CAPITAL 🔵 Taux de chĂ´mage stable Ă  7,5% : pourquoi l’objectif du plein emploi est si difficile Ă  atteindre – Shango Media
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CAPITAL 🔵 Taux de chômage stable à 7,5% : pourquoi l’objectif du plein emploi est si difficile à atteindre

Le Graal du plein emploi n’est pas pour tout de suite. Le taux de chômage est resté stable au quatrième trimestre 2023, à 7,5%, selon les données publiées ce mardi 13 février par l’Insee, qui a également légèrement revu à la hausse le taux du trimestre précédent (+0,1). Le taux de chômage est ainsi supérieur de 0,4 point à son niveau de fin 2022, qui était le plus bas depuis 1982, souligne l’Institut national de la statistique. Il demeure nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (10,5%).

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a rĂ©itĂ©rĂ© mi-janvier l’objectif d’atteindre le plein emploi en 2027, soit un taux de chĂ´mage tournant autour de 5%. A son arrivĂ©e Ă  l’ElysĂ©e en 2017, le taux de chĂ´mage s’Ă©levait Ă  9,5%. Il a baissĂ© de façon quasi continue depuis 2015, mais la machine commence Ă  s’enrayer ces derniers mois. «Le chĂ´mage est certes Ă  un niveau bas par rapport Ă  son niveau de longue pĂ©riode, mais depuis un an – mĂŞme si, chaque trimestre, les variations ne sont pas fortes – on a une augmentation du taux de chĂ´mage, de 0,1 point en moyenne Ă  chaque trimestre», souligne Yves Jauneau, chef de la division synthèse et conjoncture du marchĂ© du travail de l’Insee.

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Un retournement Ă  la hausse du chĂ´mage

«Cela confirme donc le diagnostic d’un retournement à la hausse du taux de chômage», ajoute l’expert, interrogé par l’AFP. «Nous sommes dans une période de ralentissement du marché du travail», qui s’est vu aussi dans les récentes données sur l’emploi salarié privé (stables également au quatrième trimestre), après une période «très dynamique» à la suite de la crise du Covid-19, poursuit-il.

Pour la suite, Nathalie Chusseau, économiste à l’Université de Lille, rappelle que les prévisionnistes «anticipent pour l’année 2024 une augmentation conséquente» du taux de chômage. L’OFCE indiquait à la mi-octobre s’attendre à une remontée à 7,9% fin 2024. La Banque de France a aussi prédit, mi-septembre, que le taux de chômage remonterait progressivement jusqu’à 7,8% en 2025. Et en décembre, l’Insee a prévu que le chômage atteindrait 7,6% au premier trimestre 2024, avant de se stabiliser au deuxième trimestre.

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Les prévisions du gouvernement trop optimistes

Nathalie Chusseau pointe un «contexte difficile» : «Un ralentissement de l’activitĂ© Ă©conomique» et une croissance anticipĂ©e par le gouvernement pour 2024 «probablement trop optimiste» (1,4%), une inflation qui se rĂ©duit mais «pèse sur les carnets de commande», ou encore de «faibles gains de productivitĂ© qui perdurent». Dans ce contexte, «l’objectif du plein emploi de 5% en 2027 est difficile Ă  atteindre», dit-elle.

MĂŞme constat pour Mathieu Plane, Ă©conomiste Ă  l’OFCE (Observatoire français des conjonctures Ă©conomiques) : cet objectif «paraĂ®t extrĂŞmement difficile vu le contexte», estime-t-il. D’autant que la rĂ©forme des retraites, qui a relevĂ© l’âge de dĂ©part Ă  64 ans, «va mĂ©caniquement augmenter le nombre d’actifs sur le marchĂ© du travail». Avec en mĂŞme temps de nouvelles arrivĂ©es de jeunes, ce sont «environ 500 000 actifs en plus d’ici fin 2027 que les entreprises vont devoir absorber», ajoute l’économiste.

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Pour atteindre le plein emploi, le gouvernement mise notamment sur la transformation de Pôle emploi en France Travail, avec à la clé plus de coopération entre les différents organismes d’aide à la recherche d’emploi. A la demande du gouvernement, syndicats et patronat réfléchissent par ailleurs à des solutions pour augmenter le taux d’emploi des seniors, avec un objectif fixé à 65% «à l’horizon 2030» pour les 60-64 ans (contre 36,2% en 2022). Des travaux qui doivent déboucher sur un accord fin mars.

Le chef de l’Etat a aussi annoncé lors de sa conférence de presse du 16 janvier un «acte II de la réforme du marché du travail». Ses contours restent flous, mais le Premier ministre, Gabriel Attal, a annoncé un projet de loi pour la rentrée. Il a dit vouloir «aller plus loin dans la réforme de l’assurance chômage» et a prévenu que les règles d’indemnisation seraient renégociées en cas de dérive financière, suscitant des inquiétudes chez les syndicats.

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