LE MONDE 🔵 Au Mexique, polĂ©mique sur la nomination du « super policier » Omar Garcia Harfuch au poste de ministre de la sĂ©curitĂ© – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Au Mexique, polémique sur la nomination du « super policier » Omar Garcia Harfuch au poste de ministre de la sécurité

Omar Garcia Harfuch, ministre de la sécurité publique, aux côtés de la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, lors de la présentation du nouveau cabinet, à Mexico, le 4 juillet 2024.

C’était une nomination attendue, tant le sujet de la sĂ©curitĂ© est brĂ»lant au Mexique. La prĂ©sidente Ă©lue le 2 juin, Claudia Sheinbaum, a placĂ© au poste-clĂ© de ministre de la sĂ©curitĂ© publique le policier Omar Garcia Harfuch, qui Ă©tait son responsable de la sĂ©curitĂ© lorsqu’elle Ă©tait maire de la ville de Mexico (2018-2023).

Sa dĂ©signation, le 4 juillet, n’a Ă©tĂ© une surprise pour personne. La future prĂ©sidente de gauche, qui succĂ©dera Ă  AndrĂ©s Manuel Lopez Obrador le 1er octobre, avait prĂ©sentĂ© M. Garcia Harfuch pendant sa campagne comme son conseiller en sĂ©curitĂ©, et a souvent mis en avant ses bons rĂ©sultats dans la capitale : les assassinats ont Ă©tĂ© rĂ©duits de moitiĂ© et les dĂ©lits de 60 % pendant son mandat.

Pour certains, comme David Saucedo, consultant et expert en sĂ©curitĂ© mexicain, sa nomination est une excellente nouvelle : « Il a la formation et l’expĂ©rience professionnelle nĂ©cessaires pour ce poste, il a toute la confiance de la prĂ©sidente, et sa dĂ©signation a très certainement Ă©tĂ© approuvĂ©e par les Etats-Unis, avec qui le Mexique collabore sur cette question. Â»

L’opposition l’a aussi tacitement approuvĂ©e. Le policier de 42 ans dispose d’un fort capital de sympathie depuis qu’il a Ă©tĂ© blessĂ© dans un attentat en juin 2020, qui a coĂ»tĂ© la vie Ă  trois personnes, attribuĂ© au Cartel de Jalisco Nouvelle GĂ©nĂ©ration, l’un des plus dangereux groupes de narcotrafiquants mexicains. « Pour la population, cela signifie qu’il lutte contre les cartels et il a effectivement combattu plusieurs organisations criminelles dans la capitale Â», ajoute Daniel Saucedo.

« Il a Ă©tĂ© Ă  la pire Ă©cole Â»

Mais celui qu’on prĂ©sente comme un « super policier Â» a des antĂ©cĂ©dents aujourd’hui documentĂ©s qui remettent en question ce choix. La première ombre au tableau vient de sa famille : son père, Javier Garcia Paniagua, a Ă©tĂ© le chef de la tristement cĂ©lèbre direction fĂ©dĂ©rale de la sĂ©curitĂ©, l’organe de rĂ©pression pendant la « guerre sale Â» des annĂ©es 1970.

Il est aussi le petit-fils de Marcelino Garcia Barragan, secrĂ©taire Ă  la dĂ©fense nationale dans le gouvernement de Gustavo Diaz Ordaz (1964-1970) et dĂ©signĂ© comme l’un des responsables du massacre de Tlatelolco, le 2 octobre 1968, oĂą au moins 300 Ă©tudiants ont Ă©tĂ© tuĂ©s.

« Il n’est bien sĂ»r pas responsable de ce passĂ© familial, relève Guadalupe Correa-Cabrera, professeure Ă  l’UniversitĂ© George Mason aux Etats-Unis et spĂ©cialiste du crime organisĂ©. Mais ce qui pose problème, c’est que ni lui ni Claudia Sheinbaum n’ont jamais critiquĂ© les actions de ces hommes, qui reprĂ©sentent les pires violations des droits humains de notre histoire contemporaine. Â»

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