LES ÉCHOS 🔵 Nouvelle poussĂ©e de fièvre sur la dette française – Shango Media
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LES ÉCHOS 🔵 Nouvelle poussée de fièvre sur la dette française

On avait pu croire Ă  une accalmie mardi matin, mais il n’en est rien. Le contrecoup de l’annonce de lĂ©gislatives anticipĂ©es continue d’agiter des marchĂ©s dĂ©jĂ  bien secouĂ©s lundi. A la Bourse de Paris, l’indice phare CAC 40 cĂ©dait 1,24 % peu avant 14 heures, après avoir ouvert en hausse.

Sur le front de la dette d’Etat, l’effet est encore plus violent. Le rendement des obligations assimilables du TrĂ©sor (ou OAT, les obligations souveraines françaises) Ă  10 ans est sous pression.Il a bondi Ă  3,32 %, son plus haut depuis la mi-novembre, sur fonds de rumeur d’une Ă©ventuelle dĂ©mission d’Emmanuel Macron en cas de dĂ©faite de son camp le 7 juillet. Le dĂ©menti n’a permis que de ramener partiellement le calme, le 10 ans français Ă©voluant Ă  3,28 %. Depuis le choc de la dissolution dimanche soir, il a pris jusqu’Ă  13 points de base (pb).

Nervosité

Surtout, cette nouvelle poussĂ©e des taux s’est produite dans un contexte oĂą le 10 ans allemand s’inscrit dans un lĂ©ger recul. ConsĂ©quence : le spread, c’est-Ă -dire la diffĂ©rence entre les taux d’emprunt de Berlin et Paris poursuit son ascension, passant de 47 pb lundi matin Ă  plus de 64 pb mardi en dĂ©but d’après-midi.

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C’est prĂ©occupant car ce spread mesure la prime de risque demandĂ©e par les investisseurs pour prĂŞter Ă  la France plutĂ´t qu’Ă  l’Allemagne, dont la dette est jugĂ©e la plus sĂ»re de la zone euro. Il s’approche de son plus haut sur 12 mois – 65 pb en octobre – quand les marchĂ©s avaient abandonnĂ© leurs espoirs d’une baisse rapide des taux directeurs europĂ©ens amĂ©ricains, entraĂ®nant une panique sur le marchĂ© obligataire. Un niveau proche Ă©galement de celui enregistrĂ© lors du dĂ©clenchement de la crise du Covid.

Risque politique

Plus grave encore, cette nervositĂ© ne devrait pas retomber de sitĂ´t. « Les investisseurs savaient que la France avait un problème avec son dĂ©ficit budgĂ©taire de plus de 5 % et qu’elle serait probablement placĂ©e en procĂ©dure de dĂ©ficit excessif par la Commission europĂ©enne le 19 juin. Toutefois, la forme que prendra le prochain parlement français et son attitude Ă  l’Ă©gard de l’assainissement budgĂ©taire pèsent aujourd’hui sur les obligations d’Etat françaises. Â», expliquent les analystes d’ING.

Selon les spĂ©cialistes des taux, 65 pb pourraient constituer une sorte de plafond technique pour le spread. Sa rĂ©cente Ă©volution montre que les investisseurs sont en train de se dĂ©lester de leurs obligations françaises au profit des titres allemands. Mais le renchĂ©rissement de la dette d’Etat outre-Rhin (quand le taux d’une obligation baisse sa valeur monte) va peut-ĂŞtre mettre un terme temporaire Ă  ce mouvement.

Agences de notation

Mais Paris est loin d’ĂŞtre sorti d’affaires. Le risque politique ne sera pas levĂ© avant le 7 juillet, et il pourrait s’aggraver en fonction des sondages. Par ailleurs, il vient Ă©corner un peu plus l’image de la France auprès des agences de notation. DĂ©jĂ  dans leur collimateur pour son manque de maĂ®trise budgĂ©taire, la France pouvait compter sur sa stabilitĂ© pour dĂ©fendre un rating encore favorable malgrĂ© la rĂ©cente dĂ©gradation par S&P Global ratings.

Elle est en train de perdre son avantage. Moody’s a Ă©mis mardi un avertissement, estimant que l’organisation d’Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es avait un effet nĂ©gatif pour la note de crĂ©dit de la France. L’agence pourrait donc abaisser sa perspective, puis sa notation, « si le ratio des intĂ©rĂŞts de paiement sur les revenus et le produit intĂ©rieur brut (PIB) est significativement plus important que celui des pays comparables Â».

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