FRANCE INFO 🔵 LĂ©gislatives 2024 : cheminot, agricultrice, Ă©ditorialiste, militant antifasciste… Voici neuf dĂ©putĂ©s aux profils peu communs qui entrent Ă  l’AssemblĂ©e nationale – Shango Media
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FRANCE INFO 🔵 LĂ©gislatives 2024 : cheminot, agricultrice, Ă©ditorialiste, militant antifasciste… Voici neuf dĂ©putĂ©s aux profils peu communs qui entrent Ă  l’AssemblĂ©e nationale

De nombreux sortants, et quelques nouveaux visages. Une partie des 577 dĂ©putĂ©s composant la nouvelle AssemblĂ©e nationale a fait sa rentrĂ©e, lundi 8 et mardi 9 juillet, en attendant la première sĂ©ance plĂ©nière, le 18 juillet. Parmi eux, de nombreux sortants, que le grand public a appris Ă  connaĂ®tre, mais aussi 155 dĂ©putĂ©s nouvellement Ă©lus . Dans ce contingent Ă©clectique, on trouve un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique, mais aussi des profils plus rares dans les rangs des dĂ©putĂ©s, qui ont Ă©mergĂ© Ă  l’issue d’une campagne Ă©clair. Parmi elles, un cheminot, un ex-patron de bar, une agricultrice ou un fils de dĂ©putĂ©. Franceinfo vous les prĂ©sente.

1 BĂ©ranger Cernon, cheminot, Ă©lu en Essonne

Béranger Cernon lors d'un rassemblement syndical contre la réforme des retraites, le 19 janvier 2023, à la gare de Lyon à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Une belle prise pour le Nouveau Front populaire. Tenue par Nicolas Dupont-Aignan depuis 1997, la 8e circonscription de l’Essonne a Ă©tĂ© ravie par BĂ©renger Cernon Ă  la faveur d’une triangulaire (40,52%, contre 37,48% pour le dĂ©putĂ© sortant). « On l’a fait ! Un cheminot Ă  l’AssemblĂ©e nationale » , s’est fĂ©licitĂ© sur X ce conducteur de train sur le RER D.

EncartĂ© Ă  La France insoumise et responsable syndical au sein de la CGT-Cheminots, BĂ©renger Cernon s’est fait connaĂ®tre pour son engagement contre la rĂ©forme des retraites et son opposition Ă  l’ouverture Ă  la concurrence du transport ferroviaire. RaillĂ© sur ce point par son opposant Les RĂ©publicains François Durovray pendant la campagne, BĂ©renger Cernon s’Ă©tait fĂ©licitĂ© dans Le Parisien de ne pas ĂŞtre comme ses concurrents, « deux professionnels de la politique en costume ».

S’il s’agit de son premier mandat de dĂ©putĂ©, le cheminot n’est pas un nĂ©ophyte complet de la politique. Depuis un an, il est aussi conseiller municipal d’opposition Ă  Yerres (Essonne), le fief de Nicolas-Dupont-Aignan. Il figurait Ă©galement en 22e position sur la liste de LFI aux Ă©lections europĂ©ennes, et n’avait pas Ă©tĂ© Ă©lu.

2Guillaume Bigot, Ă©ditorialiste sur CNews, Ă©lu dans le Territoire de Belfort

Guillaume Bigot au soir de son Ă©lection, le 7 juillet 2024, Ă  Belfort (Territoire de Belfort). (MICHAEL DESPREZ / L'EST REPUBLICAIN / MAXPPP)

Il est plus connu du grand public pour commenter les Ă©lections que pour s’y prĂ©senter. Guillaume Bigot, Ă©ditorialiste sur la chaĂ®ne CNews, a Ă©tĂ© Ă©lu dĂ©putĂ© de la 2e circonscription du Territoire de Belfort sous l’Ă©tiquette du Rassemblement national, avec seulement 337 voix d’avance (50,59%) sur son concurrent Florian Chauche, du Nouveau Front populaire (49,41%). Il est le seul, parmi les trois chroniqueurs de la chaĂ®ne investis par l’extrĂŞme droite, Ă  l’avoir emportĂ©, souligne 20 minutes.

