FRANCE INFO 🔵 Guerre en Ukraine : après quatre ans de combats, les civils résistent au froid et aux frappes

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Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, la population continue de subir les bombardements et les coupures d’électricité. À Kiev, le froid glacial s’ajoute à la peur et à la fatigue, tandis que les habitants se débrouillent pour survivre jour après jour.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Un drone kamikaze s’est Ă©crasĂ© en pleine nuit sur le toit d’un immeuble le 3 fĂ©vrier. Toutes les vitres du quartier ont Ă©tĂ© soufflĂ©es par la puissance de l’explosion. Au petit matin, les habitants, encore choquĂ©s, s’activent. Il faut calfeutrer les fenĂŞtres au plus vite avec des planches en bois, car dehors, les tempĂ©ratures sont glaciales. « Cette annĂ©e, il fait très froid, il fait moins 25 degrĂ©s. C’est bien pire que l’hiver dernier. Jusqu’ici, on avait rĂ©ussi Ă survivre, mais lĂ , c’est trop difficile » confie un habitant de Kiev.
Ă€ Kiev, des milliers d’habitants sont privĂ©s d’Ă©lectricitĂ© et de chauffage, car les Russes bombardent massivement les infrastructures Ă©nergĂ©tiques.
Déjà trois semaines que Mikola vit avec son petit-fils dans un appartement glacé. Les fenêtres sont recouvertes de givre. Impossible de dormir dans cette chambre. Alors désormais, toute la famille se couche à même le sol dans le couloir. « On a des tapis, on les déroule comme tous les soirs. On dort avec deux ou trois pulls, deux pantalons et on se serre les uns contre les autres, » explique Mikola.
Pour tenter de se rĂ©chauffer un peu, Mikola laisse allumer sa gazinière toute la journĂ©e. « Regardez la couleur des flammes. Certaines sont bleues, mais d’autres sont rouges. Ça signifie que ce n’est pas bon, c’est toxique, » raconte-t-il. Des conditions de vie difficiles Ă supporter pour son petit-fils de 6 ans : « Je m’inquiète tout le temps pour lui. Moi, je suis vieux, ce n’est pas grave, mais pour lui, c’est vraiment difficile. »
Des habitants frigorifiĂ©s se bousculent pour accĂ©der aux soupes populaires organisĂ©es partout dans la ville. Une fois servis, ils peuvent ensuite s’installer dans une tente chauffĂ©e grâce Ă des gĂ©nĂ©rateurs. Yuliia Dolotova vient ici tous les jours pour nourrir son bĂ©bĂ© : « Le plus dur, c’est que sans Ă©lectricitĂ©, je ne peux rien cuisiner aux enfants » confie la mère de famille.
Dans les mains du petit garçon, un tĂ©lĂ©phone. Ă€ peine un an et demi, il sait dĂ©jĂ sur quel bouton appuyer pour appeler son père, un soldat qui se bat sur le front depuis sa naissance. « Il essaye de l’appeler tous les jours, cent fois par jour. Quand mon mari est occupĂ© et que je raccroche le tĂ©lĂ©phone, regardez comment il crie. Je n’en peux plus » tĂ©moigne-t-elle.
Les habitants, épuisés, réclament aux États-Unis de faire pression pour que la Russie stoppe ses frappes sur les centrales électriques.
