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LE MONDE 🔵 Quatre personnes, dont deux ressortissants chinois, mises en examen à Paris, suspectées d’espionnage pour la Chine

Des donnĂ©es militaires sensibles sont au cĹ“ur du dossier : deux ressortissants chinois ainsi que deux autres personnes ont Ă©tĂ© mis en examen jeudi 5 fĂ©vrier Ă  Paris pour espionnage prĂ©sumĂ© au profit de PĂ©kin.

Ces quatre suspects, interpellĂ©s la semaine dernière en Gironde, ont Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ©s, notamment pour « livraison d’informations Ă  une puissance Ă©trangère Â» de nature « Ă  porter atteinte aux intĂ©rĂŞts fondamentaux de la nation Â», dĂ©crit le parquet de Paris, sollicitĂ© par l’Agence France-Presse (AFP). Ces infractions prĂ©sumĂ©es font encourir jusqu’à quinze ans de rĂ©clusion.

A l’issue de leur mise en examen, les deux ressortissants chinois ont été placés en détention provisoire, selon une source proche du dossier, les deux autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire.

Parabole d’environ 2 mètres de diamètre

« Mon client a sĂ©journĂ© en France pour des raisons strictement professionnelles. Il conteste totalement les accusations formulĂ©es contre lui et n’a aucun lien avec un quelconque service d’espionnage Â», a commentĂ©, auprès de l’AFP, Me Baptiste Bellet, avocat de l’un des ressortissants chinois. « L’information judiciaire confirmera la rĂ©alitĂ© de sa situation et Ă©tablira son innocence Â», poursuit ce conseil. Les dĂ©fenseurs des autres mis en cause n’ont pu ĂŞtre joints dans l’immĂ©diat par l’AFP.

Le parquet de Paris avait prĂ©cisĂ© mercredi que la venue des deux ressortissants chinois en France Ă©tait destinĂ©e Ă  « effectuer une mission de captation de donnĂ©es satellitaires du rĂ©seau Starlink et des donnĂ©es provenant d’entitĂ©s d’importance vitale, notamment militaires, afin de les retransmettre Ă  leur pays d’origine, la Chine Â». L’enquĂŞte, dirigĂ©e par la section de lutte contre la cybercriminalitĂ© du parquet de Paris, a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  la DGSI (direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure).

Le 30 janvier, la police a Ă©tĂ© avisĂ©e que deux personnes de nationalitĂ© chinoise Ă©taient suspectĂ©es de procĂ©der Ă  des opĂ©rations de captation satellitaire depuis leur Airbnb louĂ© en Gironde. A l’origine de l’affaire : des riverains avaient constatĂ© le dĂ©ploiement d’une parabole d’environ 2 mètres de diamètre, corrĂ©lĂ©e Ă  une dĂ©connexion Internet.

Importation illégale du matériel

Lors d’une perquisition menĂ©e le lendemain, les enquĂŞteurs ont dĂ©couvert « un système d’ordinateurs reliĂ©s Ă  des antennes paraboliques permettant la captation de donnĂ©es satellitaires Â». Le matĂ©riel a Ă©tĂ© saisi pour exploitation. L’Agence nationale des frĂ©quences radio, requise, avait constatĂ© « l’utilisation illĂ©gale de frĂ©quences, l’utilisation non conforme d’équipements radio, le brouillage de frĂ©quences, la dĂ©tention illĂ©gale de dispositifs techniques de captation de donnĂ©es informatiques Â». Le dispositif permettait « d’intercepter illĂ©galement le flux descendant des satellites, notamment des Ă©changes entre entitĂ©s militaires d’importance vitale Â», avait soulignĂ© le parquet.

Ces deux Chinois avaient, pour leur demande de visa, déclaré travailler comme ingénieurs pour une entreprise spécialisée dans la recherche et le développement d’équipements et de systèmes de communication sans fil, selon le ministère public. Cette entreprise coopère avec des universités établissant des projets à vocation militaire, selon la même source. Deux autres personnes ont été interpellées lorsqu’elles se sont présentées dans le logement, suspectées d’avoir procédé à l’importation illégale du matériel, a précisé le parquet.

Mi-dĂ©cembre, un enseignant-chercheur Ă  l’Institut d’ingĂ©nierie et de mĂ©canique de Bordeaux avait Ă©tĂ© mis en examen, soupçonnĂ© d’ingĂ©rence au profit de la Chine pour avoir fait pĂ©nĂ©trer une dĂ©lĂ©gation chinoise dans des zones sensibles interdites. Ce professeur, laissĂ© libre sous contrĂ´le judiciaire, est poursuivi notamment pour « livraison d’information Ă  une puissance Ă©trangère Â», « intelligence avec une puissance Ă©trangère Â» et « complicitĂ© d’intrusion dans un local ou terrain clos intĂ©ressant la dĂ©fense nationale Â».

Le Monde avec AFP

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