LE MONDE 🔵 Marine Calmet, avocate des droits de la nature : « Il faut changer de schĂ©ma de pensĂ©e pour faire face Ă  la destruction du vivant » – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Marine Calmet, avocate des droits de la nature : « Il faut changer de schéma de pensée pour faire face à la destruction du vivant »

Marine Calmet, juriste spécialisée dans les droits de la nature et présidente de l’association Wild Legal, à Marseille, le 16 décembre 2023.

« La Seine n’est pas une piscine olympique, ce fleuve a des droits ! Â» En avril 2024, alors que le psychodrame autour de la baignade dans le fleuve parisien Ă  l’approche des Jeux olympiques battait dĂ©jĂ  son plein, c’est peu dire que les propos de Marine Calmet dĂ©tonnaient. Dans une tribune au Monde, l’avocate clame que le fleuve est avant tout « une entitĂ© vivante, une communautĂ© d’interdĂ©pendance fertile, Ă  laquelle notre existence et notre bien-ĂŞtre sont liĂ©s Â».

La juriste de 34 ans maĂ®trise Ă  merveille l’art d’utiliser les coups de projecteurs mĂ©diatiques pour faire avancer son combat Ă©cologique. Son arme ? Le droit. Celui qui existe, mais surtout celui qui reste Ă  inventer pour donner une personnalitĂ© juridique aux non-humains. Pour parler de cette rĂ©volution lĂ©gale, dont elle est l’une des plus ferventes porte-parole en France, notamment Ă  travers l’organisation non gouvernementale (ONG) Wild Legal qu’elle a crĂ©Ă©e, la juriste nous a donnĂ© rendez-vous au Jardin des plantes, Ă  Paris.

Ce parc abrite le MusĂ©um national d’histoire naturelle, oĂą elle participe rĂ©gulièrement Ă  des confĂ©rences pour croiser les regards avec des scientifiques sur le thème des droits de la nature. « Notre objectif est d’aboutir Ă  ce que le droit soit plus proche du vivant et respectueux de ses lois, qu’il rĂ©ponde aux besoins de toute la biosphère. Et les scientifiques sont lĂ  pour nous aider Ă  comprendre ces besoins… Â», explicite-t-elle, sur fond de chants d’oiseaux de la mĂ©nagerie du parc, situĂ©e Ă  quelques pas.

« David contre Goliath Â»

Comme la sociĂ©tĂ© dans son ensemble, ces scientifiques sont, elle en est certaine, bien plus ouverts qu’avant Ă  l’idĂ©e de reconnaĂ®tre un jour aux montagnes, fleuves ou forĂŞts une personnalitĂ© juridique afin de pouvoir mieux dĂ©fendre leurs droits par le biais d’associations, par exemple. Une idĂ©e dĂ©veloppĂ©e en 1972 par le juriste amĂ©ricain Christopher Stone. Après tout, le mouvement s’est accĂ©lĂ©rĂ© Ă  l’échelle mondiale depuis une quinzaine d’annĂ©es.

A la suite de l’Equateur, qui a Ă©tĂ© le premier Ă  reconnaĂ®tre les droits de la « Terre-mère Â» dans sa constitution en 2008, la Colombie, la Nouvelle-ZĂ©lande ou encore l’Inde ont aussi sautĂ© le pas. Plus rĂ©cemment, l’Espagne a accordĂ© en 2022 une personnalitĂ© juridique Ă  la lagune Mar Menor, près de Murcie… Ces pays ont ainsi actĂ© que « le droit, tel qu’il est aujourd’hui, n’arrive pas Ă  faire face Ă  la destruction du vivant et Ă  la crise climatique, qu’il faut changer de schĂ©ma de pensĂ©e… Â», rĂ©sume l’avocate.

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