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LE MONDE 🔵 Comment l’estimation du besoin en logements est devenue un sujet brûlant

Le chantier du futur village olympique, Ă  Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 19 dĂ©cembre 2023.

Combien faut-il de nouveaux logements en France ? La question a fait l’objet de quatre Ă©tudes en 2023. Le Conseil national de l’habitat a Ă©galement consacrĂ© un groupe de travail Ă  ce thème, « celui qui avait recueilli le plus de suffrages Â» au sein de cette instance consultative oĂą sont reprĂ©sentĂ©s Ă©lus, professionnels et usagers, explique Didier Poussou, le directeur gĂ©nĂ©ral de la FĂ©dĂ©ration des entreprises sociales de l’habitat. Le rapport qu’il a rĂ©digĂ© a Ă©tĂ© transmis dĂ©but fĂ©vrier au chef de l’Etat, Emmanuel Macron, au premier ministre, Gabriel Attal, et au ministre de la transition Ă©cologique, Christophe BĂ©chu, puis au nouveau ministre dĂ©lĂ©guĂ© au logement, Guillaume Kasbarian, une fois nommĂ©.

L’intĂ©rĂŞt pour un tel chiffrage a grandi avec le net ralentissement de la construction, Ă  compter de septembre 2022. D’autant que la dernière estimation officielle, qui concluait Ă  un besoin de 300 000 Ă  400 000 logements par an, datait de 2012. « Le service statistique du ministère du logement a annoncĂ© voilĂ  deux ans qu’il se saisissait Ă  nouveau du sujet, mais il n’a pas encore publiĂ© de rĂ©sultats complets Â», souligne l’urbaniste Jean-Claude Driant. Si, du temps de sa prĂ©sidence, François Hollande avait repris Ă  son compte, et presque atteint, l’objectif de crĂ©er 500 000 logements par an – chiffrĂ© par l’universitĂ© Paris Dauphine en 2006 –, Emmanuel Macron n’a jamais prĂ©cisĂ© l’ampleur escomptĂ©e du « choc d’offre Â» qu’il a promis en 2017.

Outre le flou politique, le vent a tournĂ©. Fin 2021, l’Ademe, l’Agence de la transition Ă©cologique, prĂ©conise, parmi les moyens d’amĂ©liorer le bilan carbone du pays, de construire beaucoup moins. Plusieurs think tanks font de mĂŞme. Au lancement du Conseil national de la refondation consacrĂ© au logement, un an plus tard, Agnès BĂ©nassy-QuĂ©rĂ©, alors cheffe Ă©conomiste de la direction gĂ©nĂ©rale du TrĂ©sor, au ministère des finances, estime qu’il faut environ 250 000 logements par an, et que « la construction neuve excède les besoins globaux, sans rĂ©pondre Ă  la demande locale Â».

Calculer la « demande potentielle Â»

Des propos que les acteurs de la filière vont s’employer Ă  dĂ©mentir, avec leurs quatre Ă©tudes. La FĂ©dĂ©ration des promoteurs immobiliers prĂ©sente, en mars 2023, une Ă©tude concluant Ă  un besoin proche de 450 000 logements par an. Dans la foulĂ©e, l’Institut Thomas More calcule qu’il en faut 395 000. En octobre, l’Union sociale de l’habitat, qui fĂ©dère les organismes HLM, consacre une sĂ©ance plĂ©nière de son congrès Ă  son Ă©tude, qui prĂ©conise d’atteindre 519 000 logements, dont 198 000 logements sociaux. Un mois après, l’Union nationale des amĂ©nageurs prĂ©sente une analyse « spatialisĂ©e Â» chiffrant le besoin Ă  400 000 logements.

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