LE MONDE 🔵 Maladie d’Alzheimer : une prĂ©vention efficace sur les facteurs de risque Ă©vitables – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Maladie d’Alzheimer : une prévention efficace sur les facteurs de risque évitables

Dans « Le Village Landais Henri Emmanuelli Â», une structure qui traite uniquement des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, un Ă©ducateur sportif vient tous les jours pour des sessions individuelles ou collectives. A Dax, le 7 juillet 2020.

Alors que la maladie d’Alzheimer – dont c’est la JournĂ©e mondiale jeudi 21 septembre – touche cinquante millions de personnes dans le monde – près d’un million en France – et qu’aucun traitement ne permet Ă  ce jour de ralentir son Ă©volution, agir en amont constitue un enjeu-clĂ©.

Certains facteurs de risque ne sont pas modifiables : l’âge – le principal â€“, le sexe – les femmes sont plus touchĂ©es –, et certains facteurs gĂ©nĂ©tiques de prĂ©disposition. D’autres sont Ă©vitables, et pourraient retarder l’apparition des symptĂ´mes.

En 2020, un groupe d’experts en a listĂ© douze dans la revue The Lancet : niveau d’éducation, hypertension artĂ©rielle, dĂ©ficience auditive, tabagisme, obĂ©sitĂ©, dĂ©pression, sĂ©dentaritĂ©, diabète, isolement social, pollution de l’air, abus d’alcool et traumatismes crâniens. Les trois derniers ne figuraient pas dans le prĂ©cĂ©dent rapport de ces auteurs, paru en 2017.

Ils ont calculĂ© que, « ensemble, ces douze facteurs de risque potentiellement modifiables sont responsables d’environ 40 % des cas de dĂ©mence dans le monde Â».

L’effet protecteur du niveau d’éducation renvoie au concept de rĂ©serve cognitive, selon lequel « le cerveau peut faire face aux lĂ©sions cĂ©rĂ©brales, soit en utilisant ses rĂ©seaux neuronaux prĂ©existants, soit en activant de nouvelles connexions neuronales Â», selon la dĂ©finition de la Fondation Vaincre Alzheimer. Une Ă©tude menĂ©e sur la cohorte de Framingham – une ville proche de Boston (Massachusetts) –, publiĂ©e dans le New England Journal of Medicine en 2016, montre une baisse moyenne de 20 % de l’incidence des dĂ©mences Ă  chaque dĂ©cennie depuis la fin des annĂ©es 1970. « Ce recul concerne majoritairement les personnes ayant un niveau d’études supĂ©rieur, supĂ©rieur au bac Â», souligne l’épidĂ©miologiste Carole Dufouil, coautrice de l’article, responsable de l’équipe Phares (Inserm, universitĂ© de Bordeaux). Le constat va dans le mĂŞme sens dans d’autres pays Ă  revenu Ă©levĂ©. « En moyenne, chez les individus Ă  haut niveau d’éducation, les plus stimulĂ©s intellectuellement, l’apparition des symptĂ´mes cliniques liĂ©s aux anomalies cĂ©rĂ©brales semble retardĂ©e Â», poursuit Carole Dufouil. La rĂ©serve cognitive pourrait en quelque sorte masquer les premiers troubles.

Des signes avant-coureurs ?

Inversement, une Ă©quipe internationale a identifiĂ© dix pathologies plus frĂ©quemment dĂ©veloppĂ©es par les patients dans les deux Ă  dix ans prĂ©cĂ©dant leur diagnostic de maladie d’Alzheimer, comparativement Ă  des tĂ©moins. La dĂ©pression figure en tĂŞte de liste, suivie par l’anxiĂ©tĂ©, l’exposition Ă  un stress important, la perte d’audition, la constipation, l’arthrose cervicale, les pertes de mĂ©moire, la fatigue (et les malaises), et enfin les chutes et les pertes de poids soudaines. Ces rĂ©sultats, obtenus Ă  partir des donnĂ©es de 80 000 patients en France et au Royaume-Uni, ont Ă©tĂ© publiĂ©s dans The Lancet Digital Health en fĂ©vrier 2022.

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