FRANCE INFO 🔵 3000 personnes manifestent Ă Rennes pour dĂ©fendre « la qualitĂ© de l’eau, la santĂ© et la dĂ©mocratie »
« Eau secours ! » tel est le SOS des manifestants qui ont dĂ©filĂ©, ce samedi 10 janvier 2026 dans les rues de Rennes, pour dĂ©fendre l’eau. Des agriculteurs de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne, mais aussi des citoyens et des militants d’associations de dĂ©fense de l’environnement ont participĂ© Ă ce rassemblement.
« L’eau, c’est la vie ! Sauvons-la, pour nous, notre santĂ©, nos enfants, et les milieux naturels. » C’est avec ce slogan commun que de nombreuses associations ont appelĂ© au rassemblement ce samedi 10 janvier 2026 dans la capitale bretonne.
« Dans l’eau : des poissons mais pas des poisons ! » Un des slogans dĂ©fendus samedi 10 janvier 2026 dans les rues de Rennes.
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© S. Ruaux / France 3 Bretagne
RĂ©unis dans les rues de Rennes pour battre le pavĂ©, et dĂ©fendre ce bien si prĂ©cieux : des agriculteurs de la ConfĂ©dĂ©ration paysanne, mais aussi des membres et militants de Bretagne Vivante, le GAB-FRAB rĂ©seau des agriculteurs bio, ainsi que France Nature Environnement, le collectif de soutien aux victimes des pesticides, Eau et Rivières de Bretagne, le collectif sans pesticides, la MCE maison de la consommation et de l’environnement, l’UFC Que Choisir… Au total, ils Ă©taient une soixantaine Ă faire front commun, rejoints pas de « simples » citoyens pour qui l’heure est grave et le sujet de l’eau, largement concernant.
Pour Emmanuelle Deraeve, maraĂ®chère Ă Corps-Nuds au sud de Rennes, par exemple, il y a urgence : « Nous, on a besoin de l’eau, en tant que citoyens pour la boire, mais aussi en tant qu’agricultrice pour produire une alimentation saine et de qualitĂ© Ă la population. DĂ©jĂ que l’eau va devenir une denrĂ©e rare avec le changement climatique, si en plus elle est de mauvaise qualité… »
« Eau secours », c’est avec ce SOS revisitĂ© que les manifestants ont tentĂ© d’alerter sur la qualitĂ© de l’eau, samedi 10 janvier 2026 Ă Rennes.
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© S. Ruaux / France 3 Bretagne
Pancartes et jeux de mots en main, ils Ă©taient près de 3.000 Ă dĂ©filer pour la dĂ©fense de la qualitĂ© de l’eau et de la santĂ©, Ă l’image d’Arlette qui revendique fièrement ces mots : « On veut de l’eau pour nos marmots, sans polluants, Ă©videmment ! »
La Morbihannaise est venue spĂ©cialement Ă Rennes ce samedi pour dĂ©filer en tant que citoyenne, en colère : « L’eau c’est la vie, tout le monde en a besoin ! Les nappes phrĂ©atiques, il faut arrĂŞter de les polluer sinon on n’aura plus d’eau potable ! La planète crie, elle nous dit : « attendez, vous ĂŞtes en train de tuer cette pauvre Terre ! » et il y en a encore qui ne s’en rendent pas compte… »
« Je veux boire au robinet » interroge sur la qualitĂ© de l’eau en Bretagne et Pays de la Loire.
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© S. Ruaux / France 3 Bretagne
Tous ici soutiennent la révision du « SAGE Vilaine », le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de la Vilaine, qui est au cœur depuis des semaines de vives oppositions.
La surface du SAGE Vilaine est la plus grande de France avec plus de 11.000 km2. Ce territoire englobe six dĂ©partements de la Mayenne au Morbihan, et compte 1,3 million d’habitants. Nombreux sont donc les habitants concernĂ©s par ce nouveau schĂ©ma qui porte sur deux grandes règles :
L’interdiction des herbicides de maĂŻs sur les aires de captage sensibles prioritaires, et l’interdiction de toucher aux zones humides. La « CLE », commission locale de l’eau a travaillĂ© durant des mois, près de trois ans pour aboutir un ce compromis. Mais les opposants bloquent Ă prĂ©sent toute signature.
