LE MONDE 🔵 PrĂ©sidentielle amĂ©ricaine 2024 : « Le vrai scandale est que Donald Trump puisse se reprĂ©senter grâce Ă  une Cour suprĂŞme complaisante » – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Présidentielle américaine 2024 : « Le vrai scandale est que Donald Trump puisse se représenter grâce à une Cour suprême complaisante »

Le problème de l’élection amĂ©ricaine de novembre n’est pas l’âge du capitaine. Certes, l’entourage du dĂ©mocrate Joe Biden aurait dĂ» savoir et agir en consĂ©quence : Ă  81 ans, le prĂ©sident sortant n’a pas l’âge idĂ©al pour un second mandat. Mais le vrai scandale est que Donald Trump puisse se reprĂ©senter grâce Ă  une Cour suprĂŞme complaisante.

L’impĂ©trant rĂ©publicain, 78 ans, a tentĂ© un coup de force juridico-politique le 6 janvier 2021. Il est l’auteur d’une sorte de putsch. De l’élection de novembre 2020, oĂą Biden le bat sans appel, au 6 janvier 2021 compris, Trump chauffe ses partisans. Il refuse d’accepter le rĂ©sultat des urnes, confirmĂ© de toutes parts. Il organise son « coup d’Etat Â» Ă  coups de mensonges : on lui aurait « volĂ© Â» la victoire ; il faut empĂŞcher la certification du rĂ©sultat par le Congrès, prĂ©vue pour le 6 janvier ; ce jour-lĂ , on « marchera sur le Capitole Â»â€¦ On sait la suite de l’histoire.

Depuis, le système a eu trois ans pour enquĂŞter puis juger. Les fameuses « institutions Â» censĂ©es protĂ©ger la dĂ©mocratie amĂ©ricaine Ă©taient face Ă  une urgence : entre deux Ă©lections, elles devaient se prononcer sur la responsabilitĂ© de Trump dans les Ă©vĂ©nements du 6 janvier 2021. Mais aussi sur la dĂ©tention illĂ©gale par le rĂ©publicain aux cheveux d’or de documents secrets Ă  l’issue de son mandat prĂ©sidentiel (2016-2020). Mais encore sur sa tentative de truquer les chiffres du scrutin de novembre 2020 dans l’Etat de GĂ©orgie.

Sur ces trois affaires, qui sont au cĹ“ur du fonctionnement de l’Etat de droit, Trump a fait l’objet d’inculpations criminelles. Mais il n’y aura vraisemblablement pas de procès avant le scrutin du 5 novembre. Les Ă©lecteurs ne sauront pas ce qu’il en est de la culpabilitĂ© de l’ex-vedette de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ©. Le « système Â» a failli. Le bonimenteur Ă  la casquette rouge peut se reprĂ©senter. Il s’autopardonnera s’il revient Ă  la Maison Blanche. Que s’est-il passĂ© ?

DĂ©cision fracassante

A dessein ou de bonne foi, la Cour suprême a facilité la candidature de Trump. Les neuf vestales de la Constitution – six conservateurs, trois centristes – ont accepté de statuer sur une requête des avocats du golfeur de Floride.

Ceux-lĂ  disent que Trump Ă©tait encore prĂ©sident le 6 janvier 2021 et, Ă  ce titre, bĂ©nĂ©ficiait de l’immunitĂ© attachĂ©e Ă  la fonction. AppelĂ©e Ă  se prononcer, une cour d’appel a rendu son verdict en fĂ©vrier 2024 : pas d’immunitĂ© judiciaire particulière pour l’occupant de la Maison Blanche. Personne n’est au-dessus des lois.

Saisie Ă  son tour, la Cour suprĂŞme a choisi d’accepter d’examiner la demande de Trump. Ce faisant, elle retardait de facto toute possibilitĂ© de procès. Elle lĂ©gitimait la candidature de l’ex-prĂ©sident avant mĂŞme qu’il puisse ĂŞtre jugĂ© pour le 6 janvier 2021. Mais la Cour – quatre femmes, cinq hommes – est allĂ©e beaucoup plus loin. Dans sa dĂ©cision du lundi 1er juillet, elle donne raison Ă  Trump. Elle interprète la Constitution en attribuant au prĂ©sident une « large immunitĂ© judiciaire Â» afin qu’il puisse assurer son mandat avec « Ă©nergie Â». Après avoir quittĂ© la Maison Blanche, il ne doit pas craindre d’être traĂ®nĂ© devant les tribunaux.

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