LE MONDE 🔵 Colère des agriculteurs : la Commission europĂ©enne adopte l’exemption des obligations de jachères – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Colère des agriculteurs : la Commission européenne adopte l’exemption des obligations de jachères

C’est l’une des contraintes imposĂ©es par Bruxelles qui Ă©tait dans le viseur des agriculteurs qui se sont mobilisĂ©s dans plusieurs pays de l’Union europĂ©enne (UE). La Commission europĂ©enne a adoptĂ©, mardi 13 fĂ©vrier, une exemption partielle aux obligations de jachères prĂ©vues par la politique agricole commune (PAC) pour l’annĂ©e 2024.

Pour toucher les aides de la PAC, les agriculteurs devront dĂ©sormais laisser au moins 4 % des terres arables en cultures intermĂ©diaires ou fixatrices d’azote (lentilles, pois…) et non plus seulement en jachères et en surfaces non productives (haies, bosquets, mares…), selon une dĂ©cision publiĂ©e mardi au Journal officiel de l’Union europĂ©enne. Ce seuil a par ailleurs Ă©tĂ© abaissĂ© par rapport aux 7 % d’abord proposĂ©s fin janvier.

Alors que cette obligation avait Ă©tĂ© suspendue entièrement l’an dernier sans conditions, la Commission a proposĂ© fin janvier d’accorder une « dĂ©rogation partielle Â» en 2024, dans un souci de rĂ©pondre aux manifestations d’agriculteurs Ă  travers l’UE.

Les agriculteurs seront « soumis Ă  moins de restrictions quant Ă  la manière d’utiliser les terres arables, et cela limitera les pertes de revenus, tout en garantissant certains avantages environnementaux Â», puisque les pratiques listĂ©es confortent « la santĂ© et la biodiversitĂ© des sols Â» tout en fixant azote et carbone, prĂ©cise la Commission.

DĂ©saccord entre les Vingt-Sept

L’exemption des obligations de jachères Ă©tait rĂ©clamĂ©e par une partie des agriculteurs lors des grandes manifestations qui ont Ă©clatĂ© dans plusieurs pays europĂ©ens en janvier (France, Pays-Bas, Allemagne…). « Il y a eu quelques changements [Ă  la suite des] nĂ©gociations avec les Etats membres, la logique Ă©tant d’offrir davantage de flexibilitĂ©s Ă  nos agriculteurs Â», avait expliquĂ© lundi un porte-parole de l’exĂ©cutif europĂ©en, Olof Gill.

A la suite de l’envolĂ©e des coĂ»ts des engrais et des perturbations des marchĂ©s provoquĂ©es par la guerre en Ukraine, Ă  l’unisson d’« Ă©pisodes mĂ©tĂ©orologiques extrĂŞmes Â», « les agriculteurs Ă©prouvent des difficultĂ©s Ă  respecter l’obligation de consacrer une part minimale des terres arables Ă  des Ă©lĂ©ments non productifs Â», ce qui « peut avoir une incidence significative sur leurs revenus et mettre en pĂ©ril la viabilitĂ© de leurs activitĂ©s Â», reconnaĂ®t la Commission.

Mais l’abaissement du seuil de 7 % Ă  4 % pour les terres amĂ©nagĂ©es de façon Ă  prĂ©server la biodiversitĂ© avait irritĂ© certains Etats membres, qui s’étaient prononcĂ©s contre la proposition de la Commission. Alors que la proposition initiale constituait un « compromis entre intĂ©rĂŞts Ă©conomiques des agriculteurs et nĂ©cessitĂ© d’une protection accrue de la biodiversitĂ© Â», la modification proposĂ©e « allait dans l’autre sens (…) Il ne faut pas rĂ©soudre une crise au dĂ©triment de l’autre Â», avait ainsi dĂ©noncĂ© le ministre de l’agriculture allemand, Cem Ă–zdemir, issu des rangs Ă©cologistes.

La modification avait amené l’Allemagne à s’abstenir, tandis que l’Italie votait contre, à l’unisson de trois autres pays, selon une source diplomatique, rendant impossible toute majorité qualifiée des Vingt-Sept. Faute d’approbation de la mesure par les Etats membres, la Commission avait la possibilité de trancher seule.

Le Monde avec AFP

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