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LE MONDE 🔵 Les 250 victimes de Christian Nègre, un ex-haut fonctionnaire mis en examen pour soumission chimique, appelées à se manifester « au plus vite »

Face Ă  l’ampleur du nombre de victimes, le parquet de Paris lance un appel Ă  se manifester « au plus vite Â», vendredi 6 fĂ©vrier. Selon l’enquĂŞte, près de 250 femmes ont Ă©tĂ© victimes de Christian Nègre, un ancien haut fonctionnaire de la culture qui saupoudrait leur cafĂ© de diurĂ©tique, les forçant Ă  se retenir jusqu’à l’impossible, pour ensuite les humilier en les regardant uriner devant lui

L’ancien DRH du ministère de la culture, qui a Ă©galement officiĂ© Ă  la direction des affaires culturelles de la rĂ©gion Grand-Est, a Ă©tĂ© mis en examen par deux juges d’instruction, notamment pour « administration de substance nuisible Â», « violences par personne chargĂ©e de mission de service public Â» ou « atteinte Ă  l’intimitĂ© Â», rappelle la procureure de Paris, Laure Beccuau dans un communiquĂ©.

Six ans après le dĂ©but de la procĂ©dure, 248 victimes ont Ă©tĂ© recensĂ©es, dont « au moins 180 Â» se sont constituĂ©es parties civiles. « Toute victime non encore entendue est invitĂ©e Ă  se signaler au plus vite auprès de l’OCRVP [l’Office central pour la rĂ©pression des violences aux personnes, cosaisi avec les services de police judiciaire] et si elle le souhaite Ă  se constituer partie civile Â», souligne la procureure.

La justice espère effectuer rapidement ces auditions, « afin de pouvoir procĂ©der ensuite aux Ă©valuations et interrogatoires supplĂ©mentaires Ă©ventuels. La clĂ´ture des investigations est attendue d’ici [Ă ] la fin de l’annĂ©e 2026 Â», poursuit-elle.

Dossier hors norme

Fin 2025, plusieurs victimes avaient fait part de leur exaspération face à la durée de l’instruction, dans ce dossier qui représente un défi pour la justice, par le nombre de plaignantes.

Une réunion d’information a été organisée par les juges d’instruction à l’intention de leurs avocats, fin janvier, et une autre est prévue au printemps pour les victimes qui se seront constituées parties civiles.

M. Nègre, alors en poste dans la rĂ©gion Grand-Est, avait Ă©tĂ© surpris en train de prendre sous la table une photographie de son interlocutrice, qui avait portĂ© plainte, entraĂ®nant l’ouverture d’une enquĂŞte mi-2018, Ă  l’époque sous l’autoritĂ© du parquet de Metz.

« L’exploitation de son matĂ©riel informatique a permis de dĂ©couvrir un tableau recensant 181 entretiens avec des femmes, au cours desquels il est apparu qu’il faisait absorber Ă  celles-ci des produits diurĂ©tiques dans un cafĂ© ou [un] thĂ© et attendait qu’elles soient acculĂ©es Ă  uriner en sa prĂ©sence Â», a rappelĂ© la procureure de Paris, saisie du dossier Ă  partir de la fin 2018.

A l’époque, le ministre de la culture, Franck Riester, avait parlĂ© d’une « affaire complètement folle, d’un pervers Â». En attendant un procès, dont l’organisation promet elle aussi d’être un casse-tĂŞte, certaines victimes ont pu obtenir des indemnisations notamment devant la justice administrative.

Le Monde avec AFP

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