LE MONDE 🔵 La nouvelle diaspora russe en Europe, bien intĂ©grĂ©e et partie pour rester – Shango Media
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LE MONDE 🔵 La nouvelle diaspora russe en Europe, bien intégrée et partie pour rester

Lors d’un hommage Ă  l’opposant russe Alexei Navalny, le 22 fĂ©vrier 2024, place du TrocadĂ©ro Ă  Paris.

Combien sont-ils, ces Russes qui ont quittĂ© leur pays dans les jours ou les mois suivant l’invasion de l’Ukraine, en fĂ©vrier 2022 ? 700 000 ? Un million ? L’estimation est hasardeuse, et certains ont fini par rentrer au pays, après la fuite initiale. Reste que l’apparition d’une nouvelle diaspora russe, après plusieurs vagues successives au XXe siècle, est l’un des faits majeurs du conflit ukrainien, s’agissant du devenir de la Russie, mais aussi, dans une moindre mesure, de celui de l’Europe.

Pour la première fois, une enquête sociologique d’ampleur s’intéresse à cette autre Russie. Celle-ci a d’ailleurs le mérite de placer cette émigration dans le temps plus long, en comparant cette dernière vague à celles arrivées dans les années 2000, mais aussi après 2014, véritable début du conflit ukrainien.

CommandĂ©e par l’Institut français des relations internationales (IFRI) au Center for Analysis and Strategies in Europe (CASE), le nouveau think tank crĂ©Ă© par des chercheurs russes en exil, l’étude est basĂ©e sur un sondage conduit par l’universitĂ© de Nicosie. Trois mille deux cent trente-sept personnes installĂ©es en Allemagne, en France, en Pologne et Ă  Chypre ont Ă©tĂ© sondĂ©es, en ligne ou en face Ă  face. L’étude, dĂ©voilĂ©e mardi 11 juin, est signĂ©e par deux Ă©conomistes, Vladislav Inozemtsev et Dmitri Nekrasov, associĂ©s Ă  l’ancien dĂ©putĂ© de la Douma Dmitri Goudkov, tous aujourd’hui en exil.

Majoritairement des hommes jeunes et éduqués

Les « relokanty Â» de l’après-2022 (littĂ©ralement les « relocalisĂ©s Â», le nĂ©ologisme qui s’est imposĂ© en Russie pour qualifier ces exilĂ©s) reprĂ©sentent 44 % du panel Ă©tudiĂ© (contre 35 % pour ceux partis entre 2014 et 2022). Sans surprise, ils sont majoritairement jeunes, masculins, Ă©duquĂ©s et occupaient (ou occupent) des emplois qualifiĂ©s.

Les auteurs mettent en garde sur l’attention excessive accordée ces dernières années aux opposants pourchassés par le régime de Vladimir Poutine, qui ne représentent qu’une poignée – quatre à cinq mille personnes seulement, selon leurs estimations. La masse des nouveaux exilés est plutôt constituée d’individus qui ne courent pas un danger immédiat (hormis pour ceux fuyant la menace d’une mobilisation dans l’armée), mais dont la vie, ou les perspectives d’avenir, ont été rendues impossibles dans une Russie tout entière livrée à l’autoritarisme et à sa confrontation avec l’Occident.

Parmi les derniers arrivĂ©s, 65 % citent tout de mĂŞme le « conflit russo-ukrainien Â» comme raison de leur dĂ©part de Russie, 44 % Ă©voquant « d’autres raisons politiques Â», 33 % des motivations Ă©conomiques et 8 % leur orientation sexuelle (plusieurs rĂ©ponses Ă©taient possibles).

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