LE MONDE 🔵 « Les PFAS doivent ĂŞtre gĂ©rĂ©s comme une classe chimique unique au nom de leur persistance et de leurs risques sur la santé » – Shango Media
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LE MONDE 🔵 « Les PFAS doivent être gérés comme une classe chimique unique au nom de leur persistance et de leurs risques sur la santé »

Les PFAS, ou substances perfluoroalkylĂ©es et polyfluoroalkylĂ©es, sont des molĂ©cules fabriquĂ©es par l’homme et surnommĂ©es « polluants Ă©ternels Â» par l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail Ă  cause de leur stabilitĂ© et de leur caractère difficilement dĂ©gradable dans l’environnement. On compte plusieurs milliers de PFAS diffĂ©rentes.

Un très grand nombre d’industries ont recours Ă  ces molĂ©cules polluantes : extraction de ressources, chimie, Ă©lectronique, agroalimentaire, BTP, mĂ©dical, cosmĂ©tique, armement, etc. Un rapport de l’OCDE alerte par exemple sur la prĂ©sence de PFAS dans plus de 90 % des emballages alimentaires, quand existent des alternatives plus saines et dĂ©jĂ  connues.

Certaines industries sont responsables de rejets de PFAS dans l’environnement, tels que ceux observĂ©s au niveau des usines Arkema et Daikin dans la « vallĂ©e de la chimie Â», près de Lyon. Or, l’évaluation du risque sanitaire causĂ© par chaque PFAS peut prendre des dĂ©cennies.

Le refus des industriels

Pour cette raison, nous demandons que les PFAS soient gérées comme une classe chimique unique, au nom de leur persistance et de leurs risques démontrés ou potentiels sur la santé humaine et environnementale. C’est là aussi une demande de plusieurs agences de sécurité sanitaire de l’UE, explicitée dans la proposition de restriction de l’utilisation des PFAS par les industriels déposée par cinq Etats européens, dont l’Allemagne, à l’Agence européenne des produits chimiques.

Or, lors de la rĂ©union de la commission dĂ©veloppement durable qui s’est tenue le 27 mars Ă  l’AssemblĂ©e, une partie des dĂ©bats s’est concentrĂ©e sur la diffĂ©rence entre « non-polymères Â» (tels que le PFOA, acide perfluorooctanoĂŻque) et « polymères Â» (tels que le PTFE – polytĂ©trafluoroĂ©thylène â€“, plus connu sous le nom de TĂ©flon pour son nom de marque dĂ©posĂ©, utilisĂ© dans les ustensiles de cuisine).

Au regard des amendements proposés dans le projet de loi, l’objectif est ainsi d’exclure les polymères de l’interdiction des PFAS, comme le souhaitent les industriels. Ces derniers défendent l’innocuité des polymères comme le PTFE sur l’argument que leur grande taille ne leur permet pas d’agir sur notre organisme, et se basent sur une réinterprétation fallacieuse de la position de l’OCDE sur les polymères.

Alerte de l’Autorité européenne de sécurité des aliments

Ces positions vont pourtant frontalement Ă  l’encontre des Ă©tudes scientifiques sur le sujet, comme le synthĂ©tisent notamment une Ă©valuation scientifique des politiques publiques publiĂ©e dans la revue Environmental Science & Technology en 2020, ou encore la revue scientifique Environmental Science. Processes & Impacts.

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