LE MONDE 🔵 Après l’annonce de la dissolution, Emmanuel Macron arrive affaibli Ă  une sĂ©rie de rendez-vous internationaux – Shango Media
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LE MONDE 🔵 Après l’annonce de la dissolution, Emmanuel Macron arrive affaibli à une série de rendez-vous internationaux

Emmanuel Macron (Ă  droite) et le prĂ©sident allemand Frank-Walter Steinmeier, Ă  Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), le 10 juin 2024.

Comme si de rien n’était, en dĂ©pit du sĂ©isme politique. Au lendemain de la dissolution de l’AssemblĂ©e nationale, Emmanuel Macron s’est rendu Ă  Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), comme prĂ©vu de longue date avant la dĂ©bâcle du camp prĂ©sidentiel au scrutin europĂ©en. Dans ce village martyr de la seconde guerre mondiale, dont 643 habitants furent assassinĂ©s par les nazis voici quatre-vingts ans, le chef de l’Etat a retrouvĂ©, lundi 10 juin, le prĂ©sident allemand Frank-Walter Steinmeier, qui l’avait accueilli en visite d’Etat dans son pays, fin mai. Les deux hommes n’ont fait aucun commentaire sur la situation intĂ©rieure française, en dĂ©pit de l’onde de choc que le choix de la dissolution suscite Ă  l’étranger. Et de l’impact forcĂ©ment nĂ©gatif de cette dĂ©cision sur l’influence du chef de l’Etat sur la scène internationale, surtout en cas de victoire du Rassemblement national (RN) lors des lĂ©gislatives des 30 juin et 7 juillet.

Ce revers est d’autant plus retentissant qu’Emmanuel Macron a jouĂ© Ă  fond la carte europĂ©enne et internationale dans les derniers jours de la campagne. Après son voyage en Allemagne, oĂą il ne s’était pas privĂ© de mettre en garde contre le « vent mauvais Â» soufflant sur une Europe « mortelle Â», pour alerter sur la montĂ©e des extrĂŞmes, le locataire de l’ElysĂ©e a accueilli en Normandie les chefs d’Etat et de gouvernement invitĂ©s aux 80 ans du DĂ©barquement.

Les présidents ukrainien, Volodymyr Zelensky, et américain, Joe Biden, ont même été reçus à Paris dans la foulée, afin d’asseoir un peu plus le leadership européen que revendiquait jusqu’ici le chef de l’Etat. Une séquence mémorielle riche en discours qui n’a, à l’évidence, pas réussi à infléchir les choix des électeurs.

Dès cette semaine, l’ultime coup de poker du prĂ©sident français menace de peser sur son influence lors de ses engagements internationaux, notamment le sommet des dirigeants du G7, dans les Pouilles, en Italie, du 13 au 15 juin. Pour ne rien arranger, M. Macron y sera reçu par l’une des grandes gagnantes du scrutin europĂ©en, la prĂ©sidente du conseil italien, Giorgia Meloni, figure incontournable de l’extrĂŞme droite continentale, au point d’être devenue une sorte de rĂ©fĂ©rence pour Marine Le Pen et ses troupes, en dĂ©pit de leurs dĂ©saccords, en particulier sur l’Ukraine et la Russie.

Embarras au Quai d’Orsay

Si elle n’est pas remise en cause, la participation de M. Macron au sommet pour la paix organisĂ© par Kiev et la diplomatie suisse, le 15 juin, près de Lucerne, devrait ĂŞtre rapide, au retour du sommet du G7 italien. Le chef de l’Etat honorera aussi ses rendez-vous bruxellois, notamment le dĂ®ner du 17 juin avec les Vingt-Sept afin de discuter de l’impact des rĂ©sultats du scrutin europĂ©en sur le choix des prochains dirigeants des instances communautaires, prĂ©sidents de la Commission et du Conseil europĂ©en et haut reprĂ©sentant de l’UE. Après un nouveau conseil europĂ©en, les 27 et 28 juin, il devrait cependant renoncer Ă  un dĂ©placement au Maroc, dĂ©but juillet, censĂ© avoir lieu quelques jours avant le second tour des lĂ©gislatives.

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