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FUTURA SCIENCES đŸ”” « Avec votre chien, il faut ĂȘtre juste et rĂ©aliste. Vous ne demanderiez pas Ă  un poisson rouge de grimper Ă  un arbre  »

Je me souviens de mon enfance. Autour de moi, les gens parlaient de « dresser » leur chien. Le terme me semblait dĂ©jĂ  d’une certaine violence. Depuis, les mentalitĂ©s ont Ă©voluĂ©. Il est dĂ©sormais majoritairement question d’« éduquer » son chien. J’ai moi-mĂȘme suivi, pendant des annĂ©es, des cours d’Ă©ducation canine avec mon croisĂ© Épagneul/Border Collie. Ce n’est pourtant qu’aujourd’hui que je note que le Larousse donne plusieurs dĂ©finitions du verbe. « Faire acquĂ©rir Ă  quelqu’un les usages de la sociĂ©té » semble plutĂŽt bien s’appliquer Ă  la situation. Mais pour Esprit Dog, la dĂ©finition qui pourrait convenir le mieux est la suivante : « Former quelqu’un en Ă©panouissant sa personnalitĂ©. »

Certes nos chiens Ă©voluent au quotidien dans un monde qui n’est pas conçu pour eux. Notre monde. Ils ont donc besoin d’« acquĂ©rir les usages de notre sociĂ©té ». Tony Sylvestre, le co-fondateur de l’entreprise, nous explique pourquoi il veut aller plus loin. Pour nous permettre de profiter pleinement du (toujours trop court) moment de vie que nous avons Ă  partager avec notre chien. Et pour cela, l’Ă©ducateur et comportementaliste certifiĂ© l’assure, il faut avant tout observer et comprendre.


Les Border Collie font partie de ces chiens dits non décisionnaires. Ils comprennent et analysent le monde à travers leur humain. © Julia Suhareva, Adobe Stock

Une éducation canine différente selon la race

Observer parce que la gĂ©nĂ©tique ne suffit pas Ă  dĂ©finir complĂštement un chien. Il y a certes ceux que Tony Sylvestre appelle les chiens dĂ©cisionnaires et les chiens non dĂ©cisionnaires. « Ils fonctionnent de maniĂšre diamĂ©tralement opposĂ©e. Les premiers ont plaisir Ă  obĂ©ir Ă  une demande de leur humain. Les seconds nous aiment tout autant, mais ils ont besoin d’autonomie. » Le Canine Brains Project dĂ©veloppĂ© par l’universitĂ© de Harvard (États-Unis) le confirme. Selon les races, les IRM font apparaĂźtre chez les chiens, des rĂ©gions cĂ©rĂ©brales plus ou moins dĂ©veloppĂ©es. D’autres chercheurs ont mis en Ă©vidence un rĂŽle de la gĂ©nĂ©tique.

« Vous avez peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  vu la scĂšne. Un humain rappelle son Malinois — la mĂȘme scĂšne peut aussi se jouer avec un Border Collie ou un Berger Australien, par exemple — et celui-ci arrĂȘte immĂ©diatement ce qu’il faisait pour revenir vers lui. Un Montagne des PyrĂ©nĂ©es — mais aussi un Kangal ou encore un Akita — va se comporter trĂšs diffĂ©remment. Au rappel, il va d’abord se demander pourquoi son humain lui demande de venir. Un temps d’analyse qu’il ne faut pas voir comme un dĂ©fi. Insister, s’Ă©nerver ne servira Ă  rien. Cela reviendrait Ă  demander Ă  un poisson rouge de grimper Ă  un arbre et Ă  le disputer parce qu’il n’y arrive pas. Rien de tel pour briser sa relation avec son chien et perdre sa confiance », nous explique le co-fondateur d’Esprit Dog.

Observer son chien pour mieux le comprendre

Toutefois, les chercheurs le soulignent aussi, la race ne fait pas tout. Une prĂ©disposition cĂ©rĂ©brale ou gĂ©nĂ©tique ne condamne pas un chien Ă  un comportement. Des Ă©tudes montrent que son Ăąge et l’environnement dans lequel il vit comptent aussi. MĂȘme s’il reste encore aux scientifiques beaucoup Ă  apprendre sur ce qui influe le plus sur la personnalitĂ© de nos chiens.

Et c’est pourquoi Tony Sylvestre et son Ă©quipe ont dĂ©veloppĂ© une sĂ©rie de vidĂ©os d’Ă©ducation canine en ligne. Pour nous aider Ă  observer nos chiens afin de mieux les comprendre. « Observer son chien, c’est par exemple capter ce qui lui plaĂźt vraiment. Ce dont il a besoin pour avancer. Une friandise, un jouet, une caresse, un plongeon dans la riviĂšre. Tout dĂ©pend du chien. Et mĂȘme parfois de la situation. Mais observer son chien, c’est aussi comprendre le pourquoi de ses rĂ©actions. » Un chien, en effet, peut aboyer parce qu’il s’ennuie, parce qu’il a peur, parce qu’il est surexcitĂ©. Vouloir traiter sa rĂ©action sans en comprendre la cause, c’est peine perdue.

