LE MONDE 🔵 Controverse autour d’un nouvel herbicide dans les rizières camarguaises – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Controverse autour d’un nouvel herbicide dans les rizières camarguaises

Rizières du parc naturel rĂ©gional de Camargue, le 6 juin 2020.

Depuis quatre ans, il est autorisĂ© dans les rizières de Camargue au titre de l’« urgence phytosanitaire Â», mais est restĂ© tout ce temps inaperçu. Comme chaque annĂ©e depuis 2021, l’Avanza, un dĂ©sherbant utilisĂ© en riziculture a reçu, le 19 mars, une autorisation dĂ©rogatoire pour cent vingt jours du ministère de l’agriculture, cette fois-ci repĂ©rĂ©e par le journaliste Hugo ClĂ©ment ; la nouvelle substance suscite, depuis, une vive controverse publique. Le principe actif de ce dĂ©sherbant, le benzobicyclon, n’est en effet pas encore autorisĂ© au niveau europĂ©en et ne l’a jusqu’à prĂ©sent jamais Ă©tĂ©.

Sur la base des tests rĂ©glementaires fournis par le fabricant, l’Agence europĂ©enne des produits chimiques (ECHA) a finalisĂ© son opinion le 14 mars sans classer la substance comme cancĂ©rogène, mutagène, reprotoxique ou perturbateur endocrinien. L’ECHA le considère toutefois comme très toxique pour les organismes aquatiques.

En outre, les deux Etats-rapporteurs (Malte et la Grèce) sont en désaccord sur l’évaluation du danger pour les abeilles, les autorités maltaises jugeant celui-ci peu probable, au contraire de leurs homologues grecques pour qui les informations fournies par le fabricant ne permettent pas de conclure.

Contactée, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) explique toutefois que le processus d’évaluation du risque n’est pas achevé et que les valeurs toxicologiques de référence (les seuils de sécurité sanitaires et environnementaux) ne sont pas encore établis. Aucune étude indépendante sur les effets de ce nouveau produit sur la santé humaine et les écosystèmes n’est à ce jour publiée dans la littérature scientifique.

« IncomprĂ©hension Â»

Samedi 30 mars, sitĂ´t l’autorisation d’urgence de l’Avanza mise dans le dĂ©bat public, Christine Aillet, la maire (LR) des Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-RhĂ´ne) – la « capitale Â» de la Camargue – a publiĂ© un communiquĂ© de protestation. « C’est avec incomprĂ©hension et effarement que la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer a appris la dĂ©cision du ministère de l’agriculture d’autoriser le produit phytopharmaceutique Avanza pour son utilisation dans certaines rizières camarguaises Â», dĂ©clare Mme Aillet. L’édile prĂ©cise que le rĂ©seau hydraulique de Camargue ne permet l’évacuation des eaux usĂ©es agricoles que vers le RhĂ´ne et le Petit-RhĂ´ne

« En l’état actuel de cette autorisation, et sans aucune garantie des services de l’Etat, poursuit le communiquĂ©, la commune ne peut concevoir qu’une telle autorisation puisse mettre en danger les milieux naturels saintois, mais Ă©galement la population saintoise Ă  travers la distribution d’eau potable, dont le captage se situe dans le Petit-RhĂ´ne. Â» Le benzobicyclon, ou ses produits de dĂ©gradation (ou mĂ©tabolites) sont-ils inclus dans les plans de surveillance des eaux brutes et des eaux distribuĂ©es dans la rĂ©gion ? ContactĂ©e, l’Agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS) Provence-Alpes-CĂ´te d’Azur n’était pas en mesure, mercredi 3 avril, de rĂ©pondre.

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