet de loi visant Ă interdire les rĂ©seaux sociaux aux moins de 15 ans, l’Australie a, pour sa part, mis en place la mĂŞme mesure il y a tout juste un mois pour les moins de 16 ans. Une dĂ©cision plĂ©biscitĂ©e par les parents australiens, beaucoup moins par les principaux concernĂ©s, qui semblent avoir rĂ©ussi assez facilement Ă contourner l’interdiction…
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Avec notre correspondant à Sydney, Grégory Plesse
Eve a 14 ans, elle vit en Tasmanie, et si elle a dû renoncer à son compte Instagram, elle n’a en revanche eu aucun mal à continuer à utiliser ses autres réseaux sociaux préférés.
« Sur Snapchat, j’ai reçu un message m’annonçant que mon compte allait être fermé. Mais j’ai contesté cette décision en utilisant la reconnaissance faciale, qui a estimé que j’avais plus de 16 ans, donc j’ai pu conserver mon compte. Et sur Tiktok, mon compte a été fermé, alors j’en ai créé un nouveau et je n’ai pas eu à passer le moindre test », raconte la jeune fille.
Sans effort
Et pourtant, Eve n’est pas plus astucieuse que les autres, elle assure d’ailleurs que tous ses copains sont parvenus, sans beaucoup d’efforts, à contourner l’interdiction.
Cela a été en revanche plus difficile pour sa sœur Harriet. Agée d’a peine douze ans, elle n’a pas réussi à tromper la vérification d’âge sur Snapchat, alors, elle a décidé de migrer sur un autre réseau social, non visé par la loi australienne. « Il y a d’autres plateformes sur lesquels les gens ont créé des comptes. Par exemple, j’ai Yope, en gros, c’est un clone de Snapchat », explique-t-elle.
Des loupés attendus
Le gouvernement australien, conscient d’être scruté par le monde entier, s’attendait à des loupés, sauf que le contournement de la loi ne semble pas relever de seulement quelques cas isolés. Qui plus est, si 70% des parents australiens soutiennent cette mesure, moins de 30% d’entre eux se disent prêts à la faire respecter pour leurs enfants.
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