LE FIGARO 🔵 «Ça a Ă©tĂ© une bulle d’air» : près de Lyon, la seule maison de rĂ©pit de France offre une parenthèse inĂ©dite aux aidants – Shango Media
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LE FIGARO 🔵 «Ça a Ă©tĂ© une bulle d’air» : près de Lyon, la seule maison de rĂ©pit de France offre une parenthèse inĂ©dite aux aidants

REPORTAGE – CrĂ©Ă©e en 2018, la Maison de rĂ©pit de Tassin-la-Demi-Lune accueille les aidants et les personnes aidĂ©es pour soulager un quotidien parfois lourd. D’ici 2025, une maison similaire ouvrira ses portes Ă  Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

Le Figaro Lyon

Porto attend dans l’entrĂ©e de la Maison de rĂ©pit de Tassin-la-Demi-Lune. Tour Ă  tour, soutien moral, aide pour dormir, ou simple prĂ©sence rĂ©confortante, le golden retriever est la mascotte de ce lieu unique en France. Un cadre d’exception dans un parc boisĂ© d’un hectare qui accueille les aidants et leurs proches malades ou handicapĂ©s. «Dans les situations difficiles, l’entourage vit aussi les Ă©preuves. Et les aidants sont bien souvent silencieux parce qu’ils se donnent pleinement Ă  la personne qu’ils aiment sans autre reconnaissance qu’un sourire ou un merci. Dans ce contexte, le rĂ©pit est un besoin que peu osent exprimer», explique Pascal Charmot, le maire de la commune qui accueille ce centre de repos près de Lyon.

La Maison de rĂ©pit a ouvert ses portes en 2018 en prĂ©sence de Brigitte Macron grâce au concours, entre-autres, des fondations France RĂ©pit, OVE, bioMerieux mais aussi des HĂ´pitaux de France. Sur place, 450 familles sont suivies et aidĂ©es lors de courts sĂ©jours pour se reposer, se ressourcer, ĂŞtre accompagnĂ©es et prĂ©parer un retour plus apaisĂ© chez eux. Najah, maman d’un garçon de bientĂ´t neuf ans atteint d’une maladie orpheline dont on ne compte que 30 cas dans le monde, est venue se reposer ce vendredi après-midi. «On a connu ce lieu via l’hĂ´pital Femme-Mère-Enfant de Bron. Quand on est venu ici pour la première fois, nous Ă©tions au bout du rouleau. Les gens ont peu conscience de la difficultĂ© d’avoir un enfant handicapĂ©. Peu de couples rĂ©sistent», confie-t-elle au Figaro. «Parfois les proches craques et on peut assister Ă  des formes de maltraitances liĂ©es Ă  l’épuisement des aidants», abonde Pascal Blanchard, vice-prĂ©sident de la mĂ©tropole de Lyon chargĂ© des SolidaritĂ©s.

9,3 millions d’aidants en France

Après un rendez-vous avec l’Ă©quipe mobile de la maison de repos qui comprend un mĂ©decin, une infirmière assistante sociale psychologue, Najah, son mari et leur fils ont Ă©tĂ© reçus Ă  Tassin. «Ça a Ă©tĂ© une bulle d’air de venir ici. Aujourd’hui, je viens pour avoir un vrai moment pour moi», poursuit la mère de famille venue pour un soin. Sur place, les aidants peuvent accĂ©der Ă  des sĂ©ances de kinĂ©, des soins ou juste se reposer.

La France compte 9,3 millions de personnes aidantes (165.000 sur le territoire de la mĂ©tropole de Lyon) dont 58% sont des femmes. 80% de ces aidants estiment ne pas ĂŞtre assez accompagnĂ©s et 85% ressentent des impacts physiques ou psychiques de leur rĂ´le d’aidant, qui dans 60% des cas se superpose Ă  leur activitĂ© professionnelle. Consciente de ces enjeux, la mĂ©tropole de Lyon a mis en place depuis plusieurs annĂ©es un «guichet unique» pour orienter les aidants vers plus de 300 services disponibles sur le territoire mĂ©tropolitain.

La maison de Répit de Tassin-la-Demi-Lune vue de l’extérieur.
Fondation OVE

La maison, dont la construction a coĂ»tĂ© 5,5 millions d’euros, comporte quinze chambres mĂ©dicalisĂ©es, dont une est toujours laissĂ©e libre pour les urgences. «Parfois les aidants craquent. Ici ils peuvent venir en quelques heures dĂ©poser la personne aidĂ©e quand le domicile ne tient plus», indique Henri de Rohan-Chabot, fondateur et dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de France RĂ©pit. La personne aidĂ©e est ainsi prise en charge par les Ă©quipes de la maison pendant que l’aidant peut passer une nuit de repos dans une autre chambre ou simplement rentrer chez lui. 28 salariĂ©s travaillent sur place accompagnĂ©s de 80 bĂ©nĂ©voles. L’an passĂ©, 900 sĂ©jours ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s.

Une maison de répit à Paris en 2025

Sur place, tout a Ă©tĂ© fait pour que le lieu ne ressemble pas Ă  un hĂ´pital classique. La dĂ©coration des espaces communs comme des chambres a Ă©tĂ© soignĂ©e et prend l’apparence de chambres d’hĂ´tel plutĂ´t que d’un lieu mĂ©dical. «Offrir un lieu de qualitĂ©, c’est aussi avoir de la considĂ©ration pour les personnes fragiles», assure Henri de Rohan-Chabot. Un public accueilli dont le reste Ă  charge est d’une vingtaine d’euros, souvent pris en charge par les mutuelles, pour une nuit et trois repas. La fondation OVE peut Ă©galement financer ce montant modique pour les familles qui ne peuvent se le permettre.

Un lieu similaire devrait voir le jour Ă  Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, d’ici fin 2025 soutenu par les HĂ´pitaux de Paris. La fondation France RĂ©pit souhaiterait crĂ©er Ă  l’avenir «au moins une maison dans chaque rĂ©gion» de France pour «que le pays rattrape son retard qu’elle a commencĂ© Ă  combler depuis seulement 2019», conclut son prĂ©sident. En octobre 2023, le gouvernement a annoncĂ© la crĂ©ation 6000 places «de rĂ©pit» supplĂ©mentaires pour garantir «15 jours par an pour souffler» aux aidants.

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