À chaque chien sa personnalitĂ© propre

C’est lĂ  qu’il peut ĂȘtre utile de s’intĂ©resser Ă  la notion d’homĂ©ostasie. Pour les scientifiques, elle dĂ©signe la capacitĂ© d’un organisme Ă  maintenir l’Ă©quilibre de ses paramĂštres physiologiques malgrĂ© les variations de son environnement. Elle intervient par exemple, lorsque notre corps se maintient Ă  37 Â°C alors qu’il fait Ă  peine 5 Â°C dehors. Mais revenons Ă  notre chien. Lorsqu’il se dĂ©chaĂźne parce qu’il a vu un autre chien de l’autre cĂŽtĂ© de la route, il ne nous entend plus. Son seuil d’homĂ©ostasie est dĂ©passĂ©. Son organisme est submergĂ© par les stimulations et les Ă©motions. Il perd le contrĂŽle. Hurler Ă  notre tour n’y changera rien. Cela n’arrivera pas Ă  un chien auquel on a au prĂ©alable appris la frustration — ça se joue du cĂŽtĂ© de la gĂ©nĂ©tique et surtout dans les toutes premiĂšres semaines de la vie du chiot, auprĂšs de sa mĂšre. Cela n’arrivera pas non plus si vous avez anticipĂ© et que vous avez agi avant que le seuil de rupture soit atteint. Alors que votre chien Ă©tait encore en mesure de comprendre. Les chercheurs estiment qu’une homĂ©ostasie non rĂ©tablie rapidement peut mener Ă  un Ă©puisement biologique. Plus communĂ©ment, un dĂ©passement de seuil correspond toujours pour votre chien Ă  une situation hautement inconfortable. Et donc, Ă©videmment, non souhaitable.

Observer son chien, c’est aussi percevoir les traits de sa personnalitĂ©. Un chien qui n’apprĂ©cie pas qu’un Ă©tranger le caresse dans la rue est un chien timide. « Ce n’est pas grave. Il faut juste comprendre qu’il ne veut pas qu’on l’embĂȘte. Surtout, il ne faut pas forcer les contacts. Pas mĂȘme Ă  grand renfort de friandises. Parce qu’il ne s’y habituera pas. Et le risque, c’est de transformer un chien seulement timide en un chien craintif. En d’autres mots, en un chien dont la qualitĂ© de vie est dĂ©gradĂ©e. » Le conseil de Tony Sylvestre pour une relation Ă©panouie, c’est de respecter le caractĂšre de son chien.


Les Rottweiler — comme les American Staffordshire — sont parmi les races de chiens dites hybrides. Ni tout Ă  fait dĂ©cisionnaires, ni tout Ă  fait non dĂ©cisionnaires. © Artframe, Adobe Stock

Éduquer en Ă©panouissant la personnalitĂ© de son chien

Dans cette sociĂ©tĂ© qui n’est pas conçue pour lui, donc, notre rĂŽle d’humain devrait ĂȘtre d’Ă©duquer notre chien. De lui montrer sa place. Et bel et bien de le « former en Ă©panouissant sa personnalité ». De maniĂšre juste et rĂ©aliste pour lui. C’est tout l’objectif des vidĂ©os d’Ă©ducation canine en ligne proposĂ©es par Esprit Dog.

Un chien qui bave devant sa nourriture ne peut pas se contrĂŽler. Le disputer pour ça n’a aucun sens. Disputer un Patou qui refuserait de s’assoir, de se coucher, puis de s’assoir de nouveau n’aurait pas plus de sens. Comme tout chien dĂ©cisionnaire qui se respecte, le Montagne des PyrĂ©nĂ©es ne peut pas comprendre cet enchaĂźnement d’ordres. Il ne peut que penser que son humain devient fou. Et chercher par tous les moyens une porte de sortie. « Un Malinois fera l’exercice dix de fois de suite. Vingt fois si vous le voulez. Parce que ce qui lui importe, c’est de vous satisfaire. Mais en tant que chien non dĂ©cisionnaire, il a besoin d’ĂȘtre beaucoup plus guidĂ©. Si vous ne lui expliquez pas le monde, il risque de se sentir contraint Ă  prendre des dĂ©cisions seul. Et ce n’est pas son fort. Alors il va forcĂ©ment prendre les mauvaises dĂ©cisions. DĂ©velopper des troubles du comportement parce qu’il pense qu’il doit vous protĂ©ger ou se protĂ©ger. Ça n’arrive pas Ă  un Malinois Ă  qui on a montrĂ© les choses et qui a compris sa place. Si un jour il devait ĂȘtre amenĂ© Ă  prendre malgrĂ© tout une dĂ©cision par lui-mĂȘme, il sera capable de faire le bon choix. »

Pour en savoir plus sur la mĂ©thode d’apprentissage de Tony Sylvestre, rendez-vous sur ses rĂ©seaux sociaux

Sujet réalisé en partenariat avec Esprit Dog

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