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FRANCE INFO 🔵 Guerre en Ukraine : des aumĂ´niers militaires au plus près du front “pour remotiver” les soldats et les civils

Alors que l’Ukraine prĂ©pare, en cette fin mai, une contre-offensive dans la rĂ©gion de Zaporijjia, des aumĂ´niers militaires se rendent sur place pour apporter un soutien matĂ©riel et spirituel, aux soldats comme aux civils.

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Radio France

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Temps de lecture : 2 min.

Des aumôniers militaires de Marioupol dans la région de Zaporijjia, fin mai 2023. (Laurent Macchietti / Radiofrance)

Le père Guennadiy Mokhnenko, grosse croix en mĂ©tal autour du cou et kalachnikov Ă  portĂ©e de main dans la voiture, supervise le chargement de l’aide humanitaire. Son Ă©quipe va la distribuer Ă  des civils et Ă  des soldats dans le secteur de Zaporijjia. “LĂ  oĂą on va, les civils ne peuvent pas y aller. Il faut des autorisations spĂ©ciales pour travailler si près du front”, explique-t-il. Des hommes d’Église vont ainsi chaque jour au plus près des combats en Ukraine pour soutenir les civils et soldats en première ligne. Le père Guennadiy Mokhnenko fait partie d’un bataillon d’aumĂ´niers militaires de Marioupol. 

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Guennadiy et ses aumĂ´niers militaires sont rĂ©gulièrement appelĂ©s dans cette zone de Zaporijjia par des officiers pour venir apporter aux soldats un soutien au moins autant spirituel que matĂ©riel. “Hier, j’Ă©tais avec une unitĂ© dont le commandant avait senti la peur chez ses soldats. Avec la prĂ©paration de la contre-offensive, ils craignent tous pour leur vie. Les officiers comprennent notre rĂ´le en tant qu’aumĂ´niers et ils nous invitent Ă  venir pour remotiver leurs hommes, ce qui est essentiel”, dĂ©crit-il. 

Ce bataillon fait une première Ă©tape dans la ville fantĂ´me d’Orikhiv. Au pied d’un des rares immeubles encore habitĂ©s, les aumĂ´niers dĂ©chargent l’aide alimentaire, immĂ©diatement stockĂ©e par Svetlana et ses voisines dans le sous-sol, oĂą elles passent leur vie depuis quinze mois. “On ne voit jamais personne ici, confie Svetlana. On est 21 voisins et c’est tout, donc on est vraiment heureux quand des gens viennent nous voir. Surtout les aumĂ´niers. Ils sont toujours si joyeux ! Ils nous remontent le moral. On est heureux de voir qu’on ne nous a pas complètement oubliĂ©s ici.” 

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Avant de se sĂ©parer, ils font une prière ensemble. Les aumĂ´niers partent ensuite rendre visite Ă  des soldats, en poste près d’un check-point oĂą ils ont creusĂ© leur campement Ă  mĂŞme la terre. Youri, la cinquantaine, sait l’importance de ces hommes de Dieu au cĹ“ur de la guerre. “J’ai dĂ©jĂ  eu affaire Ă  un aumĂ´nier plusieurs fois quand mon frère a Ă©tĂ© tuĂ© dans un village, près de Bakhmout, se souvient le soldat. Il m’a Ă©coutĂ©, il m’a conseillĂ© et ça m’a vraiment aidĂ©. Je sais qu’on ne peut pas effacer la mort d’un proche, mais c’est bien d’avoir quelqu’un Ă  qui parler.” 

Le père Guennadiy Mokhnenko fait partie du bataillon d'aumôniers militaires de Marioupol en déplacement dans la région de Zaporijjia, fin mai 2023. (Laurent Macchietti / Radiofrance)

Yuri explique qu’il n’aurait pas pu confier ses doutes, ses peurs Ă  un frère d’armes ou Ă  son officier comme il a pu le faire avec un homme d’Église. “Un bon aumĂ´nier vaudra toujours mieux que le meilleur des psychologues”, conclut le père Guennadiy Mokhnenko.

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