LE MONDE 🔵 OTAN : les Etats-Unis, toujours indispensables Ă  la dĂ©fense de l’Europe – Shango Media
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LE MONDE 🔵 OTAN : les Etats-Unis, toujours indispensables à la défense de l’Europe

La ministre allemande des affaires étrangères, Annalena Baerbock, le ministre des affaires étrangères, Stéphane Séjourné, et le ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, au château de La Celle Saint-Cloud (Yvelines), le 12 février 2024.

Le scĂ©nario noir n’est jamais le plus probable, mais avec le spectre d’un retour de Donald Trump Ă  la Maison Blanche, les EuropĂ©ens commencent sĂ©rieusement Ă  s’inquiĂ©ter pour l’avenir de la dĂ©fense collective du Vieux Continent. En laissant penser, lors d’un discours de campagne samedi 10 fĂ©vrier, que les Etats-Unis pourraient ne pas venir en aide aux membres de l’Organisation du traitĂ© de l’Atlantique Nord (OTAN) qui ne dĂ©pensent pas suffisamment pour leur dĂ©fense en cas d’attaque russe, l’ancien prĂ©sident amĂ©ricain « s’en prend au cĹ“ur et Ă  l’âme de l’Alliance, sa clause de solidaritĂ© Â», glisse, encore sidĂ©rĂ©, un ambassadeur europĂ©en auprès de l’institution.

Alors que l’organisation militaire fĂŞtera ses 75 ans d’existence en juillet Ă  Washington, l’Europe pourrait-elle assurer sa propre dĂ©fense en cas de retrait des Etats-Unis ? « Ce serait la fin de l’OTAN tout simplement Â», juge un diplomate. Seuls, les pays europĂ©ens ne disposeraient ni des moyens, ni de la logistique, ni des Ă©quipements pour maintenir une « posture de dissuasion et de dĂ©fense crĂ©dible Â» face Ă  la Russie.

Les Européens démunis

« Aujourd’hui, la contribution essentielle des Etats-Unis Ă  la sĂ©curitĂ© de l’Europe ne se calcule plus en nombres de soldats prĂ©sents sur le continent et d’équipements lourds, comme c’était le cas pendant la guerre froide, rappelle Camille Grand, du Conseil europĂ©en pour les relations internationales (ECFR). Il s’agit dĂ©sormais d’une aide en matière de renseignement, de reconnaissance et de surveillance, de transport aĂ©rien stratĂ©gique, de ravitaillement en vol, de frappe en profondeur, de dĂ©fense antiaĂ©rienne, ainsi que d’observation et de communication dans l’espace. Â» Or, malgrĂ© le lancement de programmes pour rĂ©pondre Ă  ces besoins, les EuropĂ©ens restent, pour l’instant, encore dĂ©munis.

« D’un point de vue opĂ©rationnel, ces lacunes [europĂ©ennes] ont renforcĂ© la dĂ©pendance de l’Europe Ă  l’égard de Washington, mĂŞme pour des tâches et des opĂ©rations militaires de base que les EuropĂ©ens devraient aspirer Ă  mener de manière indĂ©pendante Â», relèvent les chercheurs Max Bergmann et Otto Svendsen, dans un rĂ©cent rapport du Centre d’études stratĂ©giques et internationales (CSIS) sur la transformation de la dĂ©fense europĂ©enne.

Les Etats-Unis offrent Ă©galement deux autres atouts aux EuropĂ©ens. Tout d’abord, le parapluie nuclĂ©aire. MĂŞme si le dĂ©bat sur un Ă©largissement de la dissuasion nuclĂ©aire française Ă  l’ensemble du continent a rĂ©cemment Ă©tĂ© relancĂ©, « la France n’aurait pas la capacitĂ© de remplacer les Etats-Unis, d’équiper des avions alliĂ©s des bombes françaises, reprend M. Grand. Sans compter que la profondeur de l’arsenal des Etats-Unis est sans commune mesure avec celle de la France. Â»

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