FRANCE 24 🔵 Emprisonné en Algérie, le journaliste Christophe Gleizes de nouveau devant la justice

Un tribunal de Tizi Ouzou, dans l’est de l’AlgĂ©rie, doit rendre mercredi 3 dĂ©cembre une dĂ©cision très attendue dans le procès en appel du journaliste sportif français Christophe Gleizes, dĂ©tenu depuis sa condamnation fin juin Ă sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».
L’audience d’appel dĂ©butera Ă 9 h heures locales (8 h GMT) et « le verdict sera rendu le jour-mĂŞme » après les dĂ©bats, a indiquĂ© Ă l’AFP son avocat algĂ©rien Amirouche Bakouri.
L’avocat français de Christophe Gleizes, Emmanuel Daoud, est arrivĂ© en AlgĂ©rie et « a pu s’entretenir avec le journaliste » avant l’audience, selon Me Bakouri.
InterrogĂ© sur la radio française France Inter lundi, Me Daoud a dit espĂ©rer « une issue favorable », Ă la faveur d’un « apaisement des relations entre la France et l’AlgĂ©rie ».
MĂŞme si « les deux affaires n’ont rien Ă voir », l’avocat a dit avoir interprĂ©tĂ© comme « un signal positif » la grâce et la libĂ©ration par Alger de l’Ă©crivain franco-algĂ©rien Boualem Sansal le 12 novembre.
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Christophe Gleizes « n’a rien Ă faire en prison, il n’est coupable que d’avoir exercĂ© son mĂ©tier de journaliste sportif et d’aimer le football algĂ©rien », a dĂ©clarĂ© fin octobre Thierry Bruttin, directeur gĂ©nĂ©ral de l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) qui le soutient depuis des mois.
Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes, 36 ans, s’Ă©tait rendu en AlgĂ©rie pour un article sur le club de football le plus titrĂ© du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basĂ© Ă Tizi Ouzou, Ă 100 kilomètres Ă l’est d’Alger.
« Pas un activiste »
Selon RSF, il avait Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© le 28 mai 2024 Ă Tizi Ouzou et placĂ© sous contrĂ´le judiciaire, pour « être entrĂ© dans le pays avec un visa touristique, pour apologie du terrorisme et possession de publications dans un but de propagande nuisant Ă l’intĂ©rĂŞt national ».
La justice lui reproche d’avoir Ă©tĂ© en contact avec un dirigeant de la JSK, qui Ă©tait Ă©galement l’un des responsables du Mouvement pour l’autodĂ©termination de la Kabylie (MAK), classĂ© terroriste par les autoritĂ©s algĂ©riennes en 2021.
Selon RSF, les premiers Ă©changes entre les deux hommes « ont eu lieu bien avant cette catĂ©gorisation par les autoritĂ©s algĂ©riennes » et « le seul Ă©change survenu en 2024 visait Ă la prĂ©paration de son reportage » sur la JSK, « ce dont Christophe Gleizes ne s’est jamais caché ».
Lors du procès en première instance en juin, « il y a eu une mĂ©connaissance totale du mĂ©tier de journaliste » donc « nous devons expliquer aux magistrats d’appel qu’un journaliste ne fait pas de politique », « n’est pas un idĂ©ologue », « pas un activiste », a soulignĂ© Me Daoud sur France Inter.
L’avocat a exprimĂ© son respect pour la justice algĂ©rienne « indĂ©pendante et souveraine » et a rĂ©cusĂ© des accusations circulant en France comme quoi le journaliste serait « un otage », soulignant que Christophe Gleizes a pu recevoir des visites, a eu accès Ă son dossier pĂ©nal et Ă ses avocats.
Avec AFP
