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LE MONDE 🔵 La crise du pouvoir d’achat mine la confiance des Français dans la politique

Un hypermarché à Villefranche-sur-Saône (Rhône), en avril 2023.

L’inflation n’est plus seulement une prĂ©occupation immĂ©diate des Français, elle mine dĂ©sormais leur rapport au politique, aggravant un mal dĂ©jĂ  bien enracinĂ© dans l’Hexagone : la dĂ©fiance. RessuscitĂ©e par les dĂ©confinements et la guerre en Ukraine, elle montre dĂ©sormais l’étendue de ses effets sur la sociĂ©tĂ© française.

C’est l’un des enseignements du baromètre de la confiance politique, vaste enquĂŞte annuelle rĂ©alisĂ©e par l’institut OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) entre le 8 et le 18 janvier, soit après la nomination de Gabriel Attal Ă  Matignon, dans quatre pays : la France, l’Allemagne, l’Italie et la Pologne.

Pour la première fois, la dĂ©fiance s’invite en effet dans la sphère privĂ©e. Les Français sont les moins satisfaits des quatre populations Ă©tudiĂ©es concernant leur vie personnelle. « Jusqu’ici, les donnĂ©es faisaient apparaĂ®tre un paradoxe français, entre la perception d’une sociĂ©tĂ© qui va mal et celle d’un individu qui va bien dans sa vie personnelle Â», explique Gilles Ivaldi, chercheur au Cevipof. DĂ©sormais, les frontières semblent brouillĂ©es. Un effet de la crise du pouvoir d’achat et d’une inflation qui dure et « touche le bien-ĂŞtre individuel Â», selon le politiste.

De fait, malgrĂ© les politiques de soutien face Ă  la flambĂ©e des prix de l’énergie mises en place par l’exĂ©cutif depuis 2021, les salaires n’ont pas progressĂ© aussi rapidement que les prix en France, lesquels ont bondi de plus de 10 % en deux ans. Et, paradoxalement, les augmentations successives du salaire minimum, indexĂ© sur les prix, y ont accru le nombre de « smicards Â», alimentant un sentiment de dĂ©classement et de dĂ©sengagement au travail.

Méfiance, lassitude, morosité

Ce sentiment gĂ©nĂ©ral de vulnĂ©rabilitĂ© dans la vie privĂ©e se retrouve sous des formes variĂ©es Ă  travers l’étude. Ainsi, c’est en France que la peur d’être cambriolĂ© est la plus Ă©levĂ©e, les citoyens des autres pays Ă©tudiĂ©s craignant davantage d’être victimes d’agressions hors de leur domicile. « Ce risque d’intrusion chez soi, synonyme d’une frontière plus poreuse entre le public et le privĂ©, est le signe d’une plus grande prĂ©carisation Ă©conomique, et du sentiment que l’Etat protège moins qu’avant Â», juge Luc Rouban, chercheur au Cevipof. Un sentiment « très corrosif Â» pour la confiance, et face auquel les partis politiques sont dĂ©munis.

Le choc de la guerre en Ukraine ou encore le risque d’un accident nuclĂ©aire, prĂ©sents dans les enquĂŞtes d’opinion au dĂ©but du conflit, ont Ă©tĂ© très vite supplantĂ©s dans les motifs d’inquiĂ©tude des personnes sondĂ©es. « En revanche, la vraie rĂ©percussion, c’est le pouvoir d’achat, qui percute les individus des classes moyennes en particulier Â», poursuit Gilles Ivaldi. Celles-lĂ  mĂŞmes dont le nouveau chef du gouvernement, Gabriel Attal, a fait sa prioritĂ©.

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