FOOT MERCATO 🔵 Batista Mendy : «ça aurait été bien que Lamine Yamal soit là , car je veux affronter les meilleurs »

Foot Mercato : on va commencer cet entretien par retracer ton parcours. Tu as passé six ans au FC Nantes (2015-2021). Comment es-tu entré dans ce club ?
Batista Mendy : j’étais dans mon club amateur, le SNAF (Saint-Nazaire Atlantique Fotball, ndlr), je faisais souvent les sélections ligue des départements. Je me suis fait remarquer par le FC Nantes. Je suis parti faire plusieurs entraînements les mercredis. Après, j’ai fait un stage et c’est à ce moment-là qu’ils m’ont recruté. C’est Stéphane Guédon (le recruteur du FCN pour l’école de football, ndlr) qui m’a fait venir. Je signe pro en 2018. C’est allé vite. Quand je suis arrivé au FC Nantes, c’était lors de la saison 2015-2016, j’avais signé trois ans comme aspirant. Durant ma première année à Nantes, je pris en équipe de France U16. Après, j’étais régulièrement appelé en U16, U17 et U19 et ensuite j’ai signé pro.
Foot Mercato : suis-tu encore un peu l’actualité du FCN ?
BM : de moins en moins. Je les suis, mais de moins en moins.
Foot Mercato : es-tu surpris de les voir Ă la peine ?
BM : le FC Nantes, c’est un club historique, mais ces dernières années, c’est plus compliqué. Ça a changé par rapport à avant…
Foot Mercato : on a souvent vanté les mérites de la formation nantaise, mais le peu de confiance accordé aux jeunes pendant des années n’est pas passé inaperçu. Quel est ton point de vue ?
BM : avant, c’était ça la philosophie du club, les jeunes. Quand j’étais là -bas, ce n’était pas trop ça la philosophie. Les jeunes ne jouaient pas beaucoup en pro. On était très, très, très peu. Là , je vois qu’ils font maintenant confiance aux jeunes, mais quand j’y étais, ils ne faisaient pas tellement confiance aux jeunes.
Foot Mercato : quel était le ressenti des jeunes à ton époque ?
BM : quand tu es jeune, tu es impatient. Quand tu vois tout ça, quand tu vois les autres joueurs de ta génération jouer en pro dans les autres clubs, tu te dis : « il faut que je sorte d’ici pour jouer en pro ». Dans ta tête, tu n’as pas forcément envie de rester et de jouer en réserve ou en U19. Tu veux passer un cap. On joue au foot pour jouer en professionnel. Dans ta tête, tu veux partir et jouer en pro. Dans ma génération, j’avais Aurélien Tchouameni, Amine Gouiri avec moi en sélection. En équipe de France, il y en a beaucoup qui commençaient déjà à jouer en pro.
Foot Mercato : tu as souvent été annoncé comme l’un des grands talents du centre de formation du FCN. Mais quels autres jeunes, qui jouaient avec toi, t’ont impressionné ?
BM : dans ma génération, il y en a surtout un avec lequel je jouais, Mathis Thévenin (25 ans aujourd’hui, milieu de terrain). Très fort. Je suis toujours en contact avec lui, mais il a arrêté là . Il a eu des blessures et il en a eu marre.
Foot Mercato : ensuite, tu te retrouves libre de tout contrat et tu files à Angers. Ç’a été dur de quitter Nantes ?
BM : Nantes voulait me prolonger, mais comme je ne jouais pas, même avec les pros, je me suis dit que je ne voulais pas prolonger. Pendant longtemps, je ne jouais pas. Même avec la réserve, je ne jouais pas, je faisais juste les entraînements. Le week-end, je ne jouais pas, mais c’est comme ça, Nantes reste malgré tout mon club formateur.
Foot Mercato : c’est dur de dire que tu as perdu trois années de carrière au sein de ton club formateur. Ils n’ont pas été réglos avec toi ?
BM : ce n’est pas ça, je m’entraînais juste. Le fait qu’ils ne me faisaient pas jouer, ça reste un choix de la direction. Mais j’ai pris un peu de retard. C’est pour ça que j’ai refusé de prolonger. J’ai préféré attendre, j’ai pris sur moi. J’ai attendu d’être libre pour réellement commencer ma carrière professionnelle.
Foot Mercato : on est en 2021 et tu te retrouves maintenant au SCO Angers.
BM : Angers, franchement super bien. J’ai vraiment bien aimé le club. Ils n’ont pas ce problème avec les jeunes. Si tu es bon, tu joues. Les deux années que j’ai passées là -bas c’étaient de super années. C’est Gérald Baticle qui m’a appelé pour me faire venir à Angers. Son discours m’a plu. Il me suivait déjà quand il était à Lyon. Quand il est devenu entraîneur principal, il m’a appelé et j’ai tout de suite senti qu’il comptait sur moi. Mon premier match, c’était contre Lyon, quand on gagne 3-0.
Mendy a préféré la Liga à la Ligue 1
Foot Mercato : après deux ans passés au SCO, tu files à Trabzonspor en 2023. Pourquoi le choix de l’étranger ?
BM : le transfert, c’était une étape de plus pour ma carrière, un tremplin. J’ai beaucoup discuté, analysé avant d’aller là -bas. Ça s’est plutôt bien passé. On a fait finale de coupe de Turquie, on a fini troisième du championnat, qualifiés en Ligue Europa.
Foot Mercato : avais-tu d’autres pistes que la Turquie ?
BM : j’allais signer au Celta, mais le dernier jour du mercato, ça ne s’est pas fait au tout dernier moment. J’étais au club, j’avais fait mes valises. Comme on était relégués en Ligue 2, je voulais un club de première division donc j’ai pris la décision d’aller à Trabzonspor.
Foot Mercato : Ă Trabzon, tu joues beaucoup durant tes deux ans (64 matches de championnat) et tu fais finale de Coupe de Turquie. Pourquoi avoir choisi de partir ?
BM : quand un club comme Séville vient… En plus, c’est la Liga. Après mes deux ans passés à Trabszonspor, je voulais revenir dans un des gros championnats européens. J’ai eu des sollicitations de clubs espagnols et italiens mais aussi français, dont Nice. Il y avait une opportunité avec l’Espanyol Barcelone, mais ça n’a finalement pas pu se faire. Après, j’ai eu le choix entre la Ligue 1 et la Liga et j’ai choisi le championnat espagnol. Je connaissais déjà la L1, je voulais découvrir autre chose. Mon agent et ma famille ont alors fait le nécessaire pour que ça puisse se faire. Et puis Séville me suivait depuis plus de deux ans, il y avait déjà eu des discussions avec mon entourage lorsque j’évoluais encore à Angers.
Foot Mercato : aujourd’hui, tu cartonnes avec Séville. Tu ne regrettes pas ton choix, j’imagine. Qu’est-ce que tu apprécies le plus en Liga ?
BM : en Espagne, ça joue au foot, ça joue pour attaquer, pour marquer. Ça attaque beaucoup. Ici, c’est vraiment le ballon. C’est ce qui me plait. La différence entre la Super Lig et la Ligue 1 c’est que c’est moins tactique en Turquie et vers les fins de match, ça part un peu dans tous les sens. C’est pour ça qu’il y a beaucoup de buts. Je voulais vraiment revenir dans le top 5 Europe, revenir dans un championnat où ça joue bien. Ç’a été compliqué de quitter Trabzonspor. Ça s’est fait le dernier jour du mercato. Je suis sorti vers 1h du matin, j’ai beaucoup discuté avec le président pour lui dire que je voulais y aller. À mon arrivée, on s’était mis d’accord pour me laisser partir au bout de deux ans, si un top club arrivait. Mon objectif c’était vraiment de revenir en Europe. J’ai bien aimé mon séjour à Trabzon, mais je voulais rentrer.
Foot Mercato : cette saison, tu as joué et gagné 4-1 face au Barça en octobre dernier. Ça fait quoi de mettre une telle gifle au champion en titre ?
BM : ce sont des matches qu’on rêve de jouer depuis petit, mais c’était vraiment sans pression. C’est un match pour nous. C’est le grand champion, mais ça reste des humains comme nous. On a abordé le match avec confiance et ça s’est vu, je pense. J’ai abordé le match comme je le fais pour les autres. Je n’ai pas changé mes habitudes parce que c’était le Barça.
Foot Mercato : soulagé de ne pas voir eu Lamine Yamal en face (l’Espagnol était blessé) ?
BM : on joue contre le Barça. Avec ou sans Yamal, le match va se passer. Mais c’est sûr que ça aurait été bien qu’il soit là , car moi ce que je veux c’est affronter les meilleurs, toujours.
«Si je suis parti en prêt à Séville, c’est pour rester»
Foot Mercato : en revanche, ça s’est moins bien passé face au Real Madrid (défaite 2-0). Ça fait quoi d’avoir Mbappé en face ?
BM : c’est la même chose qu’avec le Barça. Dans ma tête, je ne dois pas changer ma façon de faire. Je ne vais pas me mettre plus de pression parce que c’était le Real Madrid.
Foot Mercato : à Séville, tu côtoies Alexis Sanchez. Il vous donne un peu des conseils ?
BM : Alexis parle beaucoup avec tout le monde. Il nous transmet son expérience, il aide beaucoup les jeunes.
Foot Mercato : en revanche, il y a un autre Français pour qui ça se passe pas très bien, c’est Tanguy Nianzou. Tu parles un peu avec lui ? Comment va-t-il ?
BM : je suis beaucoup avec Tanguy au club. Il va bien, il revient. Normalement, il sera là pour les prochains matches. Physiquement, il est bien, il s’entraîne bien.
Foot Mercato : aujourd’hui, tu es prêté à Séville. Quels sont tes plans pour l’avenir ? Tu espères rester en Andalousie ?
BM : On n’a pas encore parlé avec Trabzonspor, mais tout le monde sait que si je suis parti en prêt à Séville, c’est pour rester. Je me plais bien en Espagne, j’aime le club, le championnat. On verra ce qu’il va se passer en fin de saison. C’est un prêt avec une option d’achat de 7 M€. Mon agent et ma famille ont déjà discuté avec Séville, on leur a dit que je voulais rester, écrire mon histoire ici. Je suis à Séville, je me concentre sur le terrain pour faire le maximum et être performant. Après, on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait. La sélection ? C’est quelque chose que j’ai dans un coin de la tête. Mais pour l’instant, je suis concentré ici, j’essaie de faire monter mon niveau de match en match. Pour augmenter ses chances d’être appelé, il faut être performant en Liga. Donc je travaille dur au quotidien pour être performant et être au top, car tout joueur rêve de la sélection nationale.
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