AgĂ© de 54 ans, Guillaume Bigot est nĂ© Ă  Paris et a peu de liens avec ce territoire. Si bien qu’il a manifestĂ© quelques difficultĂ©s Ă  citer dix communes du dĂ©partement lors d’un dĂ©bat avec ses rivaux sur France 3 et France Bleu. « Cela n’aura pas de consĂ©quence » sur le choix des Ă©lecteurs, prĂ©disait le dĂ©lĂ©guĂ© dĂ©partemental RN du Territoire de Belfort, Christophe Soustelle, sur la chaĂ®ne rĂ©gionale. « Guillaume Bigot permettra d’apporter une Ă©paisseur intellectuelle au RN dans notre territoire« , ajoutait-il, en rĂ©fĂ©rence aux essais politiques signĂ©s par ce diplĂ´mĂ© de Sciences Po Paris.

Le nouvel Ă©lu a nĂ©anmoins Ă©tĂ© pointĂ© du doigt, durant la campagne, pour des propos sexistes, climatosceptiques, anti-musulmans tenus par le passĂ©, ainsi que pour des dĂ©clarations hasardeuses. En 2021, il avait par exemple suscitĂ© l’ire de la PrincipautĂ© de Monaco en affirmant, en pleine crise du Covid-19, que « tous les patients de Monaco, [allaient] dans les deux hĂ´pitaux de Nice ». L’Ă©ditorialiste s’Ă©tait finalement excusĂ©, concĂ©dant sur X que ses « sources Ă©taient manifestement mal renseignĂ©es ». Alors que le RN est rĂ©gulièrement pointĂ© du doigt pour ses accointances avec le pouvoir russe, son nouveau dĂ©putĂ© tenait sur CNews, dans les premiers jours de la guerre en Ukraine, des propos conciliants au sujet de Vladimir Poutine, estimant qu’il avait « refait de la Russie une puissance respectĂ©e »  et que la France devait, plutĂ´t que d’aider l’Ukraine, « laisser le fruit pourrir tout seul ».

3Zahia Hamdane, travailleuse sociale, Ă©lue dans la Somme

Zahia Hamdane en marge d'un débat dans l'entre-deux-tours des précédentes élections législatives, à Amiens (Somme), le 15 juin 2022. (MANON CRUZ / LE COURRIER PICARD / MAXPPP)

« Vous venez d’Ă©lire l’une des vĂ´tres » , s’est rĂ©jouie l’insoumise Zahia Hamdane sur X en annonçant sa victoire, dimanche, dans la 2e circonscription de la Somme, voisine de celle de François Ruffin. Cette travailleuse sociale, investie par le Nouveau Front populaire,  l’a emportĂ© de justesse (35,76% des voix), dans une triangulaire face au RN et au camp prĂ©sidentiel. DĂ©jĂ  investie par la Nupes en 2022, elle avait Ă©tĂ© battue par l’ex-ministre macroniste Barbara Pompili.

AgĂ©e de 59 ans, Zahia Hamdane connaĂ®t bien le territoire : originaire d’Amiens, elle y a exercĂ© le mĂ©tier d’éducatrice spĂ©cialisĂ©e pendant plus de treize ans. Aujourd’hui directrice d’un Ă©tablissement de protection de l’enfance, la dĂ©putĂ©e milite pour la gauche depuis des annĂ©es, sans d’abord s’encarter. Dans les colonnes du Courrier Picard , elle assurait que « les annĂ©es Hollande [l’avaient] fâchĂ©e avec la politique » . En 2016, elle s’engage finalement auprès de Jean-Luc MĂ©lenchon, arguant avoir trouvĂ© dans La France insoumise un cadre « laissant plus d’autonomie que d’autres partis ».

4Julien Gabarron, ex-gĂ©rant de bar, Ă©lu dans l’HĂ©rault

Julien Gabarron à son arrivée à l'Assemblée nationale après son élection, le 9 juillet 2024 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

Un pari loin d’ĂŞtre gagnĂ© d’avance. Sous les couleurs du RN, Julien Gabarron a nettement remportĂ© la 6e circonscription de l’HĂ©rault . Dans une triangulaire, il a rĂ©coltĂ© 47,26% des voix, loin devant la candidate du Nouveau Front populaire Magali Crozier (23,55%) et la dĂ©putĂ©e sortante Emmanuelle MĂ©nard (DVD, 29,19%). C’est la première fois que le RN prĂ©sentait un candidat contre cette dernière, Ă©pouse du maire de BĂ©ziers Robert MĂ©nard, et Ă©lue avec le soutien de l’extrĂŞme droite depuis 2017. Â«Â Je suis très heureux que le Biterrois m’ait accordĂ© sa confiance », a rĂ©agi Julien Gabarron auprès de France 3 Occitanie.

NĂ© Ă  Lille, le nouveau dĂ©putĂ© est installĂ© dans la rĂ©gion, dont ses parents sont originaires, depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000. En parallèle de la gestion d’une entreprise spĂ©cialisĂ©e dans l’accompagnement au dĂ©veloppement numĂ©rique des notaires, il a tenu un bar pendant près de dix ans Ă  BĂ©ziers, de 2010 Ă  2019. L’Ă©tablissement, situĂ© face aux arènes, Ă©tait frĂ©quentĂ© par des dĂ©fenseurs de la bouvine.

La politique fait partie intĂ©grante de sa vie depuis plusieurs dĂ©cennies : il n’a que 16 ans quand il rejoint l’UMP. « A l’arrivĂ©e de Jospin, mes valeurs Ă©taient Ă  droite. J’ai Ă©tĂ© militant jusqu’en 2010 » , a-t-il confiĂ© Ă  France Bleu HĂ©rault . Orphelin de Nicolas Sarkozy, il dit s’ĂŞtre tenu Ă©loignĂ© de la politique quelques annĂ©es avant d’y revenir, en 2019, par une autre porte : « J’ai trouvĂ©, au Rassemblement national, les valeurs politiques que je cherchais » , a-t-il expliquĂ© Ă  France 3 Occitanie .

5Raphaël Arnault, militant antifasciste fiché S, élu dans le Vaucluse

Raphaël Arnault lors de la campagne des élections législatives, le 18 juin 2024, à Avignon (Vaucluse). (JEREMY PAOLONI / AFP)

Dimanche, RaphaĂ«l Arnault a remportĂ© 54,98% des voix face Ă  la candidate RN sortante Catherine Jaouen (45,02%) dans la 1re circonscription du Vaucluse. « On a rĂ©ussi avec des positions fermes contre l’extrĂŞme droite », s’est fĂ©licitĂ© le candidat investi par La France insoumise pour le NFP. Une victoire symbolique pour le Lyonnais de 29 ans, qui a cofondĂ© en 2018 la Jeune Garde antifasciste, mouvement assumant une stratĂ©gie frontale contre l’ultradroite violente. En avril 2023, lors du mouvement contre la rĂ©forme des retraites, il dĂ©fendait ainsi sur X l’urgence « de s’organiser et de se dĂ©fendre face aux attaques de l’extrĂŞme droite. »

Durant la campagne, le militant est devenu une des principales cibles du RN. « Ce candidat fichĂ© S, dirigeant d’un groupuscule antisĂ©mite, ne doit pas entrer Ă  l’AssemblĂ©e nationale », a notamment Ă©crit Jordan Bardella sur X dans l’entre-deux-tours, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  l’inscription de RaphaĂ«l Arnault au registre policier recensant les individus potentiellement dangereux pour la sĂ©curitĂ© nationale, rĂ©vĂ©lĂ©e par plusieurs mĂ©dias. «  Sauf erreur de ma part, la fiche S n’est » ni « une condamnation », ni « une dĂ©cision » de justice, ni « une sanction », l’avait dĂ©fendu le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, sur BFMTV, affirmant  qu’il « y a des gens qui sont fichĂ©s S pour leurs engagements Ă©cologistes, syndicalistes. »

RaphaĂ«l Arnault a par ailleurs Ă©tĂ© condamnĂ© en fĂ©vrier 2022 Ă  quatre mois de prison avec sursis pour « violences en rĂ©union », et dit avoir fait appel. Il a Ă©galement Ă©tĂ©  entendu par la police pour « apologie du terrorisme » au sujet d’un tweet, depuis supprimĂ©, oĂą il affirmait, le 7 octobre, que « la rĂ©sistance palestinienne [avait] lancĂ© une offensive sans prĂ©cĂ©dent sur l’Etat colonial d’IsraĂ«l » .

L’annonce de s a candidature avait crĂ©Ă© des remous jusque dans les rangs de la gauche. Le premier secrĂ©taire du Parti socialiste, Olivier Faure, avait appelĂ© Ă  voter pour son concurrent dissident, Philippe Pascal, ex-LFI, Ă©galement soutenu par la maire PS d’Avignon, CĂ©cile Helle. RaphaĂ«l Arnault « symbolise une ultra-gauche radicale, violente dans laquelle je ne me reconnais pas », justifiait auprès de La Provence celle qui critiquait aussi le parachutage du militant lyonnais. DistancĂ© au premier tour, avec 18,27% des voix contre 24,76% pour RaphaĂ«l Arnault, Philippe Pascal s’Ă©tait finalement dĂ©sistĂ© et avait apportĂ© son soutien Ă  son rival face au RN, comme le reste de la gauche locale. Très attendu par les mĂ©dias au Palais-Bourbon, mardi, le jeune nouveau dĂ©putĂ© s’est engagĂ© Ă  « mettre en lumière tous les liens avec le Rassemblement national et les milices d’extrĂŞme droite.« 

6Nadine Lechon, agricultrice, Ă©lue en Dordogne

Le score pouvait difficilement ĂŞtre plus serrĂ© : l’une a rĂ©coltĂ© 50,09 % des voix, l’autre 49,91%. Dans la 1re circonscription de la Dordogne , seuls 92 bulletins sĂ©parent la nouvelle dĂ©putĂ©e du Rassemblement national, Nadine Lechon, de sa concurrente malheureuse, la dĂ©putĂ©e sortante du Nouveau Front populaire Pascale Martin.  

Originaire de Monestier (Dordogne), la nouvelle Ă©lue est encartĂ©e au Front national depuis 2006. Ancienne exploitante agricole avec son mari, elle a tenu quelques annĂ©es une boutique de prĂŞt-Ă -porter avant de retrouver l’agriculture, raconte-t-elle Ă  France Bleu PĂ©rigord . A 61 ans, Nadine Lechon travaille dĂ©sormais avec son mari et l’un de ses fils dans leur exploitation viticole, qui produit Ă©galement des kiwis.

Novice en politique, l’agricultrice confie Ă   Sud Ouest ĂŞtre « fière de porter les idĂ©es de Jordan Bardella » sur le territoire et veut « porter la parole de la ruralitĂ© oubliĂ©e » , elle dont le mari et le fils ont manifestĂ© Ă  Rungis lors du mouvement de colère des agriculteurs. Si elle n’habite pas dans la circonscription dont elle est Ă©lue (son exploitation se trouve dans la 2e circonscripton de Dordogne, dĂ©jĂ  tenue par le RN), elle promet qu’elle y installera sa permanence et qu’elle y sera prĂ©sente rĂ©gulièrement.

7 Corentin Le Fur, fils du dĂ©putĂ© sortant, Ă©lu dans les CĂ´tes d’Armor

Corentin Le Fur au lendemain de son Ă©lection, le 8 juillet 2024, Ă  Quintin (CĂ´tes-d'Armor). (VALENTIN BECHU / LE TELEGRAMME / MAXPPP)

La politique est pour lui une histoire de famille. La  3e circonscription des CĂ´tes d’Armor voit le prĂ©nom de son dĂ©putĂ© changer pour la première fois depuis 2002, mais ne va pas devoir mĂ©moriser un nouveau nom de famille. Le dĂ©putĂ© sortant, Marc Le Fur, cède la place Ă  son fils, Corentin Le Fur. Le nouveau dĂ©putĂ© LR (la mĂŞme Ă©tiquette que son père) a obtenu 67,97% de voix, battant ainsi largement sa concurrente RN Odile De Mellon (32,03%).  

L’Ă©lu de 34 ans a un temps quittĂ© sa Bretagne natale pour Paris, oĂą il Ă©tudie Ă  l’Ă©cole de commerce parisienne HEC et au Centre de formation des journalistes, avant de se lancer dans le conseil aux entreprises. Mais il s’inscrit rapidement dans les pas politiques de son père, Ă©lu dĂ©putĂ© de la circonscription bretonne pour la première fois en 1993. A partir de 2015, il est chargĂ© de mission puis conseiller du groupe LR Ă  l’AssemblĂ©e. En 2020, il devient en outre conseiller municipal Ă  Quintin (CĂ´tes-d’Armor).

Après 26 ans de mandat, quand Marc Le Fur renonce Ă  se reprĂ©senter du fait d’un cancer, l’ancien vice-prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale laisse la place Ă  son fils. « C’est une grande fiertĂ© pour lui et dans le combat qui est le sien, c’est une belle victoire qui va lui donner de la joie et beaucoup de moral » , s’est rĂ©joui Corentin Le Fur auprès de France Bleu Armorique au soir des rĂ©sultats.  

8Abdelkader Lahmar, enseignant et militant contre l’Ă©chec scolaire, Ă©lu dans le RhĂ´ne

Abdelkader Lahmar lors de la campagne pour les précédentes élections législatives, le 14 juin 2022, à Bron (Rhône). (MAXIME JEGAT / LE PROGRES / MAXPPP)

Il troque les bancs de l’Education nationale pour ceux du Palais-Bourbon. Enseignant depuis 28 ans dans le lycĂ©e professionnel Les Canuts Ă  Vaulx-en-Velin (RhĂ´ne), Abdelkader Lahmar a Ă©tĂ© largement Ă©lu dans la 7e circonscription du dĂ©partement, avec 50,04% des suffrages malgrĂ© une triangulaire. Le candidat investi dans le cadre du NFP par LFI, sans en ĂŞtre adhĂ©rent, s’est imposĂ© face au dĂ©putĂ© sortant de l’ancienne majoritĂ© prĂ©sidentielle, Alexandre Vincendet (30,01%), et au candidat du RN, CĂ©dric Pignal (19,87%).

Ce professeur d’Ă©conomie-gestion de 53 ans est le fils d’un ouvrier en imprimerie et d’une mère au foyer, qui s’est engagĂ© dans des associations et en politique après des Ă©meutes en 1990 dans son quartier de Vaulx-en-Velin, rappelle France 3 Auvergne-RhĂ´ne-Alpes. « Je serai le dĂ©putĂ© de tous les quartiers de France », a-t-il dĂ©clarĂ© au soir de sa victoire. « C’est parce que les combats qu’on mène Ă  Bron, Rillieux ou Vaulx-en-Velin », les trois communes de la banlieue lyonnaise qui composent sa circonscription, « sont les mĂŞmes qu’Ă  Paris ou Marseille ».

Comme enseignant, il a « vu l’Ă©chec scolaire, la misère et la prĂ©caritĂ© dans laquelle certains vivent » assurait Abdelkader Lahmar en juin auprès de Politis . « Cela fait 40 ans qu’on nous voit juste comme des bulletins de vote et des colleurs d’affiches », ajoutait-il au Progrès . « Alors, [j’ai pris] mes responsabilitĂ©s. »

9 Marie-José Allemand, éleveuse de brebis, élue dans les Hautes-Alpes

Marie-José Allemand vote pour le second tour des élections législatives, le 7 juillet 2024, à Gap (Hautes-Alpes). (THIBAUT DURAND / LE DAUPHINE / MAXPPP)

Les yeux Ă©taient plutĂ´t tournĂ©s vers son concurrent, JĂ©rĂ´me Sainte-Marie, sondeur et conseiller de Marine Le Pen. Finalement, c’est Marie-JosĂ© Allemand, investie par le Nouveau Front populaire, qui remporte la 1re circonscription des Hautes-Alpes avec 51,64% des voix face au candidat RN (48,36%). « Je suis tellement fière pour les Hautes-Alpes que nous soyons deux dĂ©putĂ©es, fĂ©minines qui plus est, modĂ©rĂ©es, qui avons Ă  coeur de reprĂ©senter notre dĂ©partement », s’est-elle rĂ©jouie, très Ă©mue, dimanche soir sur BFM DICI, en rĂ©fĂ©rence Ă  la victoire de ValĂ©rie Rossi, Ă©galement du NFP, dans l’autre circonscription du dĂ©partement.

Cette Ă©lection va la forcer Ă  s’Ă©loigner de son Ă©levage de brebis. « C’est un changement radical, mais on sait que ça va le faire », assure Marie-JosĂ© Allemand Ă  France 3 Provence-Alpes-CĂ´te d’azur. Â«Â On a la chance d’avoir dans notre dĂ©partement un service de remplacement efficace, sur lequel on sait que l’on peut compter »  pour faire tourner l’exploitation. Si elle n’avait jamais occupĂ© de mandat national, cette bergère est engagĂ©e en politique depuis 1991, pour lutter contre la fermeture d’une Ă©cole dans sa commune, et dirige le PS dans son dĂ©partement. De 2012 Ă  2017, elle a Ă©tĂ© attachĂ©e parlementaire de la socialiste Karine Berger, pĂ©riode durant laquelle elle s’est rapprochĂ©e du dĂ©putĂ© socialiste du Calvados Arthur Delaporte, qui loue auprès du DauphinĂ© LibĂ©rĂ© « son authenticitĂ©, sa sincĂ©ritĂ© mais aussi son franc-parler et le fait qu’elle soit tĂŞtue ». Un tempĂ©rament qui s’avèrera nĂ©cessaire dans cette nouvelle AssemblĂ©e, oĂą chaque voix comptera plus que jamais.

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