LE MONDE 🔵 L’Avent, un concept « magico-religieux » rĂ©cupĂ©rĂ© tous azimuts – Shango Media
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LE MONDE 🔵 L’Avent, un concept « magico-religieux » récupéré tous azimuts

Histoire d’une notion. Tout est bon pour attendre NoĂ«l. MĂŞme les passe-temps les moins catholiques, Ă  l’image de tel calendrier de l’Avent commercialisĂ© par une grande marque de sextoys. Un produit bien loin des vignettes pour enfants avec des anges ou l’effigie du Christ de l’Allemagne protestante du dĂ©but du XXe siècle, oĂą s’est inventĂ©e la tradition du cĂ©lèbre calendrier. Un siècle plus tard, la rĂ©cupĂ©ration tous azimuts du concept, par des marques de chocolat, du secteur du luxe ou de spiritueux, peut autant ĂŞtre lue comme une victoire du consumĂ©risme que comme le signe de l’extraordinaire plasticitĂ©, Ă  travers l’histoire, de ce moment de l’annĂ©e oĂą change la texture du temps.

L’Avent, terme attestĂ© depuis le XIIe siècle et lui-mĂŞme issu du latin adventus signifiant « avènement Â», dĂ©signe le temps de l’attente de la venue du Christ que forment les quatre semaines prĂ©cĂ©dant NoĂ«l. La pĂ©riode s’insère dans un calendrier sacrĂ© plus large. Car le sommet de l’annĂ©e liturgique que constitue le 25 dĂ©cembre est Ă  la fois le « point d’orgue du temps de l’Avent Â» et la « porte d’entrĂ©e de la pĂ©riode des Douze Jours qui [court] jusqu’à l’Epiphanie puis jusqu’à la fĂŞte de la Purification de Marie [le 2 fĂ©vrier] Â», prĂ©cisent les historiens Alain Cabantous et François Walter dans NoĂ«l. Une si longue histoire… (Payot, 2016).

Si elle est rythmĂ©e par les fĂŞtes chrĂ©tiennes, il ne faudrait pas la rĂ©duire Ă  une pĂ©riode religieuse, prĂ©vient Anton Serdeczny, qui publiĂ© en octobre La BĂ»che et le gras. Une anthropologie historique de la magie de NoĂ«l (Champ Vallon, 296 pages, 24 euros). Ce spĂ©cialiste des traditions non liturgiques et orales prĂ©fère parler de « pĂ©riode magico-religieuse Â» car, comme tout ce qui concerne NoĂ«l, le liturgique se plaque sur le vernaculaire, le rite sur la coutume, et la foi officielle sur les superstitions. Cet historien propose une mĂ©taphore originale pour rĂ©sumer ce mois particulier : « Il faut imaginer une courbe en cloche de la puissance magique dont le paroxysme intervient au soir du 24 dĂ©cembre, Ă  minuit. Â»

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