LE MONDE 🔵 A Mayotte, sur les barrages, des habitants toujours dĂ©terminĂ©s : « A 18 heures, tout le monde pense Ă  rentrer chez soi Ă  cause des agressions » – Shango Media
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LE MONDE 🔵 A Mayotte, sur les barrages, des habitants toujours déterminés : « A 18 heures, tout le monde pense à rentrer chez soi à cause des agressions »

Le barrage de Passamainty, près de Mamoudzou, Ă  Mayotte, le 12 fĂ©vrier 2024.

Deux planches traversées par des grands clous et deux plots de chantier barrent efficacement la route communale de Passamainty, au sud de Mamoudzou. Protégés du soleil brûlant par leur chapeau kaki, deux membres du collectif Forces vives de Mayotte organisent le trafic avec un plaisir apparent. Pour asseoir son autorité, l’un d’eux ne se prive pas d’utiliser son sifflet.

Impossible de passer si l’on n’appartient pas Ă  un service de soins, de livraison, Ă  la police, aux pompiers. Des voyageurs qui arrivent de l’aĂ©roport sont contraints de faire rouler leurs volumineuses valises sur la chaussĂ©e. A Mayotte, oĂą le mouvement Forces vives bloque les routes depuis trois semaines pour protester contre l’insĂ©curitĂ© et le poids de l’immigration clandestine, le barrage de Passamainty est rangĂ© dans la catĂ©gorie « normal Â». Comprenez qu’il est filtrant. Dans l’ouest de l’île, celui de Chiconi est dĂ©crit comme une « montagne Â» d’arbres et de carcasses de voitures. Pas d’autre choix que d’opĂ©rer un demi-tour. Ailleurs, d’autres barrages sont contrĂ´lĂ©s par des manifestants plus intransigeants.

Les mesures annoncĂ©es, dimanche 11 fĂ©vrier lors d’un dĂ©placement sur l’île, par le ministre de l’intĂ©rieur et des outre-mer, GĂ©rald Darmanin, qu’il a qualifiĂ©es d’« extrĂŞmement fortes, nettes, radicales Â», avec la suppression du droit du sol Ă  Mayotte et la fin du titre de sĂ©jour territorialisĂ©, suffiront-elles Ă  lever les barrages ? Les leaders de Forces vives rĂ©pondent non, en expliquant attendre des engagements Ă©crits du gouvernement.

Ce courrier en forme de protocole d’accord devait leur ĂŞtre adressĂ© dans la soirĂ©e du mardi 13, par GĂ©rald Darmanin. En dĂ©placement, lundi, Ă  Rennes, le ministre a confirmĂ© que le projet de loi concernant Mayotte serait dĂ©posĂ© « avant l’étĂ© Â». Pour la rĂ©vision de la Constitution liĂ©e Ă  la suppression du droit du sol Ă  Mayotte, il a prĂ©cisĂ© que « nous avons plusieurs moments de rĂ©formes constitutionnelles possibles, (…) mais, lĂ , il appartient au prĂ©sident de la RĂ©publique de choisir son moment Â».

« On veut des actes Â»

Le collectif Forces vives a dĂ©cidĂ© de programmer un congrès mercredi 14 fĂ©vrier « pour rĂ©flĂ©chir et consulter la population Â». A Passamainty, des discussions passionnĂ©es, parfois agitĂ©es, indiquent que l’heure de la fin du conflit n’est pas encore venue. « Non, toutes ces annonces ne me calment pas, lance Marie (un prĂ©nom d’emprunt, car elle souhaite rester anonyme). Mayotte souffre et a Ă©tĂ© abandonnĂ©e. Nos maisons sont Ă©quipĂ©es de barreaux et de camĂ©ras Ă  cause de la violence et des vols. On veut des actes. Sinon, on va rester. On se mĂ©fie des Ă©crits qui sont des coquilles vides. Â»

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