FRANCE INFO 🔵 REPORTAGE. « Ce n’est rien d’autre qu’un putsch » : au SĂ©nĂ©gal, habitants et opposants refusent de laisser Macky Sall reporter l’Ă©lection prĂ©sidentielle – Shango Media
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FRANCE INFO 🔵 REPORTAGE. « Ce n’est rien d’autre qu’un putsch » : au SĂ©nĂ©gal, habitants et opposants refusent de laisser Macky Sall reporter l’Ă©lection prĂ©sidentielle

La pression de l’opinion publique sĂ©nĂ©galaise peut-elle vraiment faire reculer le chef de l’État ? L’opposition et la sociĂ©tĂ© civile appellent Ă  une nouvelle manifestation mardi, une marche silencieuse contre Macky Sall. Mais le pouvoir n’entend pas revenir sur le report de l’élection.

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Le marché de Colobane à Dakar, en février 2024, alors que le Sénégal est secoué par des manifestations contre le président Macky Sall. (WILLIAM DE LESSEUX / RADIOFRANCE)

Des vĂŞtements de seconde main agitĂ©s par des dizaines de vendeurs bousculĂ©s par les cars rapides orange et bleu : la place du marchĂ© de Colobane, Ă  Dakar au SĂ©negal, est aussi un lieu pour parler politique. Le sujet actuel : participer ou pas aux manifestations contre le pouvoir en place, après le report de l’Ă©lection prĂ©sidentielle et la prolongation du mandat du prĂ©sident Macky Sall. La prochaine a lieu mardi 13 fĂ©vrier mais la prĂ©cĂ©dente journĂ©e de mobilisation, vendredi dernier, est encore dans toutes les tĂŞtes. Tous les dĂ©filĂ©s ont Ă©tĂ© dispersĂ©s, rĂ©primĂ©s parfois dans le sang. Trois jeunes sont morts dont deux par balles. 

Pour un jeune SĂ©nĂ©galais, c’est pourtant « la solution pour sortir de ce gouffre. Nous, la jeunesse, on prĂ´ne le changement ». Mais Guy Roger Kaly ne croit pas Ă  la portĂ©e de ces mobilisations : selon lui, Macky Sall restera au pouvoir. « Il a longtemps tentĂ© ce genre de choses. Et aujourd’hui, je pense qu’il a rĂ©ussi parce que, quand il campe sur une position, il ne bouge pas », constate-t-il rĂ©signĂ©. « Pour moi, il n’a pas gagnĂ©, contredit Cherif Malayni Sagna. Il y a des tensions et le peuple n’a pas besoin de ça. On est dans une situation très compliquĂ©e. Il faut voir comment les gens se dĂ©brouillent. Il n’y a rien ! ». Cherif Malayni Sagna demande au prĂ©sident d’entendre la colère qui s’exprime dans la rue. « Quand on repousse l’élection, qu’est-ce que ça va crĂ©er demain ? », interroge-t-il. 

L’opposition s’organise pour mobiliser davantage. Dans le parti de l’opposant Ousmane Sonko, toujours emprisonnĂ©, El Malick Ndiaye assure que la rue sera l’un des moyens de faire reculer le prĂ©sident Macky Sall.

 Â«Â Il est complètement esseulĂ© sur le plan international, comme sur le plan national. »

El Malick Ndiaye, secrétaire national à la communication de PASTEF Les Patriotes

Ă  franceinfo

« Il est lâché par toutes les organisations religieuses, syndicales, de la société civile, la communauté internationale, la CDAO… Ce n’est rien d’autre qu’un putsch. Il est seul dans son monde à lui », martèle El Malick Ndiaye.
 
Les dernières manifestations ont été interdites. Le ministre porte-parole du gouvernement Abdou Karim Fofana appelle plutôt à participer au dialogue national voulu par le président. « Il nous faut s’asseoir, discuter et le président de la République a fait cet appel pour l’apaisement, l’inclusivité, la transparence des élections ». Sous la pression de la communauté internationale, le pouvoir joue la montre et multiplie les mains tendues ces derniers jours. Loin d’être convaincues, l’opposition et la société civile maintiennent leur appel à manifester.

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