FRANCE INFO 🔵 Plus d’un Français interrogé sur trois juge acceptable le recours à la torture, selon un sondage
L’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture évoque « une banalisation inquiétante » de ces pratiques dans l’opinion.
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Un nombre croissant de Français (38%) sondés juge acceptable le recours à la torture dans certains cas exceptionnels, révèle un sondage Ifop pour l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat), jeudi 5 février. Celle-ci évoque une « banalisation inquiétante », ce chiffre étant en légère hausse depuis dix ans. Ils étaient 36% en 2016, selon un sondage mené après la vague d’attentats de 2015, contre 25% en 2000. « Cette évolution traduit un basculement des mentalités, alimenté par des peurs collectives et une instrumentalisation de la sécurité nationale », souligne Luc Bellière, président d’Acat-France, dans un communiqué.
Le sondage note un « clivage politique » très marqué quant à l’acceptation de la torture : « 77% des sympathisants de gauche la jugent toujours inacceptable, contre seulement 38% des sympathisants RN-Reconquête ». Selon cette étude, « la tolérance à la torture repose en partie sur une croyance persistante en son efficacité pour obtenir des aveux, des informations ou prévenir le terrorisme ».
Pour un Français sondé sur deux, la torture « est efficace » pour empêcher un acte terroriste. Ils sont 57% à penser qu’elle « permet d’obtenir des aveux » et 46% des « informations fiables », bien que des « études empiriques » ont démontré l’inverse, ajoute ce sondage. Près de six personnes interrogées sur dix (59%) estiment par exemple « justifié dans certains cas » qu’un policier envoie des décharges électriques à une personne soupçonnée d’avoir posé une bombe prête à exploser, alors qu’elles sont 92% à reconnaître ce procédé comme un acte de torture.
Par ailleurs, près d’un Français sur deux (49%) considère que des actes de torture ont été pratiqués par les forces de l’ordre en France, un chiffre en baisse : ils étaient 57% en avril 2016, et 76% en septembre 2000.
L’enquête a été menée via un questionnaire en ligne du 26 novembre au 1er décembre dernier, sur un échantillon représentatif de 1 502 personnes âgées de 18 ans et plus.
