LE FIGARO 🔵 Affaire Epstein : Renaud Muselier enjoint à Jack Lang, son successeur à la tête de l’Institut du monde arabe, de démissionner

Rattrapé par ses liens avec le milliardaire américain accusé de crimes sexuels, l’ancien ministre de la Culture est dans le viseur du président de la région PACA, qui juge sa position «particulièrement nuisible pour l’institution» qu’il dirige.
La pression monte sur Jack Lang. Depuis la publication aux États-Unis d’un nouveau pan du dossier Jeffrey Epstein, criminel sexuel américain mort en 2019, dans lequel le nom de l’ancien ministre de la Culture est cité à des centaines de reprises -, les appels se multiplient pour réclamer le départ de l’octogénaire de la tête de l’Institut du monde arabe (IMA), qu’il préside depuis 2013. Alors que la fille de l’ex-socialiste, Caroline Lang, elle aussi éclaboussée par l’affaire, a démissionné de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma, après des révélations concernant la société «offshore» qu’elle a fondée en 2016 avec l’homme d’affaires américain, Jack Lang refuse, lui, de lui emboîter le pas.
«C’est une plaisanterie ?», a-t-il réagi mercredi matin sur RTL, assurant n’avoir pas songé une «seconde» à quitter son poste, malgré la révélation de liens personnels et financiers avec l’homme d’affaires. D’autant que rien ne l’y oblige : aucune charge ne pèse contre lui, et sa présence dans la nouvelle vague de documents n’implique de sa part aucun acte répréhensible. Une position jugée incompréhensible pour son prédécesseur à la tête de l’IMA, Renaud Muselier (2011-2012). Auprès du Parisien , l’actuel président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) estime que «la position de Jack Lang est particulièrement nuisible pour l’institution», l’«invitant donc à partir, plutôt qu’à être démissionné par la force».
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«La preuve qu’il y a un problème…»
Et l’ex-cadre LR d’enfoncer le clou : «Quand on a la carrière qui est la sienne, surtout à 86 ans, c’est bien de savoir partir, plutôt que de s’accrocher indéfiniment à quelque chose. Cela serait même raisonnable de sa part», maintient-il. Soulignant que Caroline Lang «a eu la décence de partir tout de suite des fonctions qu’elle occupait. C’est bien la preuve qu’il y a un problème». Pour l’instant, Jack Lang ne semble pas prêt à raccrocher les gants. «C’est un sujet qui n’a donné lieu à aucune judiciarisation et qui n’impacte absolument pas l’IMA au quotidien», assure à l’AFP un membre de son entourage, qui voit dans ces accusations la suite des «rumeurs» véhiculées «depuis quarante ans» autour des mœurs supposées de son patron.
