L’ÉQUIPE 🔵 La peine initiale est confirmée en appel : le journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie, est condamné à 7 ans de prison

Alors que 10 ans de prison étaient requis, mercredi, lors du procès en appel à l’encontre du journaliste français Christophe Gleizes, condamné en première instance à sept ans de réclusion pour « apologie du terrorisme » fin juin, la peine initiale a été confirmée.
Condamné en première instance à sept ans de prison le 29 juin, Christophe Gleizes avait fait appel. Dix ans de prison avaient été requis, mercredi, lors du procès en appel à Tizi-Ouzou, en Algérie. Et la sentence est tombée le même jour : Gleizes, 36 ans, collaborateur du groupe So Press, a vu la peine initiale confirmée, sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme ».
« La cour confirme le jugement rendu en première instance », a déclaré le président de la juridiction à l’issue de ce nouveau procès, une annonce qui a suscité la consternation dans la salle, selon un journaliste de l’AFP présent sur place. Les parents du journaliste français se disent « effondrés » après la confirmation de la peine.
« L’accusé n’est pas venu en Algérie pour accomplir un travail journalistique mais (pour commettre) un acte hostile », avait déclaré un procureur, qui avait requis 10 ans de prison tout en réclamant une amende de 500 000 dinars algériens (environ 3 300 euros). Plus tôt mercredi, Gleizes avait demandé « pardon », reconnaissant avoir fait « beaucoup d’erreurs journalistiques malgré (ses) bonnes intentions », selon l’AFP. « Je réclame votre clémence », a-t-il dit avec émotion. Gleizes a notamment reconnu qu’il aurait dû demander un visa de journaliste et pas de touriste avant de partir en reportage en Algérie.
« Je n’ai jamais eu l’intention de nuire et je ne referai plus la même erreur »
Christophe Gleizes
Pour l’avocat du journaliste, Emmanuel Daoud, « l’expertise de son ordinateur n’a rien donné » et il n’y a « aucune preuve matérielle » attestant de « l’accusation d’apologie du terrorisme ». Juste avant que la Cour ne se retire pour délibérer, Christophe Gleizes a dit espérer « avoir convaincu ».« Je n’ai jamais eu l’intention de nuire et je ne referai plus la même erreur », a-t-il dit.
Des sanglots dans la voix
Gleizes s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi Ouzou, à 100 km à l’est d’Alger. Seul journaliste français détenu à l’étranger, il avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou et placé sous contrôle judiciaire dans un hôtel jusqu’à son premier procès.
Selon l’ONG Reporters sans frontières, il avait été, lors de cette arrestation, placé sous contrôle judiciaire, pour être entré dans le pays avec un visa touristique, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ».
La Cour lui a demandé mercredi s’il savait que le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) avait été classé en mai 2021 comme terroriste par les autorités algériennes quand il avait rencontré son président, Ferhat Mehenni, à Paris en octobre de la même année. « Je n’étais pas au courant et j’ai honte de le dire. Cela porte atteinte à mes compétences. J’avais complètement raté cette info », a-t-il répondu. Le journaliste a assuré s’être « profondément remis en question », assurant n’avoir « aucune rancoeur » à l’encontre de l’Algérie. Des sanglots dans la voix, il a ajouté n’avoir « qu’une seule douleur, celle d’être coupé de (sa) famille », demandant à pouvoir « la retrouver ».
