LE MONDE 🔵 A NoumĂ©a, sur les barrages des citoyens loyalistes, « on a peur » – Shango Media
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LE MONDE 🔵 A Nouméa, sur les barrages des citoyens loyalistes, « on a peur »

Sur un barrage Ă©rigĂ© par les rĂ©sidents du quartier de la VallĂ©e-des-Colons, Ă  NoumĂ©a, le 28 mai 2024.

Ils ont installĂ© « un feu Â» ce mardi 28 mai, un brasero posĂ© sur la rue, car les nuits nĂ©o-calĂ©doniennes deviennent fraĂ®ches. Depuis le 15 mai, juste après l’éclatement de l’insurrection Ă  NoumĂ©a, ces voisins de la VallĂ©e-des-Colons, dans les quartiers sud, se relaient nuit et jour sur une petite barricade. Dans ce pĂ©rimètre oĂą petites propriĂ©tĂ©s et logements sociaux cohabitent, le grand lycĂ©e professionnel Do-Kamo tout proche, un Ă©tablissement protestant qui scolarise beaucoup de jeunes Kanak, a tenu. Comme le supermarchĂ© GĂ©ant, Ă©pargnĂ©.

« Au dĂ©but, le barrage Ă©tait juste filtrant. Mais on a vu beaucoup de gens encagoulĂ©s passer dans des voitures avec le drapeau kanak et on a bloquĂ© car il y a une rĂ©elle crainte ici Â», raconte Yohann, agent public local (il n’a pas souhaitĂ© donner son nom, comme les personnes citĂ©es par leur prĂ©nom). « L’objectif des autres Ă©tait de brĂ»ler le GĂ©ant Â», assure Yves, un retraitĂ©, pour qui « les cibles Ă©taient l’économie et le secteur de la santĂ© Â». Son cardiologue, illustre-t-il, « a tout perdu alors que 90 % de ses patients sont des MĂ©lanĂ©siens, et il va partir Ă  Tahiti Â».

Yves l’admet : « On a peur. Â» Il tente l’ironie : « Cela fait drĂ´le de se retrouver dans la situation de l’Afrique du Sud, avec ce racisme anti-Blanc très fort Â», qui s’exprime, selon lui, depuis deux semaines. Le retraitĂ© craint mĂŞme que l’insurrection nĂ©o-calĂ©donienne en cours ne marque les prĂ©mices d’une possible « opĂ©ration d’envergure, en fonction de ce que fait le prĂ©sident Macron maintenant, avec d’autres fronts qui pourraient s’ouvrir Ă  Tahiti, Paris, Marseille ou ailleurs Â» – une vision fantasmĂ©e d’une sociĂ©tĂ© française menacĂ©e de guerre civile et ethnique, loin de la rĂ©alitĂ© mĂ©tropolitaine.

« Effet dissuasif Â»

Alain, ancien salariĂ© de la SociĂ©tĂ© Le Nickel, un pilier de l’économie de la Nouvelle-CalĂ©donie, entreprise minière dont les fours menacent dĂ©sormais de s’arrĂŞter, craint l’effondrement. « Si les fours s’arrĂŞtent, des milliers de gens vont perdre d’un coup leur emploi et des tĂŞtes brĂ»lĂ©es vont passer Ă  l’action. On a l’impression que Tein [Christian Tein, le chef de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) indĂ©pendantiste] cherche Ă  tout dĂ©truire. Â» Une voisine qui arrive sur les lieux après son travail en cette fin d’après-midi indique que « 4 700 salariĂ©s dĂ©jĂ  ont perdu leur travail Â» sur ce territoire de 270 000 habitants.

Quand l’explosion violente de la nuit du 13 mai s’est produite dans l’agglomĂ©ration de NoumĂ©a, Harold Martin, figure loyaliste, a appelĂ© ses sympathisants Ă  rĂ©agir vite. « J’invite alors tout le monde Ă  faire des barrages, des barricades pour se protĂ©ger, assume-t-il. Il y a eu aussi un mouvement spontanĂ© des gens. Ils ont eu peur quand, la deuxième nuit, ils ont vu qu’étaient attaquĂ©s la zone commerciale de Ducos et le grand dock Normandie oĂą sont stockĂ©s la moitiĂ© des mĂ©dicaments de la Nouvelle-CalĂ©donie. Â»

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