LE MONDE 🔵 Microsoft lâche son siège au conseil d’OpenAI, sous la pression des autoritĂ©s de la concurrence – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Microsoft lâche son siège au conseil d’OpenAI, sous la pression des autorités de la concurrence

Le siège de Microsoft, à Redmond (Washington), le 3 juillet 2024.

Microsoft n’a plus de siège au conseil d’administration d’OpenAI. C’est le gĂ©ant du logiciel qui a renoncĂ© de son propre chef Ă  cette prĂ©rogative, dans un courrier adressĂ© Ă  la start-up d’intelligence artificielle (IA) et rĂ©vĂ©lĂ© par le Financial Times, mercredi 10 juillet. Mais pourquoi se priver ainsi d’une connexion avec un partenaire de premier plan, qui joue un rĂ´le majeur dans l’IA depuis le lancement Ă  succès de son robot conversationnel ChatGPT, fin 2022 ? L’initiative de Microsoft intervient Ă  un moment oĂą s’intensifie l’attention des autoritĂ©s de la concurrence du monde entier sur le secteur : celles-ci s’inquiètent du pouvoir des gĂ©ants du numĂ©rique sur les start-up d’IA en gĂ©nĂ©ral, et de Microsoft sur OpenAI en particulier.

Microsoft avait obtenu, en novembre 2023, d’être prĂ©sent, avec un rĂ´le d’observateur, au conseil d’administration de la structure Ă  but non lucratif qui contrĂ´le OpenAI. Peu avant, les membres de ce dernier avaient limogĂ© le fondateur et PDG Sam Altman, Ă  la surprise de tous les observateurs, y compris de Microsoft.

Pourtant, la firme dirigĂ©e par Satya Nadella est partenaire d’OpenAI depuis 2019. Elle y a investi plus de 13 milliards de dollars (12 milliards d’euros), en Ă©change de 49 % du capital de la sociĂ©tĂ© Ă  but lucratif donnant droit Ă  une part des futurs bĂ©nĂ©fices, mais pas Ă  participer Ă  la direction de l’entreprise. Sam Altman a finalement Ă©tĂ© rĂ©intĂ©grĂ© Ă  la tĂŞte d’OpenAI avec le soutien de Microsoft. Mais c’est pour amĂ©liorer cette gouvernance jugĂ©e dĂ©faillante que la direction de la start-up a dĂ©cidĂ© d’accorder un siège Ă  son partenaire.

« Progrès importants Â»

« Ces huit derniers mois, nous avons assistĂ© aux progrès importants du nouveau conseil d’administration, et nous avons confiance en la trajectoire de l’entreprise Â», a dĂ©clarĂ© Microsoft dans sa lettre, pour justifier son retrait. Les membres qui avaient Ă©cartĂ© Sam Altman en raison d’une rupture de confiance et parce qu’ils jugeaient sa stratĂ©gie trop commerciale au dĂ©triment de la sĂ©curitĂ© de l’IA ne sont plus aux commandes. Ils ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par des profils plus classiques des conseils d’administration de grands groupes : Bret Taylor, l’ex-PDG des groupes de tech Salesforce et Sierra, Larry Summers, l’ancien secrĂ©taire d’Etat au TrĂ©sor des Etats-Unis, ou Fidji Simo, directrice gĂ©nĂ©rale du service d’épicerie en ligne Instacart. « Nous ne pensons pas que notre rĂ´le limitĂ© d’observateur soit encore nĂ©cessaire Â», a expliquĂ© la sociĂ©tĂ© fondĂ©e par Bill Gates.

Toutefois, un autre Ă©lĂ©ment Ă©claire l’annonce de Microsoft : l’autoritĂ© britannique de la concurrence, la Competition and Markets Authority (CMA), Ă©value depuis dĂ©cembre 2023, Ă  la suite de la crise Ă  OpenAI, si le partenariat entre la sociĂ©tĂ© de Redmond (Washington) et la start-up de San Francisco s’apparente Ă  une fusion, un rachat dĂ©guisĂ©, ce qui pourrait ĂŞtre interdit si cela conduisait Ă  une trop grande concentration du secteur. L’autoritĂ© amĂ©ricaine de la concurrence, la Federal Trade Commission (FTC), a elle aussi annoncĂ© une enquĂŞte sur l’investissement de Microsoft dans OpenAI, ainsi que sur les 6 milliards de dollars injectĂ©s par Google et Amazon dans la start-up d’IA Anthropic.

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