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FRANCE INFO đŸ”” Un sondage trĂšs critiquĂ© sur l’antisĂ©mitisme dans les universitĂ©s finalement abandonnĂ©

L’enquĂȘte contestĂ©e du Cevipov avait suscitĂ© un fort Ă©moi dans la communautĂ© acadĂ©mique.

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FRANCE INFO đŸ”” Un sondage trĂšs critiquĂ© sur l’antisĂ©mitisme dans les universitĂ©s finalement abandonnĂ©

L’Institut d’Ă©tudes politiques de Paris, ou Sciences Po Paris, le 16 novembre 2025. (PIERRE LARRIEU / HANS LUCAS / AFP)

Il a finalement Ă©tĂ© retirĂ©. Un sondage sur l’antisĂ©mitisme Ă  l’universitĂ© commandĂ© par le ministĂšre de l’Enseignement supĂ©rieur, dont la mĂ©thodologie a Ă©tĂ© contestĂ©e et qui a suscitĂ© un fort Ă©moi dans la communautĂ© acadĂ©mique, a Ă©tĂ© abandonnĂ©, a fait savoir mardi 2 dĂ©cembre le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). « Les conditions de sĂ©rĂ©nitĂ© et donc de participation suffisante n’Ă©tant plus rĂ©unies malgrĂ© l’importance du sujet, le Cevipof et l’Ifop ont dĂ©cidĂ© d’interrompre l’enquĂȘte dans sa forme initiale aprĂšs en avoir informĂ© le ministĂšre », a affirmĂ© Ă  l’AFP Sciences Po.

« Il a Ă©tĂ© convenu de mettre un terme Ă  l’enquĂȘte », peut-on lire lorsque l’on clique sur le lien du sondage Ifop. Cette Ă©tude s’inscrivait « dans un travail confiĂ© par le ministĂšre de l’Enseignement supĂ©rieur aux Ă©quipes de recherche impliquĂ©es, visant Ă  mieux documenter les expĂ©riences et perceptions des personnels sur les actes antisĂ©mites dans l’enseignement supĂ©rieur », ajoute le message.

Vendredi, la FSU, la Ligue des droits de l’homme et six enseignants-chercheurs ont dĂ©posĂ© un recours en urgence devant le Conseil d’Etat, lui demandant d’imposer au ministĂšre de prendre des mesures « permettant d’interrompre (
) la rĂ©alisation des opĂ©rations de sondage », selon un recours consultĂ© par l’AFP et dĂ©voilĂ© par Le Monde et Mediapart. « Le lien est dĂ©sactivĂ© mais il n’y a pas d’annonce formelle du ministre comme quoi il a abandonnĂ© le recours au questionnaire », a pointĂ© Me Marion Ogier, avocate des requĂ©rants, soulignant aussi « le sort des donnĂ©es dĂ©jĂ  collectĂ©es, qui permettent d’identifier ceux qui ont rĂ©pondu et leurs opinons politiques et religieuses ».

Le ministĂšre avait mandatĂ© une Ă©quipe du Cevipof pour bĂątir une enquĂȘte sur l’antisĂ©mitisme dans le monde universitaire, avec « l’expertise de la communautĂ© scientifique, afin de qualifier, quantifier et analyser ce phĂ©nomĂšne avec la rigueur nĂ©cessaire ». Dans un courrier du 18 novembre, il demandait aux prĂ©sidents d’universitĂ©s de diffuser le questionnaire Ă  « l’ensemble de [leurs] personnels », ce que de nombreux prĂ©sidents d’universitĂ©s ont refusĂ© de faire. L’enquĂȘte « pose un certain nombre de problĂšmes dans sa conception et les questions posĂ©es, ce qui explique l’Ă©moi considĂ©rable qu’elle a suscitĂ© dans la communautĂ© universitaire », avait rĂ©pondu au ministĂšre l’association France UniversitĂ©s.

Face aux critiques, le Cevipof, qui a fait appel Ă  l’institut de sondage Ifop, avait dĂ©fendu sa mĂ©thodologie et assurĂ© que « toutes les garanties » avaient Ă©tĂ© mises en place « pour prĂ©server l’anonymat des rĂ©pondants ». Le sondage de 44 pages, auto-administrĂ© en ligne, demandait par exemple de classer de « tout Ă  fait vraie » Ă  « tout Ă  fait fausse » certaines « opinions que l’on entend parfois Ă  propos des juifs« , comme « globalement, les juifs sont plus riches que la moyenne des Français ». Les rĂ©pondants devaient aussi prĂ©ciser Ăąge, genre, rĂ©gion ou type d’Ă©tablissement, leurs fonctions et se classer sur le spectre politique.

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