L’ÉQUIPE 🔵 La JL Bourg domine Besiktas et rejoint Paris en finale de l’Eurocoupe – Shango Media
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L’ÉQUIPE 🔵 La JL Bourg domine Besiktas et rejoint Paris en finale de l’Eurocoupe

Bourg-en-Bresse a pris le meilleur sur Besiktas, ce mercredi lors du match d’appui des demi-finales de l’Eurocoupe (89-63) au bout d’un combat d’une rare intensitĂ©. Le duel fratricide en finale avec Paris promet.

Ekinox n’attendait que ça. Pendant plus de deux heures, la lave burgienne n’a cessĂ© de monter tandis qu’au coeur du cratère de l’Ă©crin bressan, la JL Bourg y produisait un des matches les plus chauds de sa saison. Sur trois pĂ©tards signĂ©s du capitaine Maxime Courby et de la pĂ©pite Zaccharie Risacher (78-60, 35e), les 3500 âmes entassĂ©es dans le volcan ont enfin produit l’Ă©ruption tant attendue. Un vacarme pour fĂŞter la victoire qui trois minutes plus tard fut suivi d’incessants « on est en finale Â». Une liesse sans pareille. Quoi de plus normal pour un club qui s’apprĂŞte Ă  vivre la première finale europĂ©enne de son histoire ?

Les plus belles Ă©popĂ©es recèlent gĂ©nĂ©ralement de faits marquants. Le parcours en Eurocoupe de la « Jeu Â», qualifiĂ©e hier pour le dernier round aux dĂ©pens de Besiktas (Turquie) au bout d’une irrespirable soirĂ©e, a en très grande partie basculĂ© sur un coup de sang. Celui de Bodian Massa, tĂŞte contre tĂŞte avec le Dominicain Angel Delgado, et trois coups qui valurent aux deux belligĂ©rants un retour anticipĂ© au vestiaire, Ă  trois minutes… de la pause.

« Welcome to hell Â»

L’ancien joueur de l’Asvel Jonah Mathews (8 points) venait tout juste d’offrir le premier avantage du match aux siens (35-37, 17e). L’Ă©chauffourĂ©e a fait rebasculer le rapport de force en faveur des hommes de FrĂ©dĂ©ric Fauthoux, certes privĂ©s d’un atout dans la raquette, mais dĂ©lestĂ©s de l’impact de Delgado, crucial dans le jeu stambouliote.

« Ils avaient dĂ©jĂ  (Matt) Mitchell en moins (blessĂ© lors du retour en Turquie), Delgado Ă©tait un joueur majeur, abondait ensuite le capitaine Maxime Courby (6 points), marquĂ© par l’exploit monumental après neuf annĂ©es passĂ©es au club et une arrivĂ©e en 2015 en Pro B. Maksim Salash (19 points) a Ă©tirĂ© le terrain, ce qu’on a l’habitude de proposer cette saison. (Il rit) Il faudra que je fasse un bisou Ă  Bodian, je ne serais peut-ĂŞtre jamais entrĂ© en jeu (il n’avait pas jouĂ© des play-offs). Â»

Cette double exclusion constitua, de surcroĂ®t, le premier soubresaut d’un match qui sentait le soufre bien avant l’Ă©chauffement. La consĂ©quence de deux premières manches marquĂ©es par l’incursion de supporters turcs indĂ©sirables Ă  Ekinox Ă  l’aller, et d’un accueil hostile en Turquie. Ă€ la prĂ©sentation des joueurs, un fan burgien rĂ©sumait tout d’une pancarte brandie derrière le banc adverse : « Welcome to hell Â» (bienvenue en enfer).

Larmes de joie

Les flammes de la JLB soufflèrent fort dans le troisième quart-temps, grâce à Salash mais aussi un collectif toujours aussi précieux (les douze joueurs sur la feuille ont marqué). Elles finirent par calciner les visiteurs, éteints dans une ultime période remportée 24 à 4 (89-63 au final) et marquée par deux autres exclusions pour Besiktas (leur coach et le pivot Samet Yigitoglu). Dans les tribunes, marqués par tant de sensations fortes, certains aficionados laissèrent couler quelques larmes de joie.

S’il n’y eut pas de Marseillaise entonnĂ©e au coup de sifflet final, contrairement aux trois reprises de l’hymne en dĂ©but de soirĂ©e, elle serait de bon ton mardi prochain, pour le dĂ©but de la finale (9, 12 et Ă©ventuellement 15 avril) : le basket Français s’est offert, avec l’exploit d’hier, un premier duel fratricide Ă  ce niveau de compĂ©tition, le deuxième de son histoire en Coupe d’Europe. Le dĂ©fi qui se dresse face Ă  Axel Julien et consorts est de taille : le Paris Basketball – qualifiĂ© en deux manches seulement contre les London Lions – fait office de favori Ă  la faveur de l’avantage du terrain obtenu au bout d’une saison rĂ©gulière quasi parfaite (une seule dĂ©faite, contre Besiktas, cette saison en C2). Et d’une sĂ©rie en cours de seize victoires toutes compĂ©titions confondues.

Le basket français à la fête

Depuis les États-Unis, David Kahn, prĂ©sident de Paris, a suivi avec attention les dĂ©bats d’Ekinox. Tout en ayant Ă  coeur de « fĂ©liciter Bourg-en-Bresse Â» et d’affirmer son plaisir « Ă  les retrouver Â», le dirigeant amĂ©ricain rappelait surtout que la JL « (nous) a battu chez eux cette saison (83-81, le 16 dĂ©cembre), ce sera un vrai challenge Â». « Qui aurait pariĂ© sur cette finale en dĂ©but de saison ? interrogeait Courby. On va les jouer les yeux dans les yeux, on sait qu’on peut les battre. Â»

Faut-il encore rappeler que le vainqueur de la compĂ©tition dĂ©crochera – en plus d’un premier titre europĂ©en – le tant convoitĂ© sĂ©same pour l’Euroligue ? De quoi assurer, sauf refus d’engagement, la prĂ©sence d’une troisième Ă©quipe française (avec Monaco et l’Asvel) dans le tableau principal de la compĂ©tition reine la saison prochaine. Les enjeux, colossaux pour deux nĂ©ophytes affamĂ©s, s’avèrent terriblement excitants. Et annoncent une immense bataille dont le vainqueur est dĂ©jĂ  connu : le basket français.

publié le 3 avril 2024 à 21h51 mis à jour le 4 avril 2024 à 00h10

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