LE MONDE 🔵 Avant le Salon de l’agriculture, les syndicats d’agriculteurs veulent maintenir la pression sur le gouvernement – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Avant le Salon de l’agriculture, les syndicats d’agriculteurs veulent maintenir la pression sur le gouvernement

Arnaud Rousseau (Ă  droite), prĂ©sident de la FNSEA, et Arnaud Gaillot, chef de file du syndicat des Jeunes Agriculteurs, font une dĂ©claration après leur rencontre avec le premier ministre Ă  l’hĂ´tel de Matignon, le 22 janvier 2024.

Ils maintiennent la pression sur l’exĂ©cutif Ă  moins de deux semaines du Salon de l’agriculture. Le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a prĂ©venu, mardi 13 fĂ©vrier, que les agriculteurs Ă©taient « prĂŞts Ă  repartir Ă  l’action Â» si les mesures concrètes attendues du gouvernement n’étaient pas au rendez-vous d’ici au Salon de l’agriculture, qui doit s’ouvrir le 24 fĂ©vrier.

« Les agriculteurs n’ont jamais dĂ©sarmĂ©. Tout le monde a dit : on est prĂŞt Ă  repartir si le travail rĂ©alisĂ© n’est pas au niveau des attentes, qui sont très fortes Â», a dĂ©clarĂ© Arnaud Rousseau sur TF1, Ă  quelques heures d’une rĂ©union du syndicat avec Gabriel Attal Ă  Matignon.

Dix jours après la levĂ©e des blocages, les reprĂ©sentants du principal syndicat agricole ainsi que ceux des Jeunes Agriculteurs (JA) doivent justement ĂŞtre reçus mardi Ă  Matignon par Gabriel Attal, Ă  16 h 30, en compagnie du ministre de l’agriculture, Marc Fesneau, et de la nouvelle ministre dĂ©lĂ©guĂ©e, Agnès Pannier-Runacher. « L’intĂ©rĂŞt de cette rencontre avec le premier ministre, c’est de pouvoir faire le point, de travailler Ă  des mesures très concrètes, puisqu’on est Ă  mi-chemin, après l’annonce de mesures d’urgence et [avant] le Salon de l’agriculture, qui aura lieu dans onze jours Â», a affirmĂ© Arnaud Rousseau.

De son cĂ´tĂ©, Emmanuel Macron recevra la Coordination rurale et la ConfĂ©dĂ©ration paysanne mercredi, avant la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs « la semaine prochaine Â». Comme avant chaque Salon de l’agriculture, a prĂ©cisĂ© l’ElysĂ©e.

« Il faut accĂ©lĂ©rer le tempo Â»

Chilly Mazarin, France le 31 janvier 2024 : Manifestation d’agriculteurs sur l’autoroute A6 en direction de Paris. L’autoroute est bloqué par plus d’une cinquantaine de tracteurs et des dizaines d’agriculteurs en colères.

L’ouverture du Salon, le 24 fĂ©vrier, du traditionnel rendez-vous entre la France des agriculteurs et le monde politique doit survenir alors que l’exĂ©cutif tente d’éviter la reprise d’un mouvement suspendu le 1er fĂ©vrier, Ă  la suite de nouvelles annonces du gouvernement. Après deux semaines de blocages de routes et d’actions parfois tumultueuses, les manifestants ont levĂ© le camp après cette troisième salve d’annonces, portant sur des sujets aussi divers que les pesticides, les retraites des exploitants, la simplification des normes et des aides Ă  l’élevage ou Ă  l’agriculture bio.

Mais les syndicats n’entendent pas baisser la pression. « Il faut accĂ©lĂ©rer le tempo Â», a lancĂ© lundi le prĂ©sident de la FNSEA, Arnaud Rousseau, exhortant le gouvernement Ă  des actes avant la tenue du Salon porte de Versailles. Il a prĂ©venu que la qualitĂ© de l’accueil du prĂ©sident de la RĂ©publique en dĂ©pendrait.

« On veut voir ce qui change dans nos fermes (…) Quand le gouvernement nous dit on va travailler sur un grand plan Ă©levage d’ici le salon et qu’à quinze jours, on n’a pas de nouvelles… Si d’ici dix jours il ne devait pas y avoir ce travail de fond, ce changement de logiciel, on serait prĂŞts Ă  repartir Ă  l’action Â», a insistĂ© mardi le cĂ©rĂ©alier, qui est aussi prĂ©sident du conseil d’administration du grand groupe agroalimentaire Avril, avant d’ajouter : « On voit bien que tout le monde est au travail [mais] si on n’avait pas mis cette pression, on n’en serait pas lĂ . Â»

Un agenda serrĂ© pour Gabriel Attal. Egrenant son programme de travail dimanche dans les colonnes du Parisien, le nouveau premier ministre a confirmĂ© le dossier agricole parmi les « urgences Â» du printemps, avant « un Ă©tĂ© de progrès sociaux Â» et « un automne de travail Â».

Au ministère de l’agriculture, on prĂ©cise que le gouvernement travaille « tous les dossiers Â». Les annonces de Gabriel Attal – avec des mesures d’urgence chiffrĂ©es Ă  400 millions d’euros par Bercy – ont commencĂ© Ă  ĂŞtre dĂ©clinĂ©es concrètement, affirme-t-on, Ă©voquant, par exemple, l’ouverture depuis le 5 fĂ©vrier des dispositifs d’indemnisation pour les Ă©leveurs. Sur le plan local, des rĂ©unions « ont eu lieu dans toutes les prĂ©fectures de dĂ©partement Â» pour « regarder les arrĂŞtĂ©s locaux Â» et « faire remonter les propositions de simplification Â» administrative.

« Tous les ministères sont au travail Â», a aussi affirmĂ© mardi le ministre de la transition Ă©cologique, Christophe BĂ©chu, sur Franceinfo, avant de temporiser : « Certains sujets remontent Ă  dix, vingt ou trente ans. Je comprends une impatience qui exprime la souffrance des agriculteurs (…). Mais il ne faut pas confondre vitesse et prĂ©cipitation. Â»

La menace brandie par la FNSEA n’a pas Ă©chappĂ© Ă  l’opposition : Emmanuel Macron « a peur de faire un mauvais salon, il reçoit [les agriculteurs] Ă  toute vitesse Â», a dĂ©noncĂ© le vice-prĂ©sident du Rassemblement national, SĂ©bastien Chenu, sur BFM-TV et RMC, accusant l’exĂ©cutif d’avoir « menti Â» pour calmer la colère.

Remises en cause de mesures sur l’environnement

Outre les rendez-vous de Matignon, les deux ministres chargĂ©s de l’agriculture « verront dans la semaine chacune des organisations syndicales Â», notamment pour Ă©voquer le projet de loi sur le renouvellement des gĂ©nĂ©rations, a-t-on prĂ©cisĂ© lundi au cabinet de Marc Fesneau. Ce texte, reportĂ© pour ĂŞtre enrichi, selon le gouvernement, devrait ĂŞtre prĂ©sentĂ© en conseil des ministres « Ă  la fin du mois de fĂ©vrier Â» pour un vote « d’ici le mois de juin Â».

Parmi les sujets urticants, tant pour les agriculteurs que pour les défenseurs de l’environnement, figure aussi le suivi des usages de pesticides, remis sur la table lundi. Huit ONG environnementales ont annoncé avoir quitté une réunion du comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan Ecophyto, qui s’est tenue au ministère de l’agriculture, avec le gouvernement, des élus et des représentants des agriculteurs et de l’industrie.

La Commission européenne a, de son côté, adopté mardi, pour l’année 2024, une exemption partielle des obligations de jachères prévues par la politique agricole commune (PAC), une revendication-clé des récentes manifestations agricoles.

Ce plan, qui vise une rĂ©duction de moitiĂ© de l’utilisation des pesticides d’ici Ă  2030 (par rapport Ă  2015-2017), a Ă©tĂ© suspendu par M. Attal « le temps de mettre en place un nouvel indicateur Â» qui remplacerait le NODU, principal outil de mesure français. Une dĂ©cision qui a satisfait les syndicats agricoles majoritaires et consternĂ© les associations environnementales.

Pour toucher les aides de la PAC, les agriculteurs devront dĂ©sormais laisser au moins 4 % des terres arables en cultures intermĂ©diaires ou fixatrices d’azote (lentilles, pois…) et non plus seulement en jachères et surfaces non productives (haies, bosquets, mares…), selon une dĂ©cision publiĂ©e mardi au Journal officiel. Ce seuil a par ailleurs Ă©tĂ© abaissĂ© par rapport Ă  7 %, initialement proposĂ© Ă  la fin de janvier.

Le Monde avec AFP

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