LE MONDE 🔵 Guerre en Ukraine : un lent mais continu grignotage territorial russe – Shango Media
General-FRNews-FRONT-FR

LE MONDE 🔵 Guerre en Ukraine : un lent mais continu grignotage territorial russe

Un officier russe inspecte une zone Ă  la recherche d’engins explosifs. Sur le mur, Ă©crit en ukrainien, « vĂ©rification de mine faite Â». A AvdĂŻivka, le 22 mars 2024. Photo fournie par l’agence de presse d’Etat russe.

L’avancĂ©e est lente mais continue. Selon l’Institute for the Study of War (ISW), un cercle de rĂ©flexion amĂ©ricain qui suit quotidiennement l’évolution des conflits, les Russes ont gagnĂ© 505 km2 de territoire ukrainien depuis octobre 2023 et l’échec de la contre-offensive des troupes de Kiev, soit l’équivalent de cinq fois la surface de Paris. Après avoir repris AvdiĂŻvka, une ville du Donbass peuplĂ©e de 35 000 habitants avant la guerre, tombĂ©e le 17 fĂ©vrier, les forces russes font, depuis fin mars, le siège de Tchassiv Yar, un bourg qui verrouille l’accès Ă  Kramatorsk, citĂ© minière de 150 000 habitants.

Pour le moment, ce « grignotage Â» reste loin des gains obtenus par Kiev Ă  l’automne 2022, lorsque les forces ukrainiennes avaient repris 12 000 km2 de leur territoire dans la rĂ©gion de Kharkiv, au nord-est du pays, et obligĂ© les Russes Ă  Ă©vacuer la rive droite du fleuve Dniepr. Mais les militaires et experts occidentaux s’inquiètent d’un renforcement du potentiel militaire russe, qui pourrait Ă  terme redonner l’avantage Ă  Moscou. « La Russie conserve un avantage quantitatif significatif dans le conflit, surpassant l’Ukraine en termes de nombre de munitions et d’équipements Â», indique le ministère britannique de la dĂ©fense dans une note publiĂ©e le 30 mars. Kiev se trouve « Ă  un moment critique Â», a de son cĂ´tĂ© reconnu le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain, Antony Blinken, lors d’une visite Ă  Paris mardi 2 avril.

L’inquiĂ©tude occidentale porte notamment sur les glide bombs (« bombes planantes Â»), des bombes lisses larguĂ©es par avion auxquelles on ajoute un système de guidage et des ailettes dĂ©ployables en vol, ce qui leur permet d’être lancĂ©es Ă  plusieurs dizaines de kilomètres de leur objectif. Moscou a adaptĂ© ces kits sur des bombes allant de 250 kg, appelĂ©es FAB-250, Ă  1,5 tonne, les FAB-1500. Et le ministre russe de la dĂ©fense, SergueĂŻ ChoĂŻgou, a dĂ©voilĂ©, lors d’une visite effectuĂ©e le 21 mars dans une usine près de Nijni Novgorod, une version de 3 tonnes. A titre de comparaison, les obus de 152 mm tirĂ©s par les canons russes pèsent une quarantaine de kilos.

Des bombes planantes « imprĂ©cises mais destructrices Â»

Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, les chasseurs bombardiers russes ont larguĂ© plus de 3 500 de ces « bombes planantes Â» sur des cibles ukrainiennes, a assurĂ© le vice-ministre ukrainien de la dĂ©fense, Ivan Gavrylyuk, dans une tribune publiĂ©e le 18 mars par l’agence Ukrinform. Selon Michael Kofman, chercheur au centre de rĂ©flexion amĂ©ricain Carnegie, les Russes en utilisent aujourd’hui « 30 Ă  40 par jour sur certaines parties du front et Ă  des portĂ©es de plus en plus longues (de 40 Ă  plus de 60 km) Â». « Les bombes planantes sont assez imprĂ©cises mais destructrices (…). Elles suppriment des unitĂ©s, dĂ©truisent des bâtiments et des fortifications Â», explique l’analyste dans une note publiĂ©e sur X le 19 mars.

Il vous reste 68.66% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Bouton retour en haut de la page
Fermer