« Les pesticides c’est pas SAGE pour la Vilaine », ce slogan fait rĂ©fĂ©rence au SchĂ©ma d’AmĂ©nagement et de Gestion des Eaux au coeur d’un bras de fer entre agriculteurs bio et conventionnels.
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© S. Ruaux / France 3 Bretagne
Le vendredi 26 septembre 2025 dĂ©jĂ , Ă©lus, reprĂ©sentants de l’Etat, syndicats, associations Ă©taient rĂ©unis Ă Saint-Just, dans le pays de Redon, pour Ă©dicter ces nouvelles règles de prĂ©servation de l’eau du bassin-versant de la Vilaine. L’occasion de premières tensions :
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D’un cĂ´tĂ© la FNSEA et JA dĂ©noncent des règles « trop Ă©loignĂ©es de leur rĂ©alité ». De l’autre, la ConfĂ©dĂ©ration paysanne qui considère au contraire que le texte « ne va pas encore assez loin ». La tension est telle que le 11 dĂ©cembre dernier, le prĂ©fet a mĂŞme annulĂ© la rĂ©union de ce ComitĂ© local de l’eau.
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« Moins de 8% des masses d’eau sont en bon Ă©tat sur le bassin de la Vilaine donc il y a un vrai enjeu », renchĂ©rit Arnaud Clugery, le directeur et porte-parole de l’association Eau et Rivières de Bretagne.
Avec le rassemblement de ce samedi, les dĂ©fenseurs de l’environnement souhaitent mettre la pression sur les services de l’Etat, car le sujet, dĂ©passe largement selon eux, les seuls acteurs du monde agricole.
« La question de l’eau est intrinsèquement liĂ©e aux sujets de santĂ© et d’environnement » explique Michel Besnard, le prĂ©sident du collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest qui se bat sans relâche depuis des annĂ©es pour l’arrĂŞt de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture.
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Près de 3.000 personnes, militantes dans des associations environnementales mais aussi des citoyens ont manifestĂ© samedi 10 janvier 2026 Ă Rennes pour la qualitĂ© de l’eau, la santĂ©, l’environnement et la dĂ©mocratie.
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©S. Ruaux, K. Hannedouche, T. Descamps / France 3 Bretagne
« Avec la « CLE », il y a eu un vrai processus dĂ©mocratique durant trois ans. Il a rĂ©uni toutes les associations et organisations syndicales qui ont Ă©tabli un compromis, ce n’est qu’un pas mais c’est dĂ©jà ça… Et au dernier moment la FNSEA, la Coordination rurale, la Chambre d’Agriculture disent : « Non, ce n’est pas possible »… » poursuit-il. « Aujourd’hui, on est ici pour que le prĂ©fet respecte la dĂ©mocratie. Il y a eu dĂ©libĂ©ration, il y a eu vote des citoyens, il se doit de valider ce qui a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©. Il est lĂ pour le bien commun, tout ce qui a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© c’est du bon sens ! «Â
« On est lĂ pour soutenir l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral » revendique Claire-Marie qui est venue en famille, en tant que citoyenne : « Il y a des concertations, un compromis a Ă©tĂ© trouvĂ©, on ne comprend pas pourquoi la dĂ©mocratie n’est pas respectĂ©e ! Demain c’est la guerre de l’eau qui s’annonce, on ne veut pas ça pour nos enfants ! On veut juste vivre sainement… »
Un nouveau rendez-vous est fixĂ© le vendredi 16 janvier 2026 entre les diffĂ©rents acteurs autour de la gestion de l’eau. Les manifestants de ce samedi ont bon espoir de peser dans les dĂ©bats et sur la dĂ©cision du reprĂ©sentant de l’Etat.
