LE MONDE 🔵 Logement : pourquoi le « choc d’offre » promis depuis 2017 n’a pas eu lieu – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Logement : pourquoi le « choc d’offre » promis depuis 2017 n’a pas eu lieu

Un chantier de construction de maisons individuelles dans un lotissement de Guilherand-Granges (Ardèche), le 23 janvier 2024.

D’abord, une satisfaction. Lors de sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale devant l’AssemblĂ©e nationale, le 30 janvier, le premier ministre, Gabriel Attal, a Ă©voquĂ© la crise du logement. Un signal que guettaient depuis dix-huit mois les acteurs du logement social, du bâtiment, les promoteurs comme les Ă©lus locaux et le nombre croissant de mĂ©nages dĂ©sespĂ©rĂ©ment Ă  la recherche d’un toit abordable. « Nous rĂ©pondrons Ă  cette crise du logement en crĂ©ant un choc d’offre Â», a avancĂ© le nouveau chef du gouvernement.

Une formule reprise par le nouveau ministre dĂ©lĂ©guĂ© au logement, Guillaume Kasbarian, 72 heures après sa nomination. « De l’offre, de l’offre, de l’offre Â», a-t-il martelĂ© lundi 12 fĂ©vrier sur RTL. « De l’offre Â» en poussant la construction neuve, mais aussi en assouplissant le diagnostic de performance Ă©nergĂ©tique (DPE), a prĂ©cisĂ© le ministre. Une nouvelle règle de calcul du DPE devrait en effet permettre Ă  140 000 logements de moins de 40 mètres carrĂ©s d’échapper Ă  la catĂ©gorie des « passoires thermiques Â» (Ă©tiquetĂ©es F ou G) et donc Ă  l’obligation de rĂ©novation. Leurs propriĂ©taires pourront ainsi continuer Ă  les mettre en location après le 1er janvier 2025. Une piste Ă  moindres frais.

Le slogan du « choc d’offre Â» a toutefois refroidi le secteur du logement, affectĂ© depuis la hausse brutale des taux d’intĂ©rĂŞt, Ă  partir de l’automne 2022, par l’effondrement des transactions dans l’immobilier ancien, la chute des rĂ©servations dans le neuf et une tension historique sur le marchĂ© locatif. « Je me suis dit, dĂ©pitĂ©e, que, pour utiliser ces mots-lĂ , le premier ministre n’avait aucune idĂ©e, quand on sait que le choc d’offre est une incantation, brandie depuis six ans, et quand on voit quel Ă©chec ça a Ă©tĂ© Â», dĂ©clare ainsi Emmanuelle Cosse, prĂ©sidente de l’Union sociale pour l’habitat, qui fĂ©dère les organismes HLM.

De très mauvais chiffres

En septembre 2017, la nouvelle majoritĂ© n’est en place que de fraĂ®che date lorsque le gouvernement annonce dĂ©jĂ , en effet, un « choc d’offre Â» de la construction de logements, conformĂ©ment Ă  la promesse du candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron. Mais depuis, rien ne s’est produit. Pire, les chiffres ont rarement Ă©tĂ© aussi mauvais : en 2023, les mises en chantier de logements ont chutĂ© de 22 % par rapport Ă  2022, Ă  287 000 unitĂ©s, un niveau « proche des points bas de 1992 et 1993 et 72 000 unitĂ©s au-dessous de la moyenne historique Â», dĂ©taille la filière du bâtiment. Quant aux permis de construire, ils se sont effondrĂ©s de 24 %. « Le choc d’offre, je ne l’ai pas vu et je l’attends toujours Â», rĂ©sume, sceptique, Olivier Salleron, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment.

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