LES NUMÉRIQUES 🔵 Actualité : “Un véhicule toutes les deux minutes” : des milliers de fausses cartes grises dans la nature après un piratage

Un piratage à des centaines de milliers d’euros en cartes grises pour les garages
“Un jour, j’ai ouvert mon application bancaire et j’ai vu un prĂ©lèvement de 146 000 euros. Ce mois-lĂ , je n’avais fait que 640 euros de carte grise. J’ai compris tout de suite que j’avais Ă©tĂ© piratĂ© au niveau de mon habilitation”, tel est le tĂ©moignage de Maryline, propriĂ©taire d’un garage victime d’un piratage dans le Calvados (Saint-RĂ©my-sur-Orne).
Dans les détails, on apprend qu’une simple pièce jointe pour une voiture à vendre a permis aux hackers de prendre le contrôle de son ordinateur. Cela a ainsi laissé la porte ouverte à la création de 930 cartes grises, “qui sont parties en Guadeloupe, en Corse et sur toute la France”.
Bien qu’une plainte ait Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e, l’État ne fait pas dans la dentelle, demandant tout de mĂŞme Ă la garagiste de rĂ©gler les taxes liĂ©es aux cartes créées, soit 146 000 €. “Comme c’est notre agrĂ©ment, on est responsable, c’est Ă nous de payer”, explique-t-elle.
Un simple code Ă quatre chiffres a ouvert les portes Ă 22 garages
D’après la FĂ©dĂ©ration Nationale de l’Automobile (FNA), ce sont 22 garages qui auraient Ă©tĂ© piratĂ©s de la mĂŞme façon, portant ainsi le prĂ©judice total Ă un montant de trois millions d’euros. Bruno Choix, vice-prĂ©sident de la FNA, pointe du doigt le trou bĂ©ant du cĂ´tĂ© de la sĂ©curitĂ© du système d’immatriculation des vĂ©hicules, protĂ©gĂ© par un simple code Ă quatre chiffres.
“Quand vous voyez que la moindre transaction avec une banque, on vous demande un code avec une double authentification, et lĂ on ne vous demande rien […] il n’y a rien de plus simple Ă pirater”, explique-t-il. Sans grande surprise, le besoin crucial de sĂ©curiser le site dĂ©diĂ© Ă la crĂ©ation de cartes grises est Ă©voquĂ©.
En attendant, la FĂ©dĂ©ration Nationale de l’Automobile demande Ă l’État d’annuler les dettes des garagistes victimes de l’arnaque. Un premier pas qui permettrait de garantir la survie de ces petites structures, aujourd’hui menacĂ©es de faillite par une administration qui leur rĂ©clame des sommes astronomiques pour des fraudes qu’elles n’ont pas commises.
Si rien n’est fait à terme, cela pourrait aussi signer la fin de l’immatriculation des véhicules chez beaucoup de garages, par peur d’être piratés, estime Bruno Choix.

