LE FIGARO 🔵 «Je suis atterrĂ©e par cette occupation» : près de Nantes, des gens du voyage s’installent dans le parc d’un château – Shango Media
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LE FIGARO 🔵 «Je suis atterrée par cette occupation» : près de Nantes, des gens du voyage s’installent dans le parc d’un château

Les voyageurs ont déplacé des protections pour s’introduire sur ce terrain communal. La maire de Carquefou a porté plainte et s’inquiète d’autant plus que des spectacles de fin d’année y sont prochainement prévus.

Le Figaro Nantes

Depuis quelque temps, pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle arrivée illégale de caravanes ne vienne raviver l’exaspération de particuliers ou d’élus de la métropole nantaise. La dernière commune à en subir les frais est Carquefou, à dix kilomètres au nord-est du centre de Nantes. Dimanche dernier, une soixantaine de roulottes de gens du voyage se sont introduites dans le parc du château de la Fleuriaye, propriété de la ville, sous les yeux des autorités, en déplaçant des protections installées exprès pour les empêcher de rentrer. Les voyageurs ont annoncé rester là pour quinze jours.

«Au vu du nombre de caravanes, la police municipale et la gendarmerie, n’ont pas pu les empĂŞcher d’accĂ©der Ă  la clairière», regrette dans un communiquĂ© la municipalitĂ©. La maire, VĂ©ronique Dubettier-Grenier (divers droite), les avait immĂ©diatement alertĂ©s. «Je suis, comme de nombreux Carquefoliens, atterrĂ©e par cette occupation», dĂ©plore-t-elle. D’autant que, mi-juin, les spectacles de fĂŞtes de fin d’annĂ©e doivent se tenir sur cette clairière. «Nous sommes au cĹ“ur d’un quartier, d’une zone Ă©conomique, d’une zone d’habitat, Ă  fort enjeu environnemental», prĂ©cise-t-elle au Figaro. Aux alentours, se trouve notamment une salle festive qui accueille des mariages et fĂŞtes familiales. Le château, lui, est dĂ©diĂ© aux associations.

En 2020, le lieu avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© occupĂ© et conduisit Ă  l’annulation d’une messe en plein air organisĂ©e par la paroisse. Après cet Ă©vĂ©nement, «on a renforcĂ© les diffĂ©rents accès avec des systèmes anti-intrusion», se souvient la maire. Gueuses, blocs de pierre, portique de sĂ©curitĂ©… «sans compter le temps des agents» : en somme, des dizaines de milliers d’euros dĂ©boursĂ©s.

Impuissance de la préfecture

«Face Ă  cette situation, la Ville a immĂ©diatement dĂ©cidĂ© de porter plainte et de dĂ©clencher une procĂ©dure d’expulsion car ce terrain est occupĂ© de manière illĂ©gale, ce qui est inadmissible. Le juge rendra comme toujours un avis d’expulsion. Il appartiendra ensuite Ă  la prĂ©fecture de rĂ©agir», anticipe dĂ©jĂ  l’édile. «Si nous avons conscience que chaque commune doit participer Ă  l’accueil de gens du voyage, Carquefou n’a pas vocation Ă  accueillir autant de personnes, surtout de manière illicite». Dans le cadre de dĂ©veloppement du schĂ©ma de dĂ©ploiement des aires d’accueil, la maire dit avoir proposĂ© des terrains Ă  transformer. La mĂ©tropole, Ă  qui la compĂ©tence revient, serait en train d’étudier lequel est le plus appropriĂ©.

De son cĂ´tĂ©, la prĂ©fecture de Loire-Atlantique indique au Figaro qu’elle ne peut pas agir pour le moment. «Nantes MĂ©tropole n’Ă©tant pas conforme au schĂ©ma dĂ©partemental d’accueil et d’habitat des gens du voyage, la procĂ©dure d’Ă©vacuation administrative prĂ©vue Ă  l’article 9 de loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 n’est pas applicable aux communes de Nantes MĂ©tropole». En effet, d’après les services de l’État, «les groupes de grand passage sont accueillis sur les terrains mis en Ĺ“uvre par les intercommunalitĂ©s conformĂ©ment Ă  la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 relative Ă  l’accueil et Ă  l’habitat des gens du voyage. Le schĂ©ma dĂ©partemental prescrit la mise en Ĺ“uvre de deux terrains de grand passage sur Nantes MĂ©tropole». Une procĂ©dure d’expulsion juridictionnelle sera donc «mise en Ĺ“uvre par le prĂ©fet en cas de rĂ©quisition du juge». «À chaque fois, c’est la loi, le juge rend cet avis d’expulsion», soupire VĂ©ronique Dubettier-Grenier, qui connaĂ®t par cĹ“ur la procĂ©dure.

Mi-avril, alors qu’une occupation similaire s’était dĂ©roulĂ©e Ă  Orvault, sur le parking d’une salle communale, la prĂ©fecture avait indiquĂ© au Figaro que «Nantes MĂ©tropole compte une soixantaine de stationnements illicites de groupes de gens du voyage sur des terrains publics ou privĂ©s». Et prĂ©cisait qu’une identification des terrains Ă©tait en cours pour rĂ©guler cette problĂ©matique. L’aumĂ´nier diocĂ©sain des gens du voyage, Christophe SauvĂ©, s’Ă©tait Ă©mu de ces dĂ©placements successifs, reprĂ©sentant finalement un problème pour tout le monde. «Qu’est-ce qu’on propose aux familles Ă  part une procĂ©dure d’expulsion qui va aboutir Ă  une non-solution ?», avait dĂ©clarĂ© ce connaisseur, en assurant que «plus de 400 familles de gens du voyage sont en errance dans la mĂ©tropole».

Ă€ Carquefou, d’autres caravanes sont prĂ©sentes de manière illicite sur une zone industrielle mais leur prĂ©sence est «d’une moins grande importance. LĂ , 40 caravanes, c’est un rassemblement», conclut la maire de la commune.

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