LE FIGARO 🔵 Assurance chĂ´mage : l’exĂ©cutif appelĂ© Ă  abandonner sa rĂ©forme – Shango Media
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LE FIGARO 🔵 Assurance chômage : l’exécutif appelé à abandonner sa réforme

«Il appartiendra au prĂ©sident de la RĂ©publique, au premier ministre et Ă  la ministre en charge de voir si les conditions sont rĂ©unies» a expliquĂ© Agnès Pannier-Runacher, ministre dĂ©lĂ©guĂ©e auprès du ministre de l’Agriculture.

La nouvelle rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage, victime collatĂ©rale de la dissolution? L’exĂ©cutif, tentĂ© d’Ă©viter les sujets qui fâchent avant les Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es, est pressĂ© de lever le voile sur ses intentions par les syndicats qui redoutent un «passage en force». Le grand flou. Depuis l’annonce surprise de la dissolution, les rares membres du gouvernement Ă  s’exprimer dans les mĂ©dias restent prudents sur l’avenir d’une rĂ©forme politiquement inflammable et renvoient la dĂ©cision finale au duo Emmanuel Macron-Gabriel Attal. «C’est le prĂ©sident de la RĂ©publique et le premier ministre qui dĂ©cideront», a dĂ©clarĂ© le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, mardi sur BFMTV/RMC.

«Nous faisons tout le travail de prĂ©paration et ensuite il appartiendra au prĂ©sident de la RĂ©publique, au Premier ministre et Ă  la ministre en charge de voir si les conditions sont rĂ©unies pour aller jusqu’au bout et ça sera Ă  eux de le dire dans les prochains jours», a expliquĂ© Agnès Pannier-Runacher, ministre dĂ©lĂ©guĂ© auprès du ministre de l’Agriculture, lundi sur BFM Business. Partisan du tour de vis, M. Le Maire a redit cependant ĂŞtre «favorable Ă  cette rĂ©forme».« Il faut inciter au retour au travail», selon lui. Quand? «Maintenant», a affirmĂ© le ministre des Finances. La dĂ©cision du prĂ©sident de la RĂ©publique n’est pas une remise en cause de ce qui a Ă©tĂ© fait et construit. «On a beaucoup de choses Ă  mettre Ă  notre actif, des rĂ©formes courageuses et on veut continuer» a mis en avant le Premier ministre Gabriel Attal devant les dĂ©putĂ©s Renaissance, mardi matin.

InterrogĂ© sur l’avenir de la rĂ©forme, le ministère du Travail reste Ă  ce stade silencieux. En mettant fin avec la dissolution aux travaux de l’AssemblĂ©e, l’exĂ©cutif s’est Ă©pargnĂ© l’examen le 13 juin au Palais Bourbon d’une proposition de loi contre la rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage qui aurait dĂ» rassembler une bonne part des oppositions. La nouvelle rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage, appelĂ©e Ă  entrer en vigueur le 1er dĂ©cembre, comprend notamment une durĂ©e d’indemnisation rĂ©duite de 18 Ă  15 mois, et la nĂ©cessitĂ© d’avoir travaillĂ© huit mois sur les 20 derniers mois pour ĂŞtre indemnisĂ© (contre six mois au cours des 24 derniers mois actuellement).

Les nouvelles règles doivent impĂ©rativement passer par la publication du dĂ©cret avant le 1er juillet. Sans nouveau dĂ©cret Ă  cette date, quel qu’en soit son contenu, plus aucune règle n’encadrerait l’indemnisation des chĂ´meurs. Ă€ ce stade, le projet portĂ© par le gouvernement est examinĂ© par le Conseil d’État. Il est en outre toujours au menu de la commission consultative de la nĂ©gociation collective, qui doit se rĂ©unir mercredi, selon une source syndicale. «Le passage au Conseil d’État est en cours, donc avant le 30 juin, avant les Ă©lections, ils ont le temps de passer leur dĂ©cret. Ce n’est pas une question de temps mais de dĂ©cision politique», observe Denis Gravouil, secrĂ©taire confĂ©dĂ©ral de la CGT, en charge de l’assurance-chĂ´mage.

«On n’a aucune information directement du ministère du Travail, qui ne nous rĂ©pond pas «mais» on a des infos d’autres canaux (…) qui nous disent que la rĂ©forme va suivre son cours, que le gouvernement a dĂ©cidĂ© de passer en force», poursuit-il. «La situation est unique car ce dĂ©cret n’aurait probablement pas pu passer grâce Ă  la proposition de loi du groupe Liot, qui Ă©tait passĂ©e en commission. Emmanuel Macron va pouvoir faire passer une rĂ©forme que l’ensemble des syndicats et une majoritĂ© politique Ă  l’AssemblĂ©e Ă©taient prĂŞts Ă  bloquer», a observĂ© François Hommeril, prĂ©sident de la CFE-CGC, sur BFM Business, mardi. «Je demande au Premier ministre de respecter la dĂ©mocratie: si on a dissous l’AssemblĂ©e, on doit aussi dissoudre ces dĂ©crets qui faisaient dĂ©bat», a-t-il ajoutĂ©.

«Le gouvernement doit immĂ©diatement renoncer Ă  sa rĂ©forme de l’assurance chĂ´mage», ont demandĂ© CFDT, CGT, Unsa, FSU et Solidaires dans un communiquĂ© commun, lundi. RĂ©unies mardi après-midi au Conseil Ă©conomique social et environnemental (CESE), les huit organisations syndicales qui avaient constituĂ© le front commun contre la rĂ©forme des retraites en 2023 (CFDT, CGT, FO, CGE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) demanderont Ă  nouveau l’abandon de la rĂ©forme